‹ Les apothicaires parisiens au seizième siècleChapitre 4 sur 10 · K (MC · texte numérisé non relu

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iU l Testament de Claude de Villeroy, apothicaire et valet dé chambre de la reine de Navarre (*), logé dans la maison de Mathurin Forget, avocat en Parlement, marié à Anne Galland, belle-sœur du testateur, maison sise rue des Noyers ( 2 ), devant le jardin de la chapelle Saint-Yves ( )i, lieu de sépulture, le cimetière de l’église Saint-Benoît-le-Bien-Tourné; legs de six écus d’or soleil à Pierre Racinas son serviteur, à verser par ses exécuteurs testamentaires entre les mains d’un parent du légataire, barbier du commun de la reine de Navarre, « pour le bailler audict Pierre Racme a ses affaires et nécessitez ». — 21 juillet i54o.

La pièce est extraite du « Registre des contraictz receuz par feu m Yves Bourgeoys, luy vivant notaire ou Chastellet de Paris, en l’année mil cinq, cens quarente », (fol. 68 v°).

E. 2145. — Règlement du compte de tutelle de Guillaume Le Gras, noteur en livres de musique, rue Saint-Symphorien ('•), près l’église Saint-Dems-dela-Châtre, fils de feu Pierre Le Gras, demeurant, en son vivant, au Jeu de paume du Trou P erre Ue, à Paris, et de feue Collette Régnault, ledit Guillaume Le Gras, âgé de vingt-six ans, marié à Robine Abel et pupille de son oncle,

Robert le Gras, hôtelier à Saint-Marcel, nommé tuteur le 19 juin 1528..

payé à Macé le Gras, apothicaire et épicier, pour le luminaire de 1 enterrement et les drogues livrées durant la maladie, 7$ sols tournois.

7 décembre i54i (fol. XII xi VII v°).__

(M II s’agit de Marguerite de Valois, duchesse d’Alençon, reine de Navarre sœur de FrançoisV, née en ^ morte en i 54 9 , mère de Jeanne d’Albret, grand mere de Henri IV. C’est elle que son frère avait surnommée la Marguerite des

Maigueiite^e ^ jVoyels „ qai a disparil dans ] e percement du boulevard Saint- Germain, commençait à la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève et a la place Maubert et finissait à la rue Saint-Jacques. Elle avait ele ouverte, vers 12 ' ’ S “ X l’emplacement d’une allée de noyers qui séparait le Clos Bruneau du Clos de Garlande ou Galande. En 1348, elle a été nommée momentanément rue sainct ws rg à cause de la chapelle de ce nom située à « l’encoignure gauche » de la rue des Noyers et de la rue Saint-Jacques. , .

/ .) La Chappelle sainct Yves fut fondée et bâtie en ,348 par des ecoliers bretons, étudiants à Paris, qui en firent les frais. Supprimée en 1790. et vendue comme propriété nationale, le 6 mai i 79 3, elle fut démolie en 1796. C’est devant la chape e Saint-Yves que se trouvait, à la fin du quinzième siècle et au commencement du seizième l’étude de maistres Jean et Pierre Crozon, notaires au Châtelet, dont le minutier,'dépouillé par M. Ernest Coyecque, nous a fourn, le plus grand nombre des documents de cette notice sur les Apothicaires parisiens.

(t ) La raë sainct Symphorien n’existe plus depuis longtemps. Elle faisait partie de la rue du Haut Moulin en la Cité , dénommée au seizième siecle, rue des Hauts Moulins. Son nom lui vient de l’ancienne chapelle ^

(ultérieurement appelée sainct Luc), qui y était situee en face de I eglise sa net Denis de la Cliartre, démolie en :8ro. Quant à la rué du ou cte Hauts Moulins , elle s’appelait, en 1204, rue Neuve sainct Denys et, en ,3oo, rue sainct Denys de la C/iai tie, ainsi que la désigne, à cette époque, Caillot te S on« rfg Bues de Paris. La. rue Saint-Symphorien allait de la rue Glaligny ou, dit Guillot, Bonne Gens maignent (demeurent) et dames o.cors gent (jo 1), a la t ■ de la Lanterne en la Cité , qu’il ne faut pas confondre avec la vue de la Lanterne des Arcis. Son sol est occupé aujourd’hui par les constructions de 1 Hôtel-Dieu,| fncade du côté du quai de la Cité, dans le quatrième arrondissement du Paris actuel. -,

