RESPECT DE LA VIE DU PROCHAIN
« Tu ne tueras point. »
L'homme étant composé de deux éléments, il y a deux manières de violer ce précepte, soit qu'on tue le corps du prochain, soit c[u'on le tue dans son àme. Nous devons dire quelques mots de ces deux formes d'homicide.
I. Oter la vie à son prochain est un crime. Nous n'au- . ions pas à nous appesantir sur cette vérité trop évidente, si parfois l'homicide ne revêtait des formes sous lesquelles on est trop porté à l'excuser : le suicide ou le duel. Nous
(i) Chnstine, épilogue, se. n. C. Lévy. (a) Génie du Christianisme, III, iv, v
DEVOIRS DE l'homme ENVERS SON PROCHAIN SqI
parlerons du suicide en traitant de nos devoirs envers nous-mêmes. C'est le duel que nous voulons réprouver ici.
« Ceux qui se battent en duel commettent un double crime, en s'exposant eux-mêmes à la mort, et en cherchant à la donner aux autres (i). »
La condamnation du duel est dans ces quelques mots, et il n'est personne qui, de sang-froid, ne trouve que le duel est un des usages les plus barbares et les plus sots qui existent, ne prouvant rien, ne réparant rien, ne pouvant amener aucun bien , capable seulement de causer beaucoup de mal. — Et pourtant, vienne une offense grave, on aura recours à ce combat que l'on condamnait l'instant d'avant. Pourquoi ? pour le point d'honneur, pour le public, pour la galerie. Puis donc que le qu'en dira-t-on est la seule cause des duels, montrons ce qu'on en dira, et réunissons ici, au hasard de l'ordre alphabétique, les jugements du bon sens sur la sottise et la barbarie du duel.
Alfred Assolant :
Si ton voisin t'accuse d'avoir voulu lui couper le nez, il n'y u pas de moyen plus efficace de lui prouver qu'il a menti que de le lui couper effectivement (i) !
Emile Augier :
LE DUC
Avec qui te bats-tu, et à quel propos ?