Comparez à Lxic, VIII, 2. Il y avait aussi quelques fem
« favorable peut-être au mariage des prêtres, a « laissé ici le uxores contrairement au texte de plu- « sieurs exemplaires. L'explication naturelle que « nous venons de donner est exposée en ces termes « par Jérôme lui-même dans le premier livre contre « Jovinien : « Si, pour prouver que les Apôtres étaient « mariés, on nous oppose ce passage : « N'avons- « nous pas le droit d'emmener dans nos tournées « des femmes ou des épouses légitimes (puisque yuvYj « en grec signifie l'un et l'autre), comme les autres « Apôtres, et Géphas, et les Frères du Seigneur?» (c alors il faut y joindre ce qui est aussi dans les « textes grecs : « N'avons-nous pas le droit d'em- « mener des sœurs, femmes ou épouses, à8eX<pV « yuvatxa? On voit par là que l'Apôtre a parlé d'autres « saintes femmes qui, selon la coutume juive, assiste taient de leurs biens le Maître qui les instruisait, « comme nous lisons qu'elles l'avaient fait au Sei- « gneur lui-même. En effet, l'ordre des mots donne « ce sens : N'avons-nous pas le pouvoir de manger « et de boire ou d'emmener des Sœurs-femmes ? « Du moment que d'abord on met le manger, le « boire et le paiement des dépenses, et qn'ensuïie « vient les Sœurs- femmes, il est clair qu'on ne doit « pas entendre des « épouses », mais, comme nous « l'avons dit, « celles qui V assistaient de leurs biens ». « Dans l'ancienne Alliance, on parle de la Sunamite « qui recevait habituellement Elisée (IV Rois, IV, « 8-13) ; elle posait pour lui la table et le pain et
mes, etc., 3. Jeanne, femme de Khouza, Susanne et plusieurs autres qui l'assistaient de leurs biens... aÏTiveç ôiy)x6vouv aÙTcip à7î6 Twv OiïapxovTwv aO-rotç.
« le chandelier, etc. Si nous traduisons yuvatxaç par « uxores et non par mulieres, le mot sœu7's ajouté « détruit le uxores et montre que les femmes étaient « des sceurs en esprit et non des épouses. Bien qu*à « Texception de T Apôtre Pierre, il ne soit pas expli- « citement dit des autres Apôtres qu'ils fussent « mariés ; bien que cet état de mariage soit affirmé « d'un seul et qu'on s'en taise sur les autres, notre « devoir est d'admettre que les Apôtres étaient sans « épouses légitimes ; car sur ce sujet rien de tel « n'est donné à entendre dans l'Écriture. »
L'argumentation de saint Jérôme se divise en deux parties : 1** une réfutation de Jovinien qui est excellente; 2° une interprétation nouvelle qui est très mauvaise.
1° La réfutation de Jovinien est excellente, parce que:
A. Aucun texte positif de l'Écriture ne parle du mariage des Apôtres, excepté de celui de Céphas.
B. Certains textes positifs et formels de l'Évangile attestent que le célibat était la condition première et rigoureuse qu'imposait Jésus à quiconque voulait le suivre; puisque les Apôtres, par la bouche même de Pierre, affirment qu'ils ont tout quitté pour suivre Jésus. (Matthieu, XIX, 27 | Marc, X, 28 | Luc, XVIII, 28, etc.)
C. Enfin, le mot sœurs placé en avant serait inexplicable si yuv^ avait le sens de épouse (égùime. On comprendrait fort bien, en effet, que saint Paul dit: « N'avons-nous pas le droit d'emmener avec nous notre épouse légitime comme font les autres Apôtres? Mais il est impossible de comprendre : N'avons-nous
pas le droit d'emmener une sœur-épouse légitime comme font les autres Apôtres?
D. Et quand même on le comprendrait, quand même les Apôtres eussent tous été mariés, cela ne servirait de rien; d'abord, par les raisons du célibat obligatoire et de l'abandon d'épouses imposés par Jésus; puis, parce que saint Paul, non-seulement n'était pas marié, mais faisait profession d'être célibataire et de mépriser le mariage (I Conn^A., VII).
Donc, l'interprétation de Jovinien, et par conséquent celle d'Érasme, est erronée.
2° L'interprétation donnée par Jérôme est absurde et, de plus, injurieuse pour les Apôtres.
A. On comprend que la Sunamite, « femme de considération » et mariée à un riche propriétaire, hébergeât gratuitement Elisée toutes les fois qu'Elisée passait à Sunam. En France, rien n'était plus fréquent, et même ne l'est encore aujourd'hui, que cette hospitalité gratuite et empressée offerte aux ce hommes de Dieu » par les fermiers aisés de nos villages.
