Par exemple, les sacrifices humains
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l'eu leur iraportail d'avoir j > 1 1 1 - on moine exactement analysé telle théorie Bubtile d'nne école philosophique, si. par une masse compacte d'observations concordantes ils ;i\;iicni solidement fondé leur thèse qu'après fan! de siècles de discussions ei de recherches aucun accord n'avait pu se faire entre les esprits les plus éminents sur les points essentiels de la métaphysique ei de la morale. Peu leur importait d'avoir mal interprété une légende ou on rite, s'il demeurail incontestable que l'exemple des divinités gréco-romaines tendail beaucoup plutôl à accréditer le vice qu'à palroner la vertu, ei que Légitimer rationnellement la plupart des pratiques païennes étail l<>ul au moins for! malaise. Mais, dira-t-on. tous les hommes un peu éclairés l'accordaient alors ; ils n'acceptaient ni Les croyances m Les pratiques absurdes, ou, s'ils les acceptaient c'esl qu'ils en donnaient des explications symboliques. Suit: qu'on so cependant que les Apologistes ne pensaient pas seulement à l'élite; même ils pensaient surtout à la foule. De plu-. au iic siècle encore, la vieille religion hellénique « l L vieille religion romaine subsistaient avec leur- formes traditionnelles; le syncrétisme et L'influence orientale n'ont pas produit leurs pleins effets avant Le m siècle. V.près l'époque des Sévères, après L'avènement du néo-platonisme, les polémistes chrétiens ont très bien senti le changement profond qui s'était opéré, ei ils on1 modifié leur tactique en conséquence. Il est vrai que. à m>- yeux, Aristide, Justin, Ta tien, Lthénagore, quand ils sonl aux pris* le poly-
théisme, ont trop facilement rai-un. et que leur argumentation contre La philosophie nous paraît bien superficielle. De là vient qu'ils nous fatiguent; mais nous en conclu
peut-être lr<.p \ i le que tout ee qui QOU8 -fin Me -an- portée
l' étail aussi pour les contemporains. Il reste que leur part
personnelle, dans tout cela, est à peu près nulle, et qu ils
dépendent presque exclusivement de certains modèles. Montrer leurs emprunts en détail n'est pas sans intérêt, mais c'est affaire à qui les édite ei les commente. L'historien n'a pas besoin de poursuivre cette enquête, fastidieuse
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à la longue, au delà de ce qui est nécessaire pour établir sûrement en principe la réalité et l'étendue de ces emprunts. Or. la démonstration sur ce point est aujourd'hui aussi solide qu'on le peut souhaiter. Là même où nous ne pouvons pas saisir les intermédiaires, nous avons souvent le droit d'affirmer que les Apologistes puisent au fonds commun de la littérature classique, ou. sans reproduire une source écrite, se contentent de répéter ce que tout le monde disait autour d'eux. Beaucoup de passages qui. dans leurs œuvres, demeurent obscurs, ne le sont probablement que parce que nous avons perdu le texte dont ils dépendent, et que l'emprunteur a maladroitement résumé ou mal compris l.
Si tous ou presque tous les éléments dont se compose la polémique des Apologistes sont empruntés, l'esprit de cette polémique ne peut-il être original? Il pouvait l'être, il devait même l'être jusqu'à un certain point, puisque la question ne se posait pas entre eux et leurs adversaires dans les termes où elle s'était posée pour ceux qui leur fournissent des matériaux. Le conflit n'était plus entre la fable et la philosophie, ni entre les sectes philosophiques elles-mêmes. Il était entre le polythéisme et le monothéisme, entre la philosophie et la révélation; on pouvait employer les mêmes armes; mais une autre tactique était nécessaire. Parmi ces armes, il y en avait de dangereuses; les Apologistes n'y ont pas toujours assez pris garde ; il leur arrive de ne pas s'apercevoir que leur dialectique pourrait se retourner contre eux; ils n'ont pas compris, ou, dans l'emportement de la lutte, ils ont oublié que les Sceptiques, les Epicuriens ou les Cyniques dont ils s'inspiraient étaient beaucoup plus radicaux qu euxmêmes. Ces imprudences presque inévitables ne doivent d'ailleurs pas être exagérées. Trop fréquemment, il est indéniable que les Apologistes n'ont pas pris la peine de vérifier sérieusement, de retoucher, et de polir les maté-
i. Souvent il l'a sans doute lu trop vile, ou bien il s'est embrouillé dans ses notes.
