‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 77 sur 167 · V. Hugo (a · texte numérisé non relu

V. Hugo (a

Enault, dans un li^Te que nous avons déjà cité, met ces paroles sur les lèvres d'un damné racontant ses souffrances :

Mais ce sentiment (de douleur) n'emportait avec lui aucune idée de contrition. Je me sentais perdu, irrémédiablement perdu... Je me condamnais; je me maudissais moi-même... mais le repentir était loin de moi. Me repentir ! Oh ! si seulement je lavais pu ! Mais cela même n'était plus en mon pouvoir... Si du moins j'avais pu pleurer ! Le pauvre riche de l'Evangile soupirait après une goutte d'eau... Moi je soupirais après une petite larme humaine. Je sentais que les larmes m'auraient délivré de toutes mes douleurs... Mais il m'était à tout jamais l'efusé, ce précieux don des larmes.

Enault (3).

Si terribles que soient les peines de l'enfer, gardonsnous bien d'accuser Dieu : il ne serait pas Dieu s'il n'était pas juste, et il faut que le mal soit puni justement. Mais jusque dans sa colère Dieu ne peut oublier sa bonté. Et, même dans l'enfer, c'est l'amour qui punit.

Lamartine (4).

(i) M^ Bôugaud, le Christianisme et tes temps présents, i, s, XV, v Poussielgue.

(2) La Fin <Ze Satan, Satan dans la nuit. Hetzel. (ô) Après la mort, i. J. Rotschild.

(4) La Chute d'un ange, 8* vision. Hachette, Jouvet,

Il y a en effet, disait Bossuet, « une opinion très commune dans l'Ecole : c'est que Dieu récompense au-dessus et punit au-dessous des mérites. » Et puis, sa\;ons-nous réellement qui est en enfer ? « Ceux qui sont morts en état de péché mortel, » cela est certain. Mais connaissons-nous toutes les ressources et toutes les ruses de la divine miséricorde? Que de trépassés, peut-être, qui ont quitté la terre sans l'assistance d'un prêtre, et sur la tombe desquels on pourrait écrire comme une suprême espérance :

Dieu seul lut dans son cœur l'ineffable prière Que les anges muets apprennent aux mourants.

Alfred de Musset (i).

Et qui sait, en effet, ce qui se passe entre Dieu et l'homme

A cette heure douteuse où l'âme recueillie. Se cachant sous le voile épaissi de nos yeux, Hors de nos sens glacés pas à pas se replie. Sourde aux derniers adieux ;

Alors qu'entre la vie et la mort incertaine, Comme un fruit par son poids détaché du rameau. Notre âme est suspendue et tremble à chaque haleine Sur la nuit du tombeau ?

Lamartine (2).

Qui nous dira ces choses ? Mais Dieu lui-même n'a pas voulu nous les révéler. Nous en devinons trop pour ne pas adorer sa miséricorde ; nous en ignorons a^sez pour devoir « opérer notre salut avec crainte et tremblement. »

(i) Le Treize juillet, xMi. (Euvres. Charpentier.

(2) Nouvelles méditations poétiques, le Crucifix. Hachette, Jouvet,

ARTICLE V

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