‹ Les apologistes laïques au dix-neuvième siècleChapitre 87 sur 167 · V. Hugo · texte numérisé non relu

V. Hugo

Seul enfin il a deviné que l'homme, lui aussi, voulait aimer son Dieu ; et il a créé cette vertu nouvelle, la charité, si inconnue jusque-là qu'il a fallu créer le nom en même temps que la chose.

Quand il n'y aurait que cette preuve de la divité du christianisme," elle suffirait. Elle ne peut être fausse, la religion qui a révélé Dieu à l'homme et l'homme à lui-même , la religion dont seul le fidèle peut tenir à son Dieu le langage de l'amour :

C'est peu de croire en toi, bonté, beauté suprême 1 Je te cherche partout, j'aspire à toi, je t'aime ! Mon âme est un rayon de lumière et d'amour Qui, du foyer divin détaché pour un jour, De désirs dévorants loin de toi consumée, Brûle de remonter à sa source enflammée. Je respire, je sens, je pense, j'aime en toi ! Ce monde qui te cache est transparent pour moi; C'est toi que je découvre au fond de la nature, C'est toi que je bénis dans toute créature.

Lamartine (3)»

Telles sont les trois vertus théologales:

Ces vertus-là, la foi, l'espérance, la charité, le premier caté chisme venu les recommande, mais on n'y pense jamais assez et, croyez-en un homme dont la pensée a fait le tour de bien des

(i) Les Feuilles d'automne, XXVII, vi. Hetzel.

{2)Ibid., XXXVII, VII. Hetzel.

(3) Méditations poétiques, la Prière. Hachette, Jouvet.

idées et de bien des chimères, ces vertus-là sont le fond même de la sagesse et donnent le véritable secret du bonheur.

F. COPPKE (i).

ARTICLE II l'adoration

« Adorer Dieu, c'est lui rendre l'honneur et le culte que nous lui devons, comme au créateur et au souverain Seigneur de toutes choses (2). » A ce respect, à ces hommages se mêle encore la charité, de sorte que la définition du poète est parfaitement juste :

Adorer, c'est aimer en admirant.

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