‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 137 sur 167 · LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

LA PÉNITENCE

fession est une accusation de ses péchés, faite à un prêtre approuvé, pour en recevoir l'absolution (1). »

Il y a là un abaissement qui répugne à l'orgueil humain : aussi la confession a-t-elle été l'objet d'attaques nombreuses. Nous n'en mentionnerons que quelques-unes.

Tout d'abord, on a nié l'origine divine du précepte de la confession . Peine perdue î La tradition tout entière nous oblige à faire remonter cette pratique jusqu'à l'origine même de l'Eglise. D'ailleurs, dans l'Evangile, ne voyons-nous pas Jésus dire à ses apôtres : « Les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, et ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez (2)? » Il y a donc un discernement à faire : et comment le prêtre pourra-t-il s'en acquitter, sinon par le moyen de la confession?

<yLa. belle justice, je vous le demande, que de distribuer des pardons sans savoir si l'on en a besoin ? La noble et sainte fonction que de dire à tout venant : mon ami, je suis prêtre, peut-être ne le savez-vous pas, mais je, vous en donne ma parole et puis, au besoin, vous montrer mes lettres d'ordination. Or, en vertu de mon caractère et de la juridiction à moi conférée, je puis vous remettre ou vous retenir vos péchés. Que vous soyez pécheur, cela va sans dire, car qui ne l'est pas ? Si vous pensiez recourir à Dieu seul, ce serait peine perdiie, puisque c'est à moi qu'il a confié ses pouvoirs. Il me plaît de vous pardonner aujourd'hui ; profitez donc de mes bienveiiiatttës dispositions et allez en paix ; car, aussi bien, je pourrais être moins favorablement disposé demain, et fermer pour vous les portes de la miséricorde divine (3). »

(i) Catéchisme.

(2) CjttAciBsme.

(3) Ft.-^P. Monsabré, Conférences de N.-D., i885, 74» conf., i.

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Et d'aillcnrs, qui^donc, parmi les hommes, aurait eu assez d'audace poiir imposer une telle loi, et assez de naïveté pour croire qu'on l'accepterait d'un législateur mortel ?

« Si l'on était venu dire à Auguste, se promenant dans ses jardins avec Horace ou Mécène : Il y a là-bas un homme avec une besace et un bâton, qui se dit envoyé de Dieu pour entendre l'aveu de vos fautes, n'aurait-il pas regardé cet homme comme un fou ? Eh bien ! Messieurs, cette folie a prévalu. Et remarquez, je vous prie, qu'à tout moment, dans le christianisme, nous ne trouvons que cela, des folies; et ces folies nous les justifions devant vous, vous, l'élite de ce siècle, et vous les écoutez, et vous dites : Pourtant, cela est beau (i) ! »

Il semble que, dans ce précepte, Jésus ait multiplié les impossibilités humaines, comme pour mieux le marquer de sa signature divine. Il n'a pas seulement ordonné à tous de se confesser, il les a obligés à se confesser de tout, car tel est le précepte.

« Quand tu te tairais, dit un héros du Dante, ou quand tu nierais ce que tu confesses, ta faute n'en serait pas moins connue : un si grand j uge la sait (2) ! »

S'il y a des pénitents pour dire et des confesseurs pour entendre tout ce que le grand Juge connaît de nos misères, c'est que la confession vient de Dieu : il y a impossibilité absolue à ce qu'il en soit autrement.

Et d'ailleurs, ce sont surtout ceux qui ne se confessent pas qui parlent des impossibilités de la confession. Ceux

(i) Laçprdaire, Conférences de N.-D., r855, 7^ conf. Poussielgue.

(2) Le- Purgatoire, chant xx\i. Comparez Shakspcare : « Parle simplement, mou bon fils, et va droit au Imt : un aveu équivoque rend équivoque le mérite de la confession. » Roméo et Juliette, II, ni.

