POTT
Il semble que l'étude comparative des langues confirme de plus en plus la pensée que toutes ces langues si pleines d'ana-> logie entre elles, dérivent toutes d'une langue mère parlée aux temps préhistoriques.
Steinthal (4).
Concluons donc avec Pott, sans toutefois partager les regrets qu'il exprime :
Je dois déclarer, bien qu'à regret, que rien dans la philologie ne s'oppose directement à ce que tous les hommes soient
(i) La science du langage, trad. Harris et Perrot, p. 4-26. Durand et Pédone-Lauriel.
(2) Cité par Bougaud, le Christianisme et les temps présents, t. m, IL '.V, V. 'Poussielgue.
(3) Polygéniste cité par Bougaud, ibid., t. ni, II, iv, v. Cl} Cité ihid.
issus d'un seul couple primitif, et la perspective de démontrer un jour cette origine par des arguments décisifs ne peut être fennée du côté de la linguistique.
POTT (l'.
Telle est la valeur des principaux arguments du polvi^énisnic. Ils ne peuvent rien contre cette vérité, à la l'ois dogmatique et scientifique, que tous les hommes viennent (d'un seul couple , et nous sommes en droit de conclure toute cette discussion comme la conclut M. de Quatret'ages:
Les groupes humains, quelque différents qu'ils puissent être ou nous paraître, ne sont que les races d'une seule et même espèce, et non des espèces distinctes... Peu de vrais savants, à coup sûr, refuseront d'admettre ce point de départ. Ils concluront, avec les grands hommes dont je ne suis que le disciple, avec les Linné, les Buffon, les Lamarck, les Guvier, les Geoffroy, les Humboldt, les Muller, que tous les hommes sont de la même espèce, qu'il n'existe qu'une seule espèce d'hommes.
De Quatrefages (2).
I — » ^in de l'homme.
Nous avons vu ce qu'est l'homme et d'où il vient. — Où va-t-il? Telle est la dernière question qui se pose. Nous aurons à y répondre plus longuement, lorsque nous parlerons des fins dernières, mais dès maintenant nous devons jeter quelques lumières sur cette question, afin de pouvoir comprendre celles qui vont sui^e.
(i) Cité dans Jaugey, Jjictionnaire apologétique, au mot Polygénismc. Delhommo ot Rriguet.
(2} L'Esyècc humaine, livre I, conclusion, .\lcau
Borné dans sa nature, infini dans ses vœux, L'hoiume est un dieu tombé qui se souvient des cieux.
Lamarti.nk (i)
L'homme est un dieu tombé : nous venons de le voir. // se souvient des cieux : c'est le résumé de ce que nous allons dire.
La fin de rhomi.ie n'est pas ici-bas ; il a été créé « pour connaître Dieu, l'aimer, le servir, et par ce moyen obtenir la vie éternelle (2)». En un mot, la fin de l'homme est de ne pas finir.
Il n'y a qu'à le regarder pour s'en convaincre. L'homme ne voit que le visible et il aspire à l'invisible ; il est enserré dans la douleur et il aspire au bonheur parfait; il voit tout périr et il aspire à vivre toujours. Toute sa vie est une aspiration :
L'homme respire, aspire et expire.