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Platon sa doctrine ? de quoi servirent leurs systèmes .'iu\ autres philosophes? Car il est inutile que je les énumère lous. t;ml ils sont nombreux. .1 en ai assez ilii pour montrer leur vanité et leur athéisme. »
Ce jugement paraîtra encore plus injuste, si l'on Be rappelle commenl Théophile explique I aveuglement «!<■>• (icnlils. Dès le débul de son ouvrage, il donne son sentiment avec sa netteté coutumière. Il vient de nous dire comment Aulolvcos lui a reproehé d'être devenu chrétien, et l'a mis au défi de lui montrer quel est son Dieu. Il lui réplique <lu tac au tac : « Montre-moi quel homme tu et je te montrerai quel est mon Dieu. Montre-moi si les yeux de Ion âme voient clair, et si les oreilles de ton cœur savent entendre. En effet, comme ceux qui voienl avec les veux du corps connaissent les choses de ce monde, les fait> de la vie journalière, et savent distinguer la lumière des ténèbres, le blanc du noir, la laideur de la beauté, la régularité et l'ordre de l'irrégularité el du désordre, ce qui dépasse la mesure de ce qui est incomplet : et comme il en est de même de ce qui tombe sous le sens de l'ouïe, de l;i distinction entre les sons graves ou aigus, agréables ou désagréables, ainsi se comportent les oreille- el les yeux de l'âme, en ce qui concerne la connaissance de Dieu. Dieu est aperçu par ceux qui sont capables de le \<>ir. quand ils ont les yeux de l'âme ouverts. Tous les hommes, en effet, ont des yeux, mais il en esl qui les onl troubles e1 aveugles, insensibles à la lumière du soleil: mais, parce qu il y a des aveugles, il n'en résulte pas que la lumière du soleil ne brille bas. Que les aveugles n'accusent qu'eux-mêmes, et qu'ils ouvrenl les yeux. Pareillement, ô homme, lu as les yeux de l'âme troublés par tes fautes et les actions mauvaises. Il faut avoir l'âme pure comme
un miroir bien poli. S'il \ a de la rouille sur le miroir.
il ne reproduit p;is I image de I homme; de même, quand le péché esl dans l'homme, le pécheur n'est pas capable de voir Dieu. » \ i nsi . immoralité el ignorance vont de pair. Pour général qu'il soit, lutolycos a bien été forcé
THEOPHILE D AXTIOCHE 2 I y
de prendre sa part du sermon, et l'on comprend qu'il ne l'ait pas écouté sans impatience; Théophile s'en plaint au début du livre suivant.
On ne peut s'attendre à ce qu'un tel homme fasse à la raison sa part, et cherche à concilier la foi avec elle. C'est à la foi qu'il fait appel, et nul parmi les Apologistes n'a exprimé aussi énergiquement la nécessité de croire : « Tu ne crois pas que les morts doivent ressusciter? Quand la chose se réalisera, tu seras bien forcé de la croire, de bon ou de mauvais gré. Alors ta foi te sera comptée comme incrédulité, si tu ne crois pas dès maintenant. Mais pourquoi restes-tu incrédule? Ne sais-tu pas que la foi est le principe de toutes choses? Un laboureur peut-il moissonner, s'il n'a pas commencé par confier la semence à la terre? Peut-on traverser la mer. sans se confier d'abord au navire et au pilote? Si l'on devient malade, peut-on guérir sans se confier d'abord au médecin? Quel art. quelle science peut-on apprendre si l'on ne s'en remet et si l'on ne se confie à un maître? Toi cependant, tu refuses de te fier à Dieu, qui t'a donné tant de gages! D'abord, il t'a créé, en te faisant passer du néant à l'être, (car si ton père et ta mère n'étaient pas nés, tu n'aurais jamais existé); il ta formé d'une goutte minime de semence liquide, qui ellemême n'était pas auparavant; il t'a ainsi mis au inonde. Après cela, tu crois que les statues faites par la main des hommes sont des Dieux qui opèrent des miracles, et tu ne veux pas croire que Dieu qui t'a créé pourra te faire revivre1? » Cela est dit à propos de la résurrection, mais exprime le fond môme de la pensée de Théophile; et si l'on rencontre des développements tout à fait analogues chez des chrétiens d'esprit aussi philosophique que Clément ou Origène. ces développements ont chez eux une contrepartie qui fait absolument défaut chez lui.
Chose assez curieuse! Théophile, qui est encore moins disposé que Tatien à accorder aux païens le bénéfice
i. Livre I, chap. n.
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d'avoir trouvé, par le seul exercice de leur raison, quelques vérités partielles1, reconnaît au contraire -;mhésiter que le privilège <!<■ la prophétie n'a pas été réservé aux Juifs. « Les Grecs el les autres nations o «>ni eu leur prophétesse dans La Sibylle. Déjà Justin avait parlé de la Sibylle el d'Hystaspe; il avail invoqué leur témoignage à l'appui de la foi chrétienne, mais -;i 1 1s'expliquer en aucune façon sur la nature de L'inspiration qu'ils avaienl reçue. Tatien avail simplemenl nommé la Sibylle, et Athénagore a cité si\ vers2 du troisième livre de notre recueil actuel, en rappelant que Platon a fait mention de la prophétesse, mais sans insister autrement sur la créance qu'elle mérite. Théophile apporte !<■ premier de longues citations des poèmes sibyllins, et voici par quelle suite d'idées il les amène. Il vient de conter comment s'est établi le règne de l'idolâtrie, el il continue ainsi3 : « Dieu cependant, père el créateur du monde, n'a pas abandonné l'humanité; il lui donna la Loi, et il lui envoya les Saints prophètes ' pour instruire le genre humain, afin que chacun de nous revînt .1 la raison, et reconnût que Dieu est unique; ils enseignèrent aussi à s'abstenir de l'infâme idolâtrie, de L'adultère, du meurtre, de la prostitution, du vol, de L'avarice, du parjure, de la colère, de toute intempérance H impureté, et que nous ne devons faire à personne ce que nous ne voulons pas nous exposer à souffrir; c'est ainsi « | m ■ Le juste évitera les châtiments éternels, el sera jugé digne par Dieu de la vie éternelle ». Ainsi, sans distinction aucune entre le judaïsme et Le reste de L'humanité, se trouve résolue, par une audacieuse simplification, la grave question, si troublante pour Justin, de la justice divine dans
i. Du chap. vi dn 1. I. où il est <lit que Dieu est conçu d aprt œuvres, on pourrait conclure a la révélation naturelle ; mais Théophile ne tire nulle pari expressément cette conclusion.
a. Wçznèv.x, 2Q.