A propos des « drogues » ou médicaments et des objets de luminaire, dont : il est question dans la pièce ci-dessus, j’ai trouvé un autre document, soit le reçu suivant de l’apothicaire et épicier Raoul Sandras, dont le nom figure, non seulement dans le Recueil d'actes notariés de M. Ernest Coyecque, sous le numéro 1846, mais encore dans Y Inventaire des Registres des Insinuations du Châtelet de Paris, sous les règnes de François I et de Henri II, de MM. Émile Campardon et Alexandre Tuetey (n os 2727 et 4842), ainsi que dans A travers les minutes de notaires parisiens de i55g à 1577, de M. Émile Caron, où les trois actes, portant les numéros 396, 398 et 402, concernent ledit Raoul Sandras, tandis qu’une quatrième pièce (n° 54.6) se rapporte à un membre de la même famille Jean ou Jehan Sandras.

Ces documents, au nombre de sept, sont les suivants :

1846. — Reçu par Raoul Sandras, apothicaire et épicier, bourgeois de Paris, rue Saint-Honoré f 1 ), maison à l’enseigne de Y Image Saint-Jacques, à Pierre Lizet ( 2 ), chevalier, conseiller du Roi et premier président du Parlement de Paris, de quatre-vingts écus d’or soleil ( 3 ) pour fourniture de marchandises. — 8 avril 1542.

La pièce figure au verso du folio 365 du « Registre des contraictz receuz par feu m e Yves Bourgeoys, luy vivant notaire ou Chastellet de Paris és années mil cinq cens quarente ung et quarante deux ».

Les actes suivants, qui concernent le même apothicaire Raoul Sandras, sont 'extraits des Registres des Insinuations du Châtelet de Paris. Ce sont :

i° Une donation, faite par Raoul Sandras et datée du 17 mai 1048, à son fils Olivier ( 4 ), écolier, étudiant en l’Université de Paris, d’une maison sise à Paris, rue d’Avron, près la rue des Poulies ( 5 ) (n° 2727, page 3?4 ).

2 0 Un contrat de mariage, en date du 27 septembre i553, dans lequel il est assigné à Raoul Sandras, marchand apothicaire et épicier, bourgeois de Paris, une somme de cent livres tournois à lui dues; (n° 4842, page 624). * (*)

C) Rue Saint-Honoré c’est-à-dire dans la partie dite aussi le Pavé de Paris et le Pavé du Roy et comprise entre la rue de l’Arbre-Sec et la rue de-Richelieu.

( 3 ) Pierre Lizet, originaire de Salers, « dans la Haute-Auvergne », habitait Grand’rue Saint-Jacques, dans une maison contiguë à un jardin appartenant à la chapelle Saint-Yves. Il était aussi locataire viager de l'abbaye de Saint-Jeandes-Vignes (commune de l’arrondissement de Soissons, département de l’Aisne).

( 3 ) Ernest Coyecque. — Loc. cit.

(*) Cet Olivier Sandras ne doit pas être confondu avec son homonyme de nom et de prénom, écolier et étudiant aussi en l’Univ.ersité de Paris, fils de Henri Sandras, marchand, bourgeois de Paris, lequel Olivier, deuxième du nom, fut l’objet également, la même année — 9 octobre i548 — d'une donation par son père, Henri Sandras, donation de ses droits sur les successions de Gilles Sandras , marchand, bourgeois .de Reims, et de Jeanne Vincenot, ses père et mère. (Émile Campardon et Alexandre Tuetey. — Loc. cit., numéro 3065, page 372.)

( 5 ) Il y avait au seizième siècle, dans Paris, deux rués des Poulies : l'une représentée par la portion de la rue des Francs-Bourgeois comprise entre la rue Payenne et la rue Vieille-du-Temple, dans le quatrième arrondissement du Paris actuel; l’autre représentée par la partie de la rue du Louvre sise entre la rue de Rivoli et la rué Saint-Honoré, dans le premier arrondissement. C’est de cette dernière dont il est question ici. Elle n’existe plus aujourd’hui, non plus que la rue d’Avron.

