LES APOLOGISTES GR1 I
affectenl L'austérité, et vivenl comme tout le monde; il- se contredisent les uns Les autres, et ce perpétuel conflit, mien parallèle avec L'unité et la simplicité de la doctrine chrétienne, ruine à lui seul tous les systèmes.
Cette condamnation préalable, ce dédain a priori qui supprime, comme inutile, tout examen détaillé, expliquent assez que Tatien n'ait jamais partagé Le sentiment éprouvé par Justin avec une vivacité si touchante, quand il constatait certaines affinités entre L'Académie ou Le Portique et l'Eglise. Il n'a pu fermer Les yeux sur ces affinités évidentes; mais, puisqu'il ne les a pas senties comme Justin, il les oublie aisément, et se dispense île les mentionner une à une. Il les signale seulement en gros, pour les attribuer aux emprunts que les Grecs ont faits à Moïse. Encore insiste-t-il sur ce fait, reconnu à l'occasion par Justin, mais auquel il donne lui-même une extension beaucoup plugrande. « qu'ils ont puisé à cette source des croyances qu'ils n'ont pas bien comprises. Leurs sophistes, avec beaucoup d'activité inutile, se sont appliqués à démarquer tout ce qu'ils avaient pris de Moïse et îles disciples de sa philosophie, d'abord pour paraître dire quelque chose de personnel, en second lieu pour que, voilant de je ne sais quelle fausse rhétorique ce qu'ils n'avaient pas entendu, ils lissent de la vérité un tissu de fables1 ». Ainsi poète- et philosophes, en allant dérober la vérité à L'Écriture, ne I ont pas recherchée pour elle-même, et n'ont eu en vue «pie leur propre gloire; ils n'ont rien compris à ce dont ils
s emparaient, et par conséquent ils Tout gâté. Tatien ni
donc aucun besoin du l erbe séminal', il n'en parle nulle part. et. la conscience bien tranquille, il jette par-dessus bord Sociale. Platon et toute leur séquelle.
La théorie (\rs emprunts est, nous l'axons \u. bien antérieure à lui: il ne fait donc que L'accepter, et ne la d( loppe même pas: car il n'essaie jamais de la justifier pai des exemples précis. Il prend les choses de plus liant, et