‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 76 sur 167 · V. Hugo (i · texte numérisé non relu

V. Hugo (i

Souvent aussi le remords s'accroît des fautes que l'on a fait faire et que l'on fait commettre encore tous les jours, le présent compliquant le passé, par <pielque livre ou quelque œuvre malsaii:e :

Satan se promène, il regarde. Son regard, que chacun voudrait fuir, tombe sur ceux qui ont régné par la main ou par la pensée. Il les appelle, ceux-ci viennent en tremblant, et il les frappe, il les flagelle du sceptre qu'ils ont porté. Il loue les poètes impudiques des conquêtes qu'ils ont faites pour lui, il chante leurs plus beaux vers...; et les morsures du feu éternel ne sont rien, comparées à la honte et au désespoir qui les fait

hurler.

Louis Yeuillot (2).

Mais le grand châtiment des damnés, c'est d'être loin de Dieu. Nous ne pouvons encore nous imaginer ce que c'est que cette privation de Dieu, et pourtant

L'ignorer ou le voir, c'est l'enfer ou les cieux.

Lamartine (3).

« Que le diable est pauvre ! il n'a pas de Dieu, » dit un proverbe russe, et c'est là en elTet l'essence de l'enfer. « Avec Dieu possédé, le feu même serait un délice. Sans Dieu, loin de Dieu, rejeté et maudit de Dieu, tout est feu, flammes, ténèbres, douleurs. Il n'y aurait point de feu autour de lui, que le damné en créerait. Il le tirerait de ses

(i) La Légende des siècles, t. m. Inferi. Hetzel.

(2) Les Libres-penseurs, I, ni. Palmé.

(5) La Chute d'un ange, 8« vision. Hachette. Jouvet.

entrailles consumées par la douleur, de son cœur brûlé par le désespoir (i). »

Eutiii/ce qui met le comble à toutes ces douleurs, c'est de savoir qu'elles sont éternelles, c'est d'avoir perdu toute espérance : c'est de penser qu'il suffirait d'un acte de coiitrit'on et d'amour pour voir s'éteindre l'enfer, et de ne pouvoir et de ne vouloir pas le produire,

D'être une haine Eternelle, veillant dans l'ombre afîreusement.

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