Quant aux pièces du volume de M. Émile Caron, relatives à la famille de Raoul Sandras, elles sont au nombre de quatre et font partie des « Minutes de Vassart et Yver, notaires pour l’année iSôg», et des « Minutes de Fanyn, notaire en l’année i5 7 o ». Ce sont, les trois premières, des aveux ou reconnaissances de sommes dues à ou par sa veuve, Jehanne Lemercier, et par ses héritiers, aveux, dont voici d’ailleurs une courte analyse. Un de ses actes nous donne, de plus, le nom d’un docteur-régent de la Faculté de Médecine de Paris, Simon Piette. Quant à la quatrième pièce, elle est relative à un échange de biens entre divers.

396. Aveu par la veuve et héritiers de Raoul Sandras qu’il est dû à Simon Piette, docteur régent de la Faculté de Médecine en l’Université de Paris, soixante livres de rente : i° sur une maison sise rue Saint-Honoré, où pend pour enseigne la Licorne, tenant d’un bout aux religieux des Chartreux-lès-Paris et d’un autre bout à l’hôtel de la Rose Rouge-, 1° sur quatre maisons s’entretenant rue de Montorgueil ( 1 ), au coin de la rue Pavée ( 2 ). — ii février i569 -

(') Rue de Montorgueil, aujourd’hui rue Montorgueil dans le premier arrondissement de Paris. Elle commence à la rue de Rambuteau et finit à la rue Saint- Sauveur ou mieux à la rue des Petits-Carreaux, jadis un lieudit, qui en est le prolongement. Ce nom de Petits-Carreaux provient d’une « enseigne de petit carreaux à carreler, qui existait encore en 1812 devant la maison d’un marchand de vins portant alors le numéro 29 de ladite rue. » (J. De La Tynna. — Dictionnaire topographique ., étymologique et historique des rues de Paris. — A Paris, chez J. De La Tynna, rue J.-J. Rousseau, n“ 20. 1812.4 Au treizième siècle, la rue Montorgueil s’appelait rué du Mont Orgueilleux ( Vicus Montis superbi), parce qu’elle conduisait, par ses prolongements directs, au monticule ou butte de la rue Beauregard, butte dénommée au seizième siècle la Montagne du Moulin et sur laquelle a été construite, en 1624, la chapelle - église depuis l’année i6 7 3 - de Notre-Damede-Bonne-Nouvelle. « Cette église, supprimée en 1790 et devenue propriété nationale, fut vendue le 21 floréal an V et démolie peu de temps après. Elle fut reconstruite de 1828 à 1828 sur le même emplacement, par l’architecte Godde». A dater du règne de Saint-Louis et jusqu’en 1792, la partie de la rue Montorgueil, s’étendant de la Pointe-Sainl-Eustache à la rue Mauconseil, porta successivement le nom de rue du Comte d’Artois, rue de la Porte à la Comtesse d’Artois, enfin rue de la Comtesse d’Artois. Ces différentes dénominations proviennent simplement de ce que Robert II, comte d’Artois, neveu de Saint-Louis, avait son hôtel entre la rue Mauconseil et la rue Pavée [Saint-Sauveur], soit, à l’époque, hors Paris. L’hôtel communiquait avec la Grand’ville par une fausse porte percée, au treizième siècle, dans le mur d’enCeinte de Philippe-Auguste.

( 2 ) Il y avait autrefois dans Paris, six rues portant le nom de rué Pavee :

a La rue Pavée ou Pavée Goire du treizième siècle, dénommée plus tard

rue du Mûrier , qui allait de la rue. Saint-Victor à la rue Traversaine. Elle est aujourd’hui remplacée par le carrefour dé la rue Monge et de la rue des Ecoles, qui fait partie du cinquième arrondissement actuel de Paris).

h, La ruë Pavée , citée en i3oo par Guillot dans son Dict des rues de Paris et qui prit, au seizième siècle, le nom de ruë Pavée d'Andouilles, puis, ultérieurement, celui de ruë Pavée sainct Andri des Arcs, enfin et à tort le nom de rue Pavée-Saint-André-des-Arts, par ts au lieu de es. C’esC aujourd'hui la rue Séguier. Située dans le sixième arrondissement de Paris, elle s’étend du quai des Grands- Augustins à la rue Saint-André-des-Arts.

c, La ruë Pavée, qui fait aujourd’hui partie de la rue Traversière ou

Traversière-

398. — Aveu par Mathurin de la Croix, M e pêcheur à verge, demeurant à Paris, rue Fromenteau f 1 ), qu’il est dû à la veuve et héritiers de Raoul Sandras quarante sous de rente sur un arpent et demi de Vigne au terroir de Chaillot, lieudit les Tarnot ( 2 ). — 22 février i56g.