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qui recourent h ce sacrement n'en parlent pas de même : ils admirent, au contraire, les harmonies profondes, intimes, de cette 'institution avec les besoins du cœur et de;>-râme, et sous la rudesse de l'écorce, ils goûtent le fruit lui-même, où ils trouvent force et saveur. Notre devoir est de noter ici, d'un trait rapide, ces multiples bienfaits de la confession sacramentelle.

Et tout d'abord, l'aveu, si pénible qu'il soit, est réclamé par la conscience coupable.

Quy a-t-il de plus naturel à l'homme que ce mouvement d'un cœur qui se penche vers un autre pour y verser un secret? (i) Le malheureux; déchiré par le remords ou par le chagrin, a besoin d'un ami, d'un confident qui l'écoute, le console et quelquefois le dirige. L'estomac qui renferme un poison et qui entre de lui-même en convulsion pour le rejeter, est l'image naturelle d'un cœur où le crime a versé ses poisons. Il souffre, il s'agite, il se contracte jusqu'à ce qu'il ait rencontré l'oreille de l'amitié ou du moins celle de la bienveillance.

Joseph DE Maistre (2).

Or, ici, ce n'est pas seulement à un homme bienveillant ou à uri'ami que la confidence est faite : c'est à un père, qui sait qu'il n'a reçu sa mission que pour bénir et pardonner :

La confession, a dit Eugénie de Guérin, n'est qu'une expansion du repentir dans l'amour (3) ;

Eî: un catholique écrivait à un ami protestant : Vous ne pouvez comprendre notre confession; je ne vous parlerai pas du bonheur qu'elle procure : il faut y avoir foi et l'avoir goûté pour en sentir tout le prix.

Albert de la Ferronnays (4).

Et d'où \ ient celte joie? De ce que l'âme tombée se sent relevée déjà par le mérite de son humble aveu ;

(i)^Bossuet.

(3) • fju Pape, III, iir, i.

(ô^ournal, p. 70. Lecoffre.

(4) Cité par Madame Craven. Bécît d'une Sorur, t. r, p. 172. PerHn.

La conscience universelle reconnaît dans cette confession spontanée une force expiatrice et un mérite de grâce : il n'y a qu'un" "Sentiment sur ce point, depuis la mère qui inteçroge son enfant sur une porcelaine cassée, ou sur une sucrerie'mangée contre Tordre, jusqu'au juge qui interroge du haut de son tribunal le voleur tt l'assassin.

Joseph de Maistre (i).

Un romancier contemporain a noté ce fait chez un de ses personnages, une femme coupable qui vient d'avouer sa faute :

Chose étrange au premier abord : il s'était produit dans cette âme une détente à demi apaisée, tout simplement parce que l'aveu volontaire avait, comme toujours, diminué le remords... Si Thérèse ne se pardonnait pas tout à fait sa faute, du moins, en y songeant, n'avait-elle plus k subir la vision dune bassesse absolue. L'idée d'une certaine hauteur morale s'y trouvait associée et l'ennoblissait elle-même à ses propres yeux.

Paul BOURGET (2).

De plus, l'aveu amène naturellement la correction et l'amendement du coupable :

Gomme tout crime est de sa nature une raison pour en commettre un autre, tout aveu spontané est au contraire mie raison pour se corriger ; il sauve également le coupable du désespoir et de l'endurcissement, le crime ne pouvant séjourner dans l'homme sans le conduire à l'un et à l'autre de ces deux abîmes.

Savez-vous, disait Sénèque (3 , pourquoi nous cachons nos vices ? C'est que nous y sommes plongés : dès que nous les confesserons nous guérirons.

Joseph de Maistre (4).

Tout semble avoir été ménagé dans la confef>sion pour aider l'âme à cet amendement. L'examen de conscience commence cette œuvre salutaire :

(i) Du Pape, III, III, i.

{u)<r (Jruelle énigme, xi. Lemerre,

(5)"Epist. mor.,Liii.

(4) Du Pape, III, m, ».

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Quel frein contre le mal, et quelle excitation au bien que cette ttiécessitc de tenir registre de chacune de nos erreurs ponr en

iaire Taveu !

Ernest Legouvé (i).

