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LA PÉNITENCE

Si les fidèles, dit le concile de Trente, conservaient inviolablenient la grâce qu'ils ont reçue dans le baptême, ce sacrement aurait suffi pour la rémission des péchés: mais Dieu, qui est riche en miséricorde, et qui connaît notre faiblesse, a bien voulu laisser dans un autre sacrement une ressource à eeux même qui tombent après avoir été régénérés. Cette ressource, c'est le sacrement de Pénitence.

Vicomte Walsh (i)

Pour obtenir le pardon de ses fautes par le moyen de ce sacrement, le pécheur doit remplir trois conditions : avoir la contrition, faire la confession, promettre la satisfaction. Ainsi préparé, il reçoit l'absolution et s'en va pardonné.

Ex 1 minons rapidement chacune de ces parties coiistitutives du sacrement de Pénitence.

§ I. — Contrition

La contrilîèn n'est autre chose que le repentir des fautes commises et le ferme propos de n'y plus retomber. Ce nom vient d'un mot latin qui signifie briser.

Le langage chrétien est plein de ces magnificences oubliées ! Quoi de plus beau que ce mot : « acte de contrition? » Acte de contrition veut dire : acte de brisement. Dans le langage hiunain,

(i) Tableau poétique des sacrements, la Pénitence.

le brisement est une défaillance; mais dans le langage divin le brisement est un acte.

Ernest Hello (i).

Ce brisement du cœur, ce repentir a toujours été nécessaire. Dieu n'a jamais pardonné en dehors de la contrition, et si le prêtre, abusé par les apparences, l'a fait quelquefois, Dieu n'a jamais en ce cas ratifié la sentence. « On ne peut, dit Dante, absoudre celui qui ne se repent pas; il est ii^ipossible de vouloir le péché et de s'en repentir à la fois : la contradiction ne le permet pas (2). »

Un saint, dont le nom m'échappe, eut une vision, dans laquelle il vit Satan debout devant le trône de Dieu; et, ayant prêté l'oreille, il entendit Tesprit malin qui disait : « Pourquoi m'astu d'amné, moi qui ne t'ai offensé qu'une fois ; tandis que tu sauves des milliers d'hommes qui t'ont olfensé tant de fois? » Dieu lui répondit : « M'as-tu demandé pardon une fois? »

Joseph de Maistre.

Pour être vraie, la contrition doit être intérieure : les mots peuvent tromper les hommes, mais Dieu voit le fond des cœurs. « Mes paroles, dit le roi dans Hamlet après avoir essayé de se repentir, mes paroles s'envolent, mes pensées demeurent ici-bas. Les paroles sans les pensées ne vont jamais au ciel (3). »

§ II. — Confession.

Pour des raisons que nous aurons à rappeler au cours

de cet article, Notre- Seigneur a voulu que, d'une manière

générale, au sein de son Eglise, le pardon ne fût accordé

au pécheur qu'après la confession de ses fautes. « La con-

(il^Philosophic et athéisme, Philosophie, ix. Poussielgue. (•ifEnfcr, chant xxvii. Trad. Brizeux. Charpentier. (5) Shakspeare, Hamlet, III, m.

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