B. On comprend également la conduite des saintes femmes à l'égard de Jésus. Jésus est le fondateur et le chef d'une société religieuse dont le communisme est la loi; quelques femmes, gagnées à la foi nouvelle, soutiennent de leurs biens la communauté et la propagande ; cela est logique ; et le fait s'est produit souvent dans le cours des siècles sans que personne y trouvât rien à critiquer.
G. Mais qu'une femme seule ait accompagné dans ses voyages un homme seul pour l'assister de ses biens, cela s'appelle dans toutes les langues : entretenir un homme/Vn homme entretenu^dM une femme
est le plus vil et le plus lâche des êtres. Les Apôtres, » ces hommes du commun du peuple et illettrés, « {Actes des Apôtres, IV, 13), ces grossiers campa- « gnards {saint Jérôme^ lettre à Paula et à Eustochie « en 387, p. 639)», ne s'étaient point élevés au-dessus de la bestialité, il est vrai, mais ils n'étaient point dépravés. Or la bestialité diffère profondément de la dépravation. Un être bestial peut se hausser à la dignité humaine par l'éducation : il a un cœur qui bat. Tels sont les enfants, les paysans, les pauvres gens. Un être dégradé n^est plus apte à s'élever jusqu'à l'humanité : le cœur ne bat plus. La barbarie bestiale est celle de la plèbe ignorante; la barbarie dépravée est celle des aristocraties.
De ces considérations, il résulte que l'interprétation de Jérôme est hausse et injurieuse à l'égard des Apôtres.
D. En outre, elle est absurde, car les Apôtres étant hébergés par les communautés qu'ils visitaient (I Corinth,, IX), il est absurde de les faire accompagner d'une femme dont la fonction aurait été de les héberger.
Donc l'interprétation de Jérôme, reproduite par Marianus, c'est-à-dire celle de l'Église jusqu'au XVII® siècle, est sous tous les rapports fausse et absurde.
Quant au sens de servante qui est sournoisement impliqué dans l'interprétation de Jérôme, il sera discuté ci-dessous.
§ II. Commentaire sur la première Épltre anz Corinthiens. — « IX, 5. Numquid non habemus
potestatem Sororem-mulierculam circumducendi , sicut et cœteri Apostoli et fratres Domini et Gephas?»
1° Commentaire de Jérôme sur la première partie du verset. « L'Apôtre n'a pas dit « mulieres ducendi » parce qu'on aurait pu croire à un mariage (en latin, uxorem ducere signifie se marier, prendre une épouse légitime) ; mais il a dit « circumducendi » c'est-àdire d'emmener à travers les pi^ovinces des femmes qui entretiendraient chacune leur Apôtre de leur argent. »
2® Commentaire sur la deuxième partie du verset : « Saint Paul ne condamne pas les autres Apôtres ni Géphasni les frères du Seigneur; il les emploie simplement comme exemple. Ceux-ci, en effet, faisaient la prédication aux Juifs fidèles ; or, chez les Juifs, c'est une ancienne habitude que les maîtres soient défrayés par les disciples : ce qui pouvait scandaliser les Gentils encore infidèles. »
G'est la même interprétation que la précédente, malgré l'innocente habileté avec laquelle Jérôme essaie d'appliquer à une femme seule voyageant avec un homme seul la méthode de rétribution en usage parmi les élèves qui fréquentent l'école d'un maître.
Il serait oiseux de s'arrêter davantage sur le verset et sur le commentaire sans l'expression remarquable de mulierculam, Jérôme savait la valeur des termes : muliercula est un terme de mépris ou désigne une femme de condition inférieure. En adoptant le sens honnête de se?*vantey l'interprétation de sœur-se7vante non- seulement n'est pas la traduction exacte de à8e>.cpi?|v yuvatxa, mais elle est ridicule. Se figure-t-on ces pêcheurs, pauvres comme Job, voyageanten procurateurs romains avec une maison montée? Et puis,
les Apôtres étant défrayés de tout par les communautés, la cuisinière était inutile.
Muliercula est un terme affectionné par Cicéron : il est employé par ce grand homme moins avec une nuance de mépris qu'avec ce sentiment de bonté paternelle du fort à Tégard du faible. Chez Jérôme, il implique plutôt le sens de oîwriè?'e , femme-servante, ainsi qu'on en a une preuve dans la lettre à Helvidius, page 312 de l'édition de Marianus de 1623 : La vierge est accouchée seule, sans le secours d'aucune femme : « Nulla mulie7*cula7nim sedulitas intercessit; tpsa pannis involvit infantem, »
En résumé, nous avons trouvé jusqu'ici trois interprétations :
1* Épouse légitime : elle est erronée;
2** Femme entretenant t Apôtre : elle est absurde ; "
3° Servante : elle est ridicule.