Sans doute l'examen de conscience auquel oblige la fréquentation des sacrements n'empêche point notre pauvre nature si fragile de retomber dans le mal, mais elle empêche cet état de démoralisation complète où l'àme n"a plus même le sentiment de ce qui est permis et de ce qui ne l'est pas. « La confession, a jdit Lamennais, a été instituée pour empêcher le péché de pourrir dans le cœur de Ihomnie. »

Edouard Drumont (2).

Le confesseur, lui aussi, prête son concours charitable et éclairé à cette œuvre de correction :

Parce que chacun sait qu'il doit être bon, pensez-vous qu'il soit inutile de se Tentendre répéter et que nos réflexions suffisent ? n y a dans la parole humaine une vie, uni à-propos, qu'on chercherait en vain dans les livres et dans ses propres pensées. Cet homme, dont la vie est une lutte perpétuelle contre ses passions, est initié, par sa propre expérience, à toutes nos misères et à toutes nos souffrances. Il sait où est le mal et comment en triompher ; il nous réveille de notre apathie, nous console ,dans notre affliction, nous rend de l'espérance et de la confiance dans notre abattemisnt.

Albert de la Ferronnays (3).

C'est le prêtre qui obligera le voleur à rendre le bien mal acquis : « Que de restitutions, que de réparations la confession ne fait-elle pas faire chez le catholique ! » s'écrie Jean- Jacques Rousseau (4). — C'est le prêtre qui, an au nom du Dieu de charité , obligera le pénitent à oublier

(i) Les Pères et les enfants, Adolescence, p. 1^2. Hetzel. (2y La France juive, t. n, I. vi, ch. m. Marpon et Flammarion, (5) Cité par W^" Craven, Réait d'une sœur, t..^, p. 1.72. Perrio. (4] Emile,

AQQ APOLOGISTES LAÏQUES

les injitrcs qu'il a reçues: « La confession, dit Voltaire, esl très bonne pour engager les cœurs ulcérés de haine à pardonner (i). » — C'est le prêtre, en un mot, qui dirigera les âmes dans le chemin de la vertu, effrayant les consciences trop larges, rassurant les scrupuleuses (2), représentant visible du Dieu de justice et de pitié.

Telles sont les grandes choses qui journellement s'stccomplissent au confessionnal. Oh ! « que ne pouvez-vous voir vous-mêmes ce que le prêtre observe chaque jour ! Rien, je le crois, ne serait plus capable de transformer les âmes que le spectacle de ces incroyables métamorphoses : ces délicatesses exquises..., ces humilité^, profondes, ces impitoyables sévérités contre soi-même, ces larmes de regret à la première chute légère, à la moindre imperfection, que dis-je? à la seule crainte d'une faute, et toute cette beauté printanière sous des cheveux blancs, et comme au milieu des ruines (3). »

iS'ous devons signaler un autre et important bienfait- de la confession : c'est le pardon de Dieu donné au pécheur d'une manière visible et pour ainsi dire palpable. Dans la la confession protestante, entre Dieu seul et l'àme seule.

L'homme s'accuse, il est vrai, et Dieu écoute, je le crois ;

(1) Cité par Walsh, Tableau poétique des sacrements, Pénitence.

(2) Voici un exemple des inquiétudes que peut causeï- le scrupule, Alexandrine de la Ferronnays écrit à son frère : a L'abbé Gerbet m'a dit de t'envoyer une dizaine de chapelet que j'ai composée il y a quelque temps et que, par scrupule, je ne voulais pas t'envoyer parce que je savais que tu la louerais. Maintenant il peut y avoir de l'orgueil à t'écrire que je ne te l'envoyais pas à cause de cela; car, en cela, je me vante, et, en disant que je me vante, en disant que, pour n'être pas louée, je taisais une chose, il y a encore de l'orgueil, et, en convenant qu'il y a de l'orgueil, dans l'aveu que je fais que je me vante en disant que pour n'être pas louée je taisais une chose... Ouf! ou secours! on devient foui J'ai voulu seulement te prouver que je sais encore avoir des scrupules. » Cité par M""» Craven, Récit d'une sœur, t. 11, p. 81. Perrin. .

