V. Hugo
En supposant même l'honneur atteint, perdu, que fera suicide ? Croyez- vous qu'il lavera la tache ?
Le martyre expie tout; le suicide n'expie rien ; il aggrave.
Ernest Renan (3).
Tout crime appelle un châtiment : vérité terrible, ici
{i) Psyché, II, m. Lemerre.
(2) Les Quatre vents de l'esprit, HT, xxvii. Hetzel.
(3) L'Abbesse de Joiiarre, III, xi. C. Levy,
surtout, quand ou songe que ce crime termine la vie et commence l'éternité.
Dans le poème de Milton, Adam répond on ces termes à Eve, qui dans un moment de lolie a parlé de suicide :
« Si tu convoites la mort comme le dernier abri contre la misère, t'imaginant te soustraire ainsi à la peine prononcée, ne doute pas que Dieu n'ait trop sagement armé son ire vengeresse pour se laisser surprendre. Je craindrais beaucoup plus qu'une mort ainsi anticipée ne nous dispensât point de la peine que notre arrêt nous condamne à payer, et qu'un relus aussi opiniâtre ne provoquât le Très-Haut à rendre la mort vivante en nous i). »
Comment cette pensée de l'éternité n'arrète-t-elle pas tant de désespérés sur le seuil de la tombe? Comment les' incrédules eux-mêmes ne se disent-ils pas, en ce moment terrible, « que nous pouvons bien avoir une àme immortelle et que c'est chose grave de l'envoyer on ne sait où (2) ? » Comment le nombre des suicides va-t-il en augmentant de jour en jour ?
Mal d'un siècle en travail où tout se décompose !
Quel en est le remède et quelle en est la cause ?
Serait-ce que la foi derrière la raison
Décroît comme un soleil qui baisse à l'horizon ?
Que Dieu n'est plus compté dans ce que l'homnie fonde ?
Et queufiu il se fait une uuit trop profonde
Dans ces recoins du cœur, du monde inaperçus,
Que peut seule éclairer votre lampe, ô Jésus !