V. Hugo (i
On connaît l'histoire du solitaire Martinien. Il va suc- >comber à une tentation et pécher gravement ;
Tout à coup, des brancliettes de laurier rose et des feuilles sèches de palmier, recueillies pour faire bouillir sa marmite, embarrassent les pieds de l'anachorète. Martinien se baisse pour se débarrasser de ces entraves. Mais, ô miracle ! les lau-
(i) Han d'Islande, h. Hetzel.
LES FIXS DERNIÈRES 293
riers roses, les palinici-s preiiueut t'en brusquement. Martinien revient à lui, e'^.. il plonge ses jambes dans les flammes jua qu'aux genoux.
— Que faites-vous là, mon jn-re ? s'écrie Zoé.
— Je veux voir, répond-il, comment je supporterais les feux de l'Enfer, moi qui les brave en ce moment.
Ferdinand Fabre (i).
La crainte du néant aurait-elle produit sur lui le même effet que la crainte de l'enfer ?
II. Quels sont les châtiments de l'enfer ? Le plus connu, c'est « cette acre brûlure (2) » qui nous épouvante comme la peine la plus terrible, et qui pourtant n'est pas celle que nous devrions le plus redouter.
A cette peine s'ajoute celle des ténèbres.
Ces ténèbres, comment les décrire ? l'intelligence de l'homme ne peut les concevoir. On dit parfois d'un brouillard épais qu'il est à couper au couteau. Mais cette façon de parler ne signifie plus rien quand il s'agit de peindre la nuit des enfers. Cette nuit est si lourde qu'elle oppresse, qu'elle accable les âmes damnées : elles sont comme pressées entre deux montagnes, incapables de se mouvoir, incapables de respirer. Aucune conception humaine ne peut donner une simple idée de cette nuit-là... excepté peut-être l'expression de la Bible quand elle parle des ténèbres extéi'ieures — ce qui doit vouloir dire excessives.
Enault (3).
L'Ecriture parle encore du « ver qui ne meurt pas, » c'est-à-dire du remords, du souvenir, toujours vivant et torturant, des fautes et des crimes d'ici-bas :
(i) Lucifer, xvn. Charpentier.
(2) Victor Hugo, la Fin de Satan, Satan dans la nuit. Hetzel.
(3) Après la mort, n. J. Rotschild.
Hg^ APOLOGISTES LAÏQUES
Loinbre est un miroir sombre où. leurs forfaits se montrent Leur remords est debout dans tout ce qu'ils rencontrent ;
Partout, dans le morne chemin, Chacun deux voit son crime, el le reste est chimère * Le même spectre fait dire à Xéron : ma mère !
Et crier : mon û"ère ! à Gain.