Saint-Antoine, dans le douzième arrondissement de Paris. Elle allait de la rue de Charenton à la rue de Berc} r .

cl. — La ruë Pavée dite rué du Pavé de la place Maulbert (aujourd’hui Maubert sans P, dans le cinquième arrondissement du Paris actuel. Elle disparut en 1806, lors du nouveau numérotage des rues de Paris, dit J. De La Tynna ( loc. cit.\ époque à laquelle elle fut cbmprise dans la place Maubert. Elle commençait à la rue de la Bùclierie et finissait au coin de la rue Galande.

e. — La rue Pavée, dénommée encore au commencement du dix-neuvième siècle rue Pavee-au-Marais. Elle porte simplement aujourd’hui, et c’est la seule rue de Paris qui le porte, le nom de rue Pavée. Elle se trouve dans le quatrième arrondissement de Paris. Elle commence à la rue de Rivoli et finit à la rue des Francs-Bourgeois. Elle « touchait jadis aux murailles de Philippe-Auguste» et portait, en 1235, le nom de rue de' P etit Marivaux ; en iqoô, celui de rué du Petit Marais , puis, successivement, ceux de rue Marivas, rué Marivaux, enfin celui de rue Pavée, vers le milieu du quinzième siècle, et, en dernier lieu, celui de rue Pavée-au-Marais. Il existe actuellement encore, à Paris, une rue de Marivaux , laquelle fut ouverte vers .784; mais elle se trouve située dans le deuxième arrondissement, commençant à la rue Grétry et finissant, au boulevard des Italiens. Elle s’est appelée, dès le début, rue Marivqux-des-Italiens, pour la distinguer d’une autre rue Marivaux, la rue Marivaux-des-Lombards qui était sise, à la même époque, dans l’ancien sixième arrondissement. Elle a disparu aujourd’hui.

/. La rué Pavée, celle où se trouvait une des maisons qui appartenaient à Raoul Sandras et dont il est ici, question, était ainsi dénommée dès i3i3. Plus tard on l’appela rue Pavée-Saint-Sauveur, nom qu’elle portait encore il y a un demi-siècle et sous lequel je l’ai connue. Sise dans le deuxième arrondissement de Paris, elle existe toujours, mais englobée dans le prolongement de la rue Tiquetonne ou, comme on disait jadis, rue Quiquetone, c’est-à-dire au milieu du quinzième siècle. Elle commençait à la rue des Deux-Portes-Saint-Sauveur (aujourd’hui rue Dussoubs) et finissait à la rue Montorgueil.

g. — le ne citerai que pour mémoire la rue du Hault Pavé, laquelle existe encore aujouid hui et est sise dans le cinquième arrondissement de Paris. Elle commence au quai de Montebello et. finit à la rue des Grands-Degrés. En i366, elle se nommait ruë sainct Bernard en raison de la proximité du couvent de ce nom, puis on l’a appelée rue d’Amboise, ruë Pavée; enfin, au commencement du dix-huitième siècle, on lui a donné le nom de rue du Haut-Pavé e, cause, disent les frères Félix et Louis Lazare {loc. cil.), de sa « pente escarpée ».

( 1 ) Ruë Fromenteau par un e ou Fromanteau par un a, aujourd’hui rue Fromentel , dans le cinquième arrondissement de Paris. Elle commence à la rue Chartière et finit à la rue du Cimetière-Saint-Benoit, dont je parle plus loin (voir p. 37). Au milieu du treizième siècle on la nommait Frigidum Mantellum Froid Manteau ou Froid Mantel. « Le Cartulaire de Sainte-Geneviève la mentionne ainsi : Vicus qui dicitur Frigidium Mantellum ». (Dictionnaire de F. et L. Lazare) Elle portait, en i3oo, le nom de ruë Fresmcintel, en i3i3 celui de ruë Fretmantel et, dans les siècles suivants, ceux de rue Fresmantel, ruë Froitmantel et rue Fromentel comme de nos jours encore.

( 2 ) Les Tarnot , lieudit de l’ancien «faulx bourg ou villaige de Challeau, Clialliau, Chailhaux ou Chaillot-lez-Paris », aujourd’hui l’un des quartiers du seizième arrondissement de Paris. (Émile Rivière. - N.igeon et Chaillot, leurs seigneuries et leurs habitants au seizième siècle, Paris, 1908).

