‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 45 sur 128 · I 12 LES APOLOGISTES GR · texte numérisé non relu

I 12 LES APOLOGISTES GR

de cette phrase1, que Le Père engendre le Logos, en tant que personne, au moment qui précède immédiatement La création; on n'en peut rien conclure, je crois, Bur La \i«intérieure du Verbe avant ce moment, mais il va de soi que, comme je L'ai dit, l<- Père ne peut être imaginé sans ce Verbe immanenl .

Tout cela se concilie parfaitement avec La netteté de La distinction maintenue par Justin entre les deux personnes divines. Comme le mot « personne » n'appartient |>.i- à ~'>n vocabulaire, et que le problème n'est encore chez lui posé que dans ses grandes Lignes, il est presque obligé de dire qu'il y a deux Dieu \ : il ne le dit pas, bien entendu; il répète toujours qu'il n'y a qu'un seul Dieu; mais il ne peut éviter d'écrire — ce qui le choque moins. — « <j u il y a et qu'est mentionné dans l'Ecriture un autre Dieu (stsooç) au-dessous du créateur de l'Univers \ » (ionunent l'unité peut-elle être dès lors maintenue ? Justin se borne d'abord, dans le môme chapitre, à une réponse très générale : le Verbe est un autre Dieu quant an nombre, mais

i. La phrase est mal construite, et la place des deux xsi «levant les deux verbes semble d'abord inviter à construire npô rôv -v. r,;j.-i:t.>v xsl cruvùv v.-ï'. yevvoS(ievoç, en détachant ôtî et ce qui suit: mais cette proposition temporelle ne peut se rattacher à rien antre dans la phrase; elle doit donc dépendre de ce qui précède, et, quant an sens, elle dépend plus particulièrement de YBWwjievoç. Les deux participes présents ont la valeur (usuelle en grec, et dont il y a d'autres exemples chei Jnstû participes imparfaits. De quelque manière qu'on construise la ph il n'y a aucun doute que la naissance du Verbe y >'>it fixée au moment où Dieu fit ordonner toutes choses, Bre, etc. Si l'on détachait xal en le reliant seulement à itpo cûv -o:r;j.i:'.',. on dégagerait nettement ! sans L'expression du ■ .-. dî ÈvSidtôeTo;. M.ii< il esl peu probable qu'on puisse le faire. Malgré Vhystéro-protéron, ov% ae doivent -

doute pas être séparés. En effet, on a, dans le Dialogue, au chap. i une phrase, mieux construite, qui semble bien être l'équivalent de celleci, et qui en donne la clef, selon moi. La voici : 'Alla -./. TO'J ~iTpo; itpo(SXT)Oàv yîvw/j.a r.y> icdvtuv fnv iroir| (UtTtov t. phrase serl à commenter le pluriel : Faisons, dans le début <!e la Genèse.

•2. Dial. LVI. lustin reprend l'expression employée par Tryphon au

chap. lv, en la modifiant ; le second Dieu dont parle Tr\ phoo

rcospà Tov ico(T)T>)v; .lustin dit Sud au lieu de -ïsi.

non quant à la pensée1 (erepoç àp'.Qixûi àXVoù yvwar,); il y a deux Dieux, et entre eux règne un accord parfait (par opposition . sous-entendue , aux divinités du paganisme). Mais cet accord absolu suppose évidemment une certaine unité plus intime qui aurait besoin d'être plus particulièrement définie. Justin s'y est essayé vers la fin de son traité2. Il réfute l'opinion de ceux qui tiennent que le Père produit, par une sorte d'émanation, et fait rentrer ensuite en lui-même, par un mouvement inverse, la puissance qui le met en relation avec les hommes et qui reçoit dans l'Ecriture les noms d'Ange, de gloire, ou d'homme3. En son nom personnel, il reprend et développe une comparaison qu'il a indiquée déjà au chapitre LXI, 3 : celle d'un feu allumé à un autre feu. Cette comparaison prouve, contre d'autres adversaires possibles , que la génération du Verbe ne se fait pas par amputation, koct' à-o-roa-yjv, « comme si la substance du Père était partagée » ; en même temps elle réfute ceux qui ne verraient en lui qu'une émanation transitoire de cette substance. Un feu s'allume, à un autre feu, sans aucune déperdition de celui-ci. Pareillement encore. (/6., LXI, 2), quand nous parlons4, notre parole, traduction matérielle de notre langage intérieur, de notre pensée, ne diminue et n'altère en rien le foyer de notre intelligence. Il est inutile d'insister et de montrer combien ces assimilations sont précaires. Le mérite de

1. Ou la volonté; car yvwiir, a un sens complexe, que pensée ne rend pas exactement.

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