‹ Les apologistes grecs du IIe siècle de notre èreChapitre 78 sur 128 · QpeaBeta; mot à mot, discours d'ambassade, Legatio · texte numérisé non relu

QpeaBeta; mot à mot, discours d'ambassade, Legatio

ATHENAGORE

régime organisé parles Antonins lui parait. — persécutions mises à part, — sage et humain : que la culture de Marc- Aurèle et sa noblesse d'âme lui sont sympathiques. Obligé par les convenances de traiter Commode comme il traite son père, il ne cesse pas de louer la curiosité toujours en éveil des deux souverains, leur amour de la vérité : « Autant vous l'emportez par l'intelligence et la force sur tous les autres, autant vous vous distinguez par la précision de votre savoir en toutes choses ; vous êtes maîtres en chaque partie de la science, comme ne le sont même pas les spécialistes '. » Aussi ne sont-ils pas, — selon toute vraisemblance, — sans avoir entendu parler de Moïse, d'Isaïe, de Jérémie 2. Chacun reconnaîtleur douceur, leur humanité, leur esprit conciliant en toutes choses; c'est pourquoi les individus sont traités selon l'égalité; les villes honorées chacune selon son mérite3. La justice qu'Athénagore rend ainsi à l'administration romaine n'est pas bornée d'ailleurs au règne actuel, et s'explique par des raisons plus profondes que les qualités personnelles d'un homme supérieur. Quand il parle, par exemple, des lois que « vous et vos ancêtres avez établies en les conformant à la parfaite justice 4 », cet éloge dépasse Marc-Aurèle et Commode ; il s'étend au moins à toute la série des empereurs Antonins, sans doute même aux Flaviens et aux Jules. Jamais le scandale d'un conflit entre l'autorité, supposée sage et juste par définition, et le christianisme, supposé aussi par définition la doctrine même du loyalisme envers l'autorité ainsi définie et de la vertu civile bien comprise, n'a pu être senti aussi vivement qu'en un temps où l'autorité était aux mains des souverains les meilleurs qu'aucun empire ait connus, et où, réellement aussi, l'esprit sectaire et révolutionnaire des premières générations chrétiennes s'éteignait de jour en jour. Il est donc tout naturel qu'à côté de furieux vengeurs

Page 1