402. — Aveu par Jehanne Lemercier, veuve de Raoul Sandras, marchand apothicaire et épicier, bourgeois de Paris, de vingt-huit livres tournois, seize sols parisis de rente, dûs aux Chartreux de Paris, sur deux maisons sises à Paris, rue Saint-Honoré, vis-à-vis la rue des Prouvelles ('), sur l’une desquelles « souloyt pendre l’Ymaige sainct Yves » et, plus tard, « l’Escu de Bretaigne, et en Faultre, contre le mur, l’Ymaige sainct Jaques ». — 17 mars i56g.

J’ajoute que de la teneur même de ces trois documents et de leur date rapprochée (11 février, 23 février et 17 mars de la même année) il me paraît résulter que l’époque, que je ne connaissais pas, de la mort de l’apothicaire Raoul Sandras ne doit guère remonter au-delà du commencement de l’année 1569 ou des derniers mois de r568.

F. — Les deux autres documents que j’extrais encore du livre de M. Émile Caron comme concernant également des apothicaires parisiens — l’un d’eux nous fait même connaître aussi le nom d’un médecin de Henri II — sont :

i° Un acte qui figure, sous le numéro 846, dans les « Minutes du notaire Fanyn pour l’année 1571 » ( 1 2 ) ; il est relatif à un membre de la famille Sandras, probablement un des héritiers de Raoul Sandras, sinon même peut-être un de ses fils, car il s’agit encore là d’un immeuble situé dans cette même rue Saint-Honoré, où demeurait le susdit apothicaire-épicier.

846. — Échange entre divers, et notamment Jehan Sandras, secrétaire et interprête « du Roy nostre Sire » en langue germanique, portant sur une maison sise rue Saint-Honoré, où pend pour enseigne le Petit-Soleil. — 6 août 1571.

2 0 Une réclamation à Charles IX de sommes dues depuis plus de dix ans, par Henri II à Charles Mébain : a. pour prêt d’argent au « roy defîunct »;

b. comme honoraires pour soins de son « estât d’apothicaire de la Royne »;

c. pour « drogues » fournies par lui ; le tout ainsi qu’il suit :

361. — A. N. H. Charles Mebain « appothicaire de la Royne ( 3 ) mère du Roy ( 4 ) », la somme de 900 livres tournois qu’il a fournie : 462 livres tournois 1 sol parisis 7 deniers, comptant en testons, et 437 livres tournois 18 sols parisis

(1) Rue des Prouvelles , aujourd’hui rue des Prouvaires dans le premier arrondissement de Paris. Elle s’étend de la rue Saint-Honoré à la rue Berger. Son nom primitif et le seul véritable est celui de Provoires ( rue des Provoires), qui signifie, dans le langage du temps, prêtres. 11 lui fut donné parce que les prêtres de l’église Saint-Eustache y demeuraient au treizième siècle. Mais l’orthographe en a été, au cours des siècles, maintes fois modifiée : Provoires, Prevoires, Preuvoires, Prouvoires , Provaires, Provelles, etc. « Sous.le règne de Louis XI, cette rué était, d’après F. et L. Lazare ( loc. cit.), une des plus belles de la capitale», — quantum vicus mutatus ab illo - « aussi, en i4 7 6, Alphonse V, roi de Portugal y fut-il logé, de par le roi Louis XX, qui voulait lui rendre les plus grands honneurs et lui procurer tous les agréments possibles, logé, dis-je, chez un sieur Laurent -Herbelot, riche épicier, qui possédait, dit la chronique, une demeure vraiment royale. » Le susdit Herbelot était-il apothicaire-épicier, comme on disait alors, ou seulement épicier ?

( 2 ) Émile Caron. — Loc. cit., pages 53i et 532.

( 3 ) Catherine de Médicis. . . 7

( 4 ) Charles IX, roi de France.

5 deniers restant dûs audit Mebain par le Roy (i) pour diverges parties de son état d apothicaire, pour le service des Mesdames Sœurs du Roy, dans les années i558 et i55g ainsi qu’il appert.de deux certificats de M. Honorât de Castellan, Conseiller^ médecin ordinaire du Roy et premier médecin de la Royne, et les parties d’apothicaire et drogues pour les Mesdames, filles du Roy et aussi pour la dame de Brosse, leur gouvernante.

