Psaume XIV, 5. Cf. D - I.V. i . I.W1I
organisé les fausses religions, avec leurs fables et leurs cérémonies; ils ont inspiré toute la civilisation dont ces religions sont l'expression la plus significative, puisqu'ils ont aussi donné à l'humanité païenne ses lois, qui sont aussi mauvaises qu'eux-mêmes1.
Ils ont pressenti la venue du Christ ; grâce à leur intelligence, supérieure à celle des hommes, ils ont démêlé un peu mieux qu'eux le sens redoutable des prédictions que les prophètes juifs avaient reçu de l'Esprit mission de publier; ils n'ont pas su les comprendre entièrement, mais, devant cette menace obscure, leur instinct pervers s'est ému. Ils ont cherché à discréditer par avance l'incarnation du Verbe; de là vient que, dans cette mythologie, dont ils ont imaginé et propagé tous les mensonges, on peut remarquer toute une catégorie particulière de fables, relatives à des fils de Dieu, Dionysos, Persée, Héraclès, Hermès, Asclépios, et que ces légendes sont tout autant de contrefaçons maladroites de l'histoire du Verbe. Un seul événement de cette histoire n'a pas été imité par eux; c'est le plus essentiel : la mort de Jésus crucifié; « car elle n'avait pas été devinée par eux, parce que tout ce qui la concerne avait été exprimé symboliquement2 ».
i. Cf. surtout Deuxième Apologie, V, où la démouologie exposée dans la Grande Apologie (également au chap. v) est reprise plus en détail et devient plus claire. Ce qui est dit dans la Grande Apologie est un simple abrégé, incomplet par conséquent, mais qui n"est nullement en contradiction avec le texte postérieur, quoique n'en laissant pas pressentir tout le contenu. Une comparaison entre les deux chapitres est intéressante, et donne un enseignement pour l'interprétation de quelques autres textes parallèles de Justin.
i. Première Apologie, XXI, 6; XXIII, 3; LIV, i ; LV, 4- Dialogue LXIX, où cette contrefaçon est spécialement attribuée au chef des démons, au Diable. De là le mot attribué par Tatien à Justin, que les démons sont des brigands, des voleurs. — C'est par un effet de la même clairvoyance perfide qu'ils ont su reconnaître, dans Heraclite et Socrate, comme Justin le fera lui-même plus tard, des prédécesseurs imparfaits du Christ, des annonciateurs incomplets du Verbe, et ils n'ont pas eu de cesse qu'ils ne leur aient fermé la bouche, en excitant contre eux l'aveuglement de la foule et en les faisant condamner à mort; par contre, ils