lb., II
4- Dans sa polémique contre l'idolâtrie, Paul, comme la plupart des Apologistes, considère tour à tour les Dieux du paganisme comme de faux Dieux, qui sont des êtres réels, c'est-à-dire des démons, ou comme de vains simulacres, sans aucune réalité en dehors de leurs statues, c'est-à-dire des idoles. Cf. Wendland, l. c, p. i.\i.
22 LES AJ'OLOOISï T.S GRJ I -
repose sur celle assurance qu'entre la raison humaine et la raison divine il \ a une convenance, nue harmonie naturelle, qui se manifestent par une disposition innée an monothéisme H une reconnaissance universelle de la Loi morale. Toutes les philosophies dn temps, ;'< pari L'épicorisme et le scepticisme s'accordaient alors sur ces ideV que le stoïcisme surtout avait contribué à faire accepter par presque tous le- esprits cultivés1. Entre le- deux
Epîtres, il n \ a en réalité aucune contradiction; C8J
que Paul accorde en principe dan- I Epître aux Romains, il le retire aussitôt en l'ail. Le principe, c'est que la raison humaine est capable de connaître Dieu et la loi morale; le l'ait, c'est que les païens ignorenl Dien et ne pratiquent crue l'immoralité. Le souci de I apôtre, c'est d'écarter >\>- Dieu tout soupçon d'injustice8, et s'il n'a pas mieux réussi à construire un système parfaitement Logique, d où puisse se déduire avec clarté la relation entre la révélation et la raison, entre les Gentils et le peuple juif, et qui -Mit capable d'expliquer toute l'histoire antérieure de L'humanité, c'est que ce n'était point son objet véritable. D'autres problèmes, plus instants. L'accaparaient. Qes1 remarquable cependant qu'il ail déjà senti si vivement La gravité de celui-ci: ce sentiment lui a inspire' les accents passionnés, les termes colorés el énergiques grâce auxquels il a donnéune forme si personnelle à des idées, en son temps, assex communes.
Sur le mode de propagande que Paul croyait Le plus propre à réussir auprès «le-- Gentils, ses Epîtres ne r donnent pas d'indication; elles -ont adressées à des communautés déjà constituées, pour les affermir on les perfectionner dans la foi et dan- la discipline : elles n'ont pour objel de convertir des infidèles I si dan- L< - 1
i. Il n'csi donc pas nécessaire de •apposer que t'.iul eût une < onnaissance un peu précise 'lu stoïcisme < f. Bonhoffer, Bpiktet und das Neue Testament. |>. iSi . dont U - - cependant ront t r« • j > loin.
i. C'est-1 dire d'établir ; bilité des pa i
dans la Sagesse de Salomon • ta et i3 .
seulement que nous pouvons voir l'Apôtre à l'œuvre auprès de ceux-ci. et il est très difficile de dire dans quelle mesure les discours qui lui sont prêtés par le rédacteur ont droit à être regardés comme authentiques. Je suis disposé pour ma part à accepter sur les délicates questions de chronologie et d'origine que soulève le livre des Actes des solutions assez conservatrices I. Mais admettons qu'il soit établi que Luc le médecin en est bien Fauteur, ainsi que du troisième Evangile; qu'il est 1 auteur de l'ouvrage tout entier, aussi bien de la plus grande partie, où le récit reste impersonnel, que des quelques chapitres où se révèle un témoin direct, un compagnon de saint Paul 2 ; admettons encore que cet ouvrage a été composé à une date plus ancienne que ne l'estime généralement la critique. Il reste que Luc est le plus habile des écrivains du Nouveau-Testament; le seul qui soit, à sa façon, un artiste, un artiste très ingénieux et très subtil. On doit donc penser que les discours qu'il met dans la bouche de ses héros ont chance d'avoir été composés à peu près aussi librement que ceux des historiens profanes. En fait, les deux allocutions que prononcent Paul et Barnabe à Lystres. en Lycaonie (XIV, 15-i8), et Paul à l'Aréopage (XVII), 22-32), ne diffèrent en rien, par le ton et l'expression, du récit qui les encadre; par la forme, elles appartiennent évidemment à Luc.
Il ne s'ensuit pas nécessairement qu'elles ne puissent pas être d'accord, quant au fond, avec la méthode habituelle de saint Paul. On a pu noter, plus ou moins justement, certains contrastes entre les théories qu'elles développent et celles de YEpitre aux Romains3. Mais celle-ci n'est pas un discours de missionnaire, et nous savons par le témoignage de Paul lui-même qu'il savait « se faire tout à tous ». Il est
i. J'estime qu'il faut tenir le plus grand compte des récents travaux de A. Harnack sur ce sujet.
2. Pour ma part, je n'ai guère de doute au moins sur ce point, que l'ouvrage entier est de la main du même auteur, et que cet auteur u'y a pas inséré, sans nous prévenir, un document étranger.