Ce document provient de-l’étude de maîtres Yassart et Y ver, notaires- il porte la date du 29 janvier i56g.

G. — Enfin, j’ai trouvé, dans le minutier de Katherin Fardeau de i53o, (Premier registre, fol. VII“ XIIII v»), le nom d’un dernier apothicaire, celui de Charles Fremin, mentionné, ainsi qu’il suit, dans une affaire de poursuites judiciaires pour coups et blessures, dont il aurait été, sinon 1 auteur même, tout au moins l’instigateur ou le complice ( 2 ).

1294. — Rénonciation, moyennant cent dix sols tournois, par Jean d’Alençon libraire, demeurant rue Saint-Jean-de-Latran («), devant l’église du même nom, à toute action contre Charles Fremin, apothicaire, épicier, bourgeois de Pans, place Maubert pour les injures à lui adressées, les coups à'lui portés, quinze jours environ auparavant, en la boutique de Charles Fremin, en la présence de ce dernier, par ses serviteurs et « aultres ses alliez et complices », et pour la perte de son bonnet et de son manteau — 3 décembre i53g (fol. VIF* XIIII v°).

La pièce est extraite du Premier registre de Katherin Fardeau, i53g.

Le Jean d’Alençon, libraire, dont il est question ici, était le fils de feu Nicolas d’Alençon et de Guillemette Macé, veuve en secondes noces de Jacques

Ferrebouc, libraire et imprimeur de livres, à Paris. Il se mariait en 1545

habitant alors. au Clos Bruneau ( 4 ) — avec Geneviève Jaupitre, veuve d’Am-

( 1 ) Henri II, roi de France.

( 2 ) Ernest Coyecque. — Loc. cil.

( 3 ) Pue Saint-Jean-de-Latran. Elle existe encore de nos jours, sous ce nom dans le cinquième arrondissement de Paris. Elle commence à la rue Fromenlel et finit à la place du Çollège-dc-France. Elle était connue, en n 7 5, sous le nom de rue de l’ospital, à cause des Hospitaliers de Sainl-Jean-de-Jérusalem qui s’y étaient établis quatre ans auparavant (1171). Ceux-ci s’appelèrent ultérieurement les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Latran. Au quatorzième siècle, c’était la rue sainct Jehan de l’ospital, puis la rue sainct Jehan de Jérusalem, enfin .la rue sainct Jehan de Latran, dénomination dernière sous laquelle cette voie se prolongeait autrefois jusqu’à la rue Saint-Jacques. Mais cette allonge ou deuxième partie de la rue prit, à la suite de son élargissement, en i 7 i5, le nom de place Cambray (par un y), en raison de la maison de l’évêque de cette ville qui s’v trouvait, maison sur 1’emplacement de laquelle fut construit, en i3/,8, le colleige de Cambray ’ primitivement appelé le colleige des Troys Evesques. J’ajoute que cet établissement fut entièrement rasé en i 77 6 « pour faire place aux bâtiments du Collège de France ».

( ) Il y eut autrefois, dans Paris, deux Cloz Bruneau : l’un qui comprenait la partie du terrain du sixième arrondissement de Paris occupée aujourd’hui par la rue, le carrefour et la place de l’Odéon, la rue de Condé et la rue des Quatre- Vents; l’autre, celui dont il est ici question, qui est situé dans le cinquième arrondissement actuel. Ce dernier est cité parmi les documents les plus anciens, notamment dans les Cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et'1248. Il est aussi le plus connu dans l’Iustoire de Paris. Il s'appelait Brunei ou Bruneau et confinait au

broise Evin, de Paris, notaire au Châtelet, oncle de Genevieve Evin, mar.ee à Jean Barré, libraire bourgeois de Paris. Son contrat de mariage, qui porte le numéro 3602 dans le Recueil de M. Ernest Coyecque, est date du 20 sep tembre x545. Il figure dans les « Registres de la praticque de deffunct maistre Cathrain ( l ) Fardeau, luy vivant notaire ou Chastellet de Pans », u 7 avn au 3o septembre i545.

