‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 73 sur 128 · L'homme · texte numérisé non relu

L'homme

•i. Tatien «lit littéralement : l'esprit plus puissant, c'est-à-dire le plaa puissant des deux esprits qu'il distingue, comme nous le verrons; celui qui faisait de l'homme l'image de Dieu, et lui communiquait l'immortaj Iitë H', infi

:; Cf. Recherches, p. 63. — Le trail le plus particulier esl celui qui concerne l'origine de l'idolâtrie, et fait penseï a ce que 'lit ta Cohorlatin, chap. wi.

spécialement à l'image du principe actif (igné et spirituel) des stoïciens \ Cette distinction est reprise au chapitre xn, et appliquée particulièrement à la nature humaine. Il y a, dans l'homme, une '^uy/î, une âme, queTatien se représente comme une matière ténue, ainsi que le Ttvs'jjjia qui pénètre le monde 2 ; cette âme est en elle-même mortelle 3 ; mais il y avait aussi, chez le premier couple, un esprit d'un autre ordre, « supérieur à l'àme, image et ressemblance de Dieu » ; principe de sainteté et d'incorruptibilité, qui s'est retiré de nos premiers parents quand ils ont péché, en sorte que, en devenant coupables, ils sont devenus mortels. Dieu peut rendre à l'âme l'incorruptibilité qu'elle a perdue. Le salut s'opérera pour celle qui rentrera en possession de l'esprit supérieur, et formera avec lui le couple ou l'attelage (auÇuyiav) selon la volonté de Dieu. L'âme n'est que « le lien de la chair », et livré à lui-même, l'homme n'a d'autre supériorité sur les animaux que la parole articulée4. Il est attiré vers ce bas monde, et la matière l'appesantit. S'il obéit à la tendance qui l'entraîne en haut5, s'il accomplit l'œuvre de purification nécessaire, et si tout notre être, c'est-à-dire notre corps avec l'âme qui en relie les parties, est devenu pareil à un temple. Dieu revient y résider en se faisant représenter par son légat, l'Esprit6. L'homme est ainsi de nouveau Y image et la ressemblance de Dieu. Il est

i. Le mot Bwjxeiv, dans l'expression tt/e-jux xb Se à r?,ç uXyjç Siijxov., dénonce clairement le rapport avec le stoïcisme.

2. La phrase du chapitre iv qui annonçait déjà cette affinité est corrompue; mais le sens se laisse apercevoir, et devient évident quand on lit le chap. xn.

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