(3) Abbé Ch. Perraud, Christianisme et vrogrcs, II, 11. Chapeliiez.

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mais Dieu ne répond pas. Jamais le pécheur n'entend cette parole c[ue rien ne remplace : Soyez absous ! Il reste éternellement accablé sous le poids de son crime ou de sa faute, sans que rien l'assure qu'il en soit relevé. Incertitude salutaire pour la petite phalange des âmes héroïques, soit, mais écrasante pour la multitude immense des âmes faibles, toujours prêtes à désespérer d'elles-mêmes ! L'homme, pour marcher au bien, a autant besoin d'être encouragé que réprimandé, pardonné que puni, réconcilié avec lui-même que sévère avec lui-même.

E. Legouvé (i).

Un de mes grands péchés me suivait pas à pas,

Se plaignant de vieillir dans un lâche mystère ;

Sous la dent du remords il ne pouvai t se taire

Et parlait hau-t tout seul, quand je n'y veillais pas.

Voulant du lourd secret dont je me sentais las

Me soulager au sein d'un bon dépositaire.

J'ai, pour trouver la nuit, fait un trou dans la terre,

;Et là j'ai confessé ma faute à Dieu, tout bas.

Heureux le meurtrier qu'absout la main d'un prêtre 1

Il ne voit plus le sang épongé reparaître

A l'heure ténébreuse où le coup fut do nné.

J'ai dit un moindre crime à l'oreille divine ;

Où je 1 ai dit, la terre a fait croître une épine.

Et je n'ai jamais su si j'étais pardonné.

Sully-Prudhomme (a).

Ea-j)résence de tels bienfaits, quels inconvénients peuton reprocher à la confession? Des prétextes, et pas autre chose.

On dit : « C'est humiliant! » Sans doute, mais c'est humiliant pour tous, et tous doivent se confesser. N'est-ce donc pas beau,

Ce nivellement de toutes les vaines distinctions humaines de-

(i) Les Pères et les enfants. Hetiel, U) (Euvres. Lemerre.

vant le m'ême tribunal, cet ao^eiiouillemeat d« toutes les î^randeurs devant la justice divine?

Ernest Legouvk (i).

Et puis, ;

Les paroles qui ont servi à faire l'aveu pénible sont suivies de si près des paroles de pardon et d'absolution, que Ton se sent bien heureux des révélations humiliantes que l'on a eu le courage de faire. T/échange est si bon ! pour un moment de honte, un bonheur éternel assuré !

Vicomte Walsh (2).

Dira-t-011, comme tant d'autres : « Mais je ne commets pas de fautes : qu'irais-je dire au confessionnal? » A cela nous répondrons par ce mot de Valyère :

Ceux qui nont rien à se reprocher ont la conscience bien malade (3), .

Et par un autre mot, bien connu, de Joseph de Maislre : Voici comment Louis Veuillot le rapporte :

Joseph de INIaistre avait un ami qui lui conseilla, lorsqu'il devint vieux, de quitter ses charges et de faire une lessive, c'est-à-dire nue confession générale. De Maistre, dans une lettre que j'ai lue, répondit : « J'y pense. » Et il ajouta ces mots : « Je ne sais pas ce que c'est que la vie d'un coquin, mais c lie d'un honnête homme est abominable. ))

Louis Veuillot (4).

Conclusion pratique : « Sachez donc une bonne fois que le besoin' que vous avez de la confession est presque toujours en raison directe de la répugnance que vous vous sentez à son endroit (5). »

(i) Les Pères et les enfants..., Adolescence, Hetzel, (2) Tabfeau- poétique des sacrements, Péuitence. (5) Heures grises, p. 24. Ollendorff

(4) Les Libres-penseurs, Livre supplémentaire. Palmé.

(5) Mot du P. de Poalevoy, cité dans sa Vie par le P. Clair, p. 520.