Quant à Jacques Ferrebouc, Ferbourg ou Ferembours, ainsi qu u « aussi dénommé en d’autres notes ou contrats du meme minutier, il était également relieur de livres, bourgeois de Paris et l’un des fondateurs de la « confrairie pour le mestier de librayre en l’esglise sainct Andri des Arcs » ( ), métier qu’il exerçait depuis l’année Ufp. Il avait épousé en premières noces Jeanne Potier ou Potière, laquelle mourut en .5.3, Jacques Ferrebouc habitait rue' Saint-Jean-de-Latran, devant le college de Tréguier ( ), qui, apres avoir été réuni, en i 5 7 5, à un autre établissement d’instruction, a la lois école et hôtellerie, le collège de Kérambert ( l ), dut, menaçant ruine, dis-

Cloz Garlande c

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omme je l’ai dit plus ««.w — —- -

ouvertes .a , «e Minet Jehan de Beauvais ou simplement aujourd'hui rue Jean-de Beauvais, dite aussi rue du Clos-Bruneau, et la rue Judas a,ns. que la rue du Mont sainct Hilaire. Quant à la rue .le Coudé, c.tee ci-dessus,• e le fut ouveUe vers l’année i5oo et porta aussi, comme première dénomination, le nom ce du Cio - Bruneau Enfin, il existe actuellement encore, dans le cinquième anondisclu Clo~ Biunea , -, comme nce à la rue des Ecoles eL Gmt à

sement, un passage du Clos-Bruneau, 11 comuicnoc

la rue des Carmes.

(>) Cathrain, Catluin, Catherin ou Kalhenn (par un k).

|( 2 ) L’église sainct Andri des A.es construite en Hàùtefëuille,

f Ut dans

mières années du dix-neuvième siècle. Quant à la rue du meme nom, elle s appela • ' ’ «s sainct Andeol du nom d’une chapelle préexistante, puis rue sainct

icore rue sainct, Andri des Arcs, enfin, par corruption, rue Saint )s par un"t. Les fouilles, laites en'ces dernières années sur la susdite e pour le passage souterrain du chemin de fer Métropolitain , ont mis au jour

Andeu, puis Àndré-des-Arts P 1

passage soutenu... u U ——

nombre de squelettes — j’ai obtenu le c.„..~-

travaux d’anthropologie - provenant du cimetière paroissial créé en io56 autour de l'église Saint-André-des-Arts. La rué du Cimetiere sa,net Andri des A,es, aujourd'hui rue Suger, dépendant du sixième arrondissement de Pans,eic,lc1 enepre de nos jours Elle s’appelait, en m55, rué des Sachesses ou Sachettes (voir les Crieries de Paris) du nom de certaines religieuses vêtues de robes en forme de sacs, qui possédaient, en cet endroit, un couvent. La rue Saint-Andre-des-Arts actuelle commence à la place de ce nom et finit à la rue de l’Eperon. J ajoute que le terrhoire, occupé jadis par ces rues, église et cimetière, s’appelait primitivement Laas, il était alors planté de vignes, comme le Clos Bruneau et le Clos G arlan( ie- Au commencement de la rue Saint-André-des-Arts, se trouvait le colleigede r, ■ ■ t on nar Ftienne de Vidé, chanoine de Chartres et clerc du 101,

fo°S “uitt^éf h & en r V fi4. Enfin, un peu plus loin était le colleige d’Autan, fondé en 184. par. le cardinal Bertrand, évêque dAutun. Il fut réuni, en n64 au collège Louis-le-Grand, d’après F.-L. Lazare.

(3) Le colleige de Treguier fut fondé le 20 avril .325 en ««a&on u testament de Guillaume de Coatmohan, grand chancelier de 1 egl.se de Treguier », nour huit écoliers de sa famille ou du diocèse de cette eglise.

(3) On ignore l’époque précise de la fondation du colleige de ICerambert dit aussi colleige dé Leon.

leur

paraître avec celui-ci en 1610, pour l’édification ultérieure, sur emplacement, du Collège de France.

Ajouterai-je que j’ai retrouvé le nom de Charles Fremin, mentionné comme celui d’un des « commissaires establiz et ordonnez » par justice, dans un marché passé avec Pierre Moisi ou Moysi, voiturier par terre près du port de la Tournelle (*), pour le « nectoiement des rués et ruisseaulx du quartier de la place Maulbert et du Mont de saincte Geneviefve, depuis la porte Bordelles ( 2 ) jusques au carreffour sainct Sevrin », et pour l’enlèvement des boues et immondices en provenant et des ordures ménagères pendant l’année i54i. (E. Coyecque. — Loc. cit., n“ 1673 et 2167.)

ni.

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