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lin u x qu'ils s'appropriaient. Cependant ils les onl autrement disposés : tant bien que mal, ils Les ont fait servira un autre visage, et ils avaient parfaitement conscience qu ils en changeaient La destination. En cela même toutefois, il s'en faut que Leur oeuvre ait été partout originale. Ilavaient «u d'autres devanciers. L'Apologétique chrétienne a été préparée par une apologétique juive, qui s'était développée pendant L'époque hellénistique1, particulièrement à Alexandrie, quand les Juifs de La Dispersion, dans les empires créés par Les successeurs d'Alexandre, s'étaient trouvés en conlael avec l'hellénisme. Ces groupements disséminés un peu partout ont été animés <l un assez vif esprit de propagande, el on£ cherché à recruter des prosélytes dans Le monde païen ; d'autre part, Leur exclusivisme, la singularité de leurs mœurs et de Leurs usages, l'intransigeance de leur religion nationale, avaient donné naissance bien vite, partout où ils étaient en grand nombre, à un antisémitisme <jui n'a pas été moins passionné que L'antisémitisme moderne; qui s'explique en partie par Les mêmes causes, et qui s'est servi des mêmes arme-. Il faut avouer que, si Josèphe et Philon nous sonl bien connus, la production littéraire des Juifs hellénisants qui les < • r 1 1 précédés l'est beaucoup moins. Il nous esl resté seulement ces fragments détachés de Démétrius. d'Eupolème, d \rtapàn, etc., qui nous sont parvenus grâce à Uexandre Polyhistor, el donl L'authenticité comme la date est matière à controverse. L'authenticité ne parait cependant pas niable, el il sérail fallacieux, à mon -en-, de rabaisser trop la date ,.ù ces écrits ont pu être composés. L'esprit
qui les inspire est beaucoup plus intelligible si on les place à L'époque hellénistique que -i on Les lait descendre jusqu'à l'époque romaine. Le syncrétisme extravagant d'un irtapan est plus difficile à expliquer, à mesure qu'on le rapproche davantage de l'ère chrétienne. Il u'esl pas dans
i. Voir principalement Schûrer, Geschichte des jâdischen )'o!l;t>s im Zeitalter Jesu-Christi, III\ — Ci', aussi : P. Kroger, Philo undJosephus als Apologeten des Christentums, Leipzig, 1966.
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mon intention de discuter ici ces questions en détail. Il su Hit, — et cela est sûr, — que Josèphe et Philon aient eu des prédécesseurs ; ce simple fait nous incline à penser que les Apologistes, qui ont pris de toutes mains dans la littérature classique ce qui pouvait leur être utile, n'ont pas été plus discrets à l'égard des Juifs. Ces derniers leur ont enseigné à prouver la supériorité du monothéisme, et ainsi recevait un complément positif la polémique toute négative de la philosophie contre la fable; ils leur ont enseigné à fonder ce monothéisme non seulement sur la raison, mais sur la révélation, et ainsi la vérité, à laquelle les philosophes ne pouvaient conduire que par la voie lente et incertaine de la dialectique, pouvait être présentée, à des esprits peu exigeants en matière de certitude historique, comme si elle possédait la même évidence irrésistible que ce qui provient du témoignage des sens; ils leur ont enseigné à opposer au tableau un peu chargé, cependant exact au fond, de la licence des mœurs antiques, la peinture idéalisée parfois, mais véridique aussi pour l'essentiel, de cette pureté, de cette innocence qui prouvent, par l'effet, la vérité d'une doctrine, comme l'arbre prouve sa qualité par son fruit; ils leur ont enseigné à ne pas s'incliner sans discussion devant l'orgueil hellénique et romain, devant la civilisation, et à revendiquer au contraire pour les Barbares le mérite de toutes les inventions exploitées par les Grecs. Comme les Grecs eux-mêmes. — un peu en tout temps, mais principalement à l'époque hellénistique. — ont pris plaisir à accepter celte légende, comme il s'était développé chez eux toute une littérature spéciale d'Inventions (Eup^fxaTa)1, c'est souvent aux Grecs encore que les Juifs hellénistes avaient emprunté les éléments de leur démonstration; c'est d'eux que les chrétiens ont appris à puiser aux mêmes sources. L'élaboration d'un autre argument, connexe à celui-là, a été un peu plus complexe et plus originale : je veux parler de ce qu'on peut appeler l'argument
i. Cf. Kremmer, De catalogis heuremaiuin. Leipzig, 1890.