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Un mot seulement sur une deinière difïîculté : « Ne craignez-vôus pas que votre secret ne soit violé par le prêtre? » A cette indigne accusation nous ne répondrons qu'en citant un adversaire déclaré de l'Eglise, Edmond About. Un de ses personnages, voulant per>uader son interlocuteur qu'il saura gai'der son secret, lui tient ce langage :

Suis-je moias galaut homme, à votre avis, qu'un vicaire de paroisse? On lui confie des mystères plus terribles que le vôtre, et il meui't sans en avoir lâché le premier mot.

Edmond Abolt (i).

Ces difficultés et toutes celles qu'on a pu imaginer contre

la confession se rencontrent, chose bizarre, uniquement sur

les lèvres de ceux qui ne s'en servent pas, — tandis que

ceux qui en font usage et sont, par suite, en mesure de la

mieux connaître, n'y trouvent aucun de ces inconvénients.

Avant d'attaquer la confession comme inutile et abusive' ses ennemis devraient au moins en faire quelquefois l'essai ; car pour juger des qualités ou des défauts d'une institution, il faut la connaître ; et comment connaître la confession sans se confesser? N"est-il pas absurde et ridicule de vouloir juger d'une chose d'après les rêves de son esprit ouïes fantômes de son imagination, sans se mettre en peine de la réalité? C'est cependant ce qub l'école philosophique daujourd'hui fait sans cesse pour tout ce qui touche à la religion. Ce qui vient de Dieu est journellement outragé par l'ignorance et la médiocrité. Pour juger dun tableau ou d'une statue, il faut être pei tre ou scidpteur. Un arclxitecte serait mal reçu s'il voulait porter un jugement sur un système scientifique ou le traitement d'une maladie ; et l'on accueillera son avis lorsqu il s'agira d'un édifice. Il n'y a donc qu'un bon catholique qui puisse apprécier le catholicisme ; et pour juger de la confession, il faut aller à confe se.

Vicomte "Walsh (2).

(i) Vînfàme, v. Hachette.

{2) Tableau poétique des sacrements, Pénitence.

§ III. — Satisfaction et Absolution.

Il ne suffit pas d'avouer ses fautes et de s'en repentir : il faut les réparer. Elles ont fait injure à Dieu, des ont souvent causé du tort au prochain : vols, médisances, calomnies, tout cela a produit un dommage considérable, auquel on ne peut pas toujours pleinement remédier :

On ne serait pas assez puni si, ayant fait le mal, on pouvait le réparer.

Georges Sand (i).

Il faut du moins faire ce que l'on peut, et ce n'est qu'après en avoir donné l'assurance au confesseur que celuici accorde l'absolution : aussitôt, par le merveilleux elï'et du sacrement, nos péchés sont pardonnes, l'innocence et la grâce nous sont rendues :

La parole que le Créateur prononça quand il fît jaillir la lumière de l'obscurité du chaos, n'eut pas un ellet plus prompt, plus rapide que celles dites par le prêtre quand il nous donne l'absolution. Oui, dès que la sentence miséricordieuse a proclamé le pardon, nous avons cru sentir tomber sur nous une goutte du sang de Jésus-Christ pour nous racheter de nouveau Oui, aussi vite que l'éclair déchire la nue, aussi vite notre robe baptismale, souillée par nos péchés, a repris toute sa blauclieur

première.

Vicomte Wai,su (2).

Tel est, dans ses grandes lignes, le sacrement de Péninitence, admirablement institué par Jésus -Christ pour répondre aux besoins de l'homme, fttible, pécheur, et pourtant plein d'aspiration vers le bien :

Je m'humilie et je me repens ! Que ces deux mots soient aussi les nôtres, et ils nous conduiront au troisième mot, qui achève la trinité humaine : J'espère.

Ces trois mots sont la philosophie du monde.

Lamartine (3),

(1) Fla/narande, xxxviii. G. Lévy,

(2) Tableau poétique des Sacrements , Pénitence.

iS>j Cours familier de littérature, XII, xxi. ^

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