LES APOLOGISTES GRECS. I O
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autre: même le platonisme ou le stoïcisme n onl pas atteint le plus haut idéal; les chapitres de I Apologie où les préceptes du Ghrisl sdni résumés respirent l'esprit du Sermon sur la Montagne, c'est-à-dire un* espril nouveau, et le | >l u conscient <pii puisse être de sa nouveauté. Unsi la force du christianisme est qu'il continue une tradition, mais il ne la justifie pas seulement : il l'enrichit.
Le Christ est surtoul pour Justin le Verbe, c'est-à-dire la vérité totale qui se communique aux hommes. Ce Verbe apparaît donc surtout, |)rii<l;iiii son passage sur cette terre, comme le Maître qui prêche et <|in enseigne. Mais il est aussi le Sauveur, c'est-à-dire s'il faut préciser, celui qui arrache l'homme au péché, en ruinant la puissance du démon, premier auteur du péché. e1 lui assure la \ ie immortelle, en ruinant la puissance dr la mort, conséquence du péché. Si l'on ajoute que Justin s'est tellement attaché à la croyance en la résurrection du corps, et qu'il estde\emi si hostile î\ la conception platonicienne de l'âme naturellement immortelle, qu'il a accepté le millénarisme, on s'étonnera qu'on ail pu parfois tendre à considérer son christianisme comme un christianisme de surface, comme une philosophie à étiquette chrétienne. Ce qui est exact, c'est que ce christianisme porte peu l'empreinte du paulinisme : il est issu des Evangiles. Justin ne conteste pas la signification <pi il convient il attribuer à la mort de Jésus; mais il considère principalement sa vie, ^.i résurrection, son prochain retour; il le voit appelant le> hommes à la pénitence, leur révélanl la vérité, leur prouvant son <>rigine et son pouvoir par ses cures miraculeuses et - a exorcismes; il I attend comme I instaurateur de ce royaume de Dieu terrestre, qui précédera, pendant mille ans, la vie éternelle. Tout cela provient directement des Evangiles', l'état d'esprit el dame de Justin prouve seulement que le paulinisme n'est pas tout le christianisme.
La doctrine de Justin, prise en son ensemble, n'est donc p.is nécessairement le produit de son éducation philosophique. Mais, par certains de ses éléments, elle offrait,
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plus que d'autres conceptions du christianisme, la possibilité d'un accord avec la philosophie. Cet accord a été souhaité par Justin, non seulement parce qu'il pouvait faciliter la propagande, mais parce qu'il répondait à des exigences profondes de son cœur et de son esprit. Justin était trop probe et trop sincère. — peu d'hommes l'ont été sans doute autant que lui, — • pour ne pas sentir tout le prix de l'intention droite, et ne pas reconnaître la vérité partout où elle lui apparaissait. 11 ne se résignait pas à croire que l'humanité presque entière eût été, jusqu'en un jour très récent, abandonnée par Dieu, sans recours, à l'ignorance et au vice; il ne consentait pas à fermer les yeux sur tout ce que le platonisme et le stoïcisme avaient produit d'idées nobles ou d'actes généreux; il avait en horreur l'esprit exclusif du judaïsme. Cette sympathie et cette tendresse dont son cœur est pénétré, ce fraternel amour de l'humanité et cet instinct profond de la justice ont élevé au-dessus de lui-même un homme d'un talent médiocre et d'une science peu sûre; en ont fait une des figures les plus originales et les plus attirantes de l'ancien christianisme, et lui méritent de garder dans son histoire une place d'honneur; il fut le précurseur, encore inhabile, mais courageux et loyal, des docteurs d'Alexandrie et des Pères du ivc siècle, de tous ceux qui ont voulu mettre la foi en harmonie avec la raison, et sa doctrine, un peu incohérente, fut souvent plus large même que celle de ses successeurs.
GIIAIMTHE V