Reste une quatrième interprétation , celle de Femme-missionnaire, adoptée enfin exclusivement par l'Église mieux avisée. C'est la seule qui ait une apparence sérieuse et qui mérite d'être discutée. (Voir chap. VI, page 254.)
Nature grossiërô des premiers disciples et des
premiers Chrétiens.
i** Actes des Apôtres, IV, 13... « C'étaient des hommes illettrés et du commun du peuple. »
2° Matthieu, IX, 40. Jésus étant à la table dans la
APPENDICK. 427
maison de cet homme , il y vint beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie qui s*y mirent avec Jésus et avec ses disciples — 11. Ce que les Pharisiens ayant vu , ils dirent à ses disciples : Pourquoi votre maître mange-l^il avec des publicains et des gens de mauvaise vie? — 12. Mais Jésus l'ayant entendu leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien , mais les malades qui ont besoin de médecin. »
3° Marc, II, 15. Et Jésus étant à table dans la maison de cet homme, beaucoup de publicains et de gens de mauvaise vie y étaient assis avec lui et avec ses disciples ; car il y avait même plusieurs de ces genslà qui le suivaient. — 16. Les Docteurs de la Loi et les Pharisiens, voyant qu'il mangeait avec des publicains et des gens de mauvaise vie, dirent à ses disciples : D'où vient que votre maître mange et boit avec des publicains et des gens de mauvaise vie? — 17. Ce que Jésus ayant entendu, il leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades qui ont besoin de médecin ; ce ne sont pas les justes , mais les pécheurs que je suis venu appeler à la pénitence. »
4° Luc, V, 30-32 , texte presque identique à celui de Marc ;
5** Matthieu, XI, 19. Le Fils de l'Homme est venu mangeant et buvant, et ils disent : C'est un homme de bonne chère et qui aime à boire du vin. Il est ami des publicains et des gens de mauvaise vie.
6** Luc, VII, 34. Môme verset que celui de Matthieu.
7" Luc, VIII, 2. Il y avait aussi des femmes qui avaient été délivrées des malins esprits et guéries de leurs maladies, entre lesquelles était Marie de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons.
8** Matthieu, XXI, 31. Je vous dis en vérité que les publicains et les femmes prostituées entreront plutôt que vous dans le royaume de Dieu. — 32... caries publicains et les femmes prostituées ont cru. »
9* Paul, I Cofinth,, 1-26. Jetez les yeux sur vousmêmes , mes frères, qui avez été appelés à la Foi ; et reconnaissez qu'il y a parmi vous peu de sages selon la chair, peu de puissants et peu de nobles. — 28. Dieu a choisi ce qu'il y a de vil et de méprisable selon le monde, et ce qui n'est rien, pour détruire ce qui est grand.
Le refus des Corinthiens et la sincérité de Paul.
Les Corinthiens étaient excités contre Paul parles Judéo-Chrétiens ; ceux-ci Taccusaient de vouloir exploiter la communauté corinthienne en vivant à ses dépens. On peut voir, II Corinth,, XI, 12-13; XII, 15-18, les réfutations ironiques ou véhémentes de Paul. Paul avait été nourri par les Philippiens lorsqu'il avait prêché l'Évangile dans la ville de Philippes; il avait reçu d'eux plusieurs envois d'argent durant son séjour à Gorinthe. « Il Corinth.j XI, 8. J'ai dépouillé' d'autres églises en recevant d'elles l'assistance dont j'avais besoin pour vous servir. — 9. Et lorsque je demeurais parmi vous et que j'étais dans le besoin, je n'ai été à charge à personne; mais nos frères qui étaient venus de Macédoine ont suppléé aux besoins que je pouvais avoir; et j'ai pris garde à ne
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VOUS être à charge en quoi que ce soit, comme je le ferai encore à l'avenir. » Il résulte de là que, dans l Corinth,, IX, 15-18, Paul ne dit pas l'exacte vérité. La gratuité du service qu'il rend aux Corinthiens ne lui est pas inspirée exclusivement par un mobile religieux, celui d'acquérir auprès de Dieu le mérite d'un désintéressement absolu; elle est aussi un moyen efficace de réduire à néant les insinuations calomnieuses répandues contre lui. Ce désintéressement est donc une mesure diplomatique très-humaine, très-prudente et assurément fort honorable. Toutefois le rapprochement instructif des deux Épîtres aux Corinthiens inspire certaines réflexions sur la nécessité de ne pas accepter d'emblée, aveuglément, les affirmations de Paul, mais d'en contrôler l'exactitude avec soin.
Usage habile que l'Église a fait des mots grecs.
On ne saurait trop admirer la merveilleuse habileté avec laquelle l'Église romaine a usé du grec et du latin pour dérober aux regards le fumier de ses origines. On vient d'en avoir un échantillon dans le mot Agapète : personne dans l'Occident ne le comprenant, tous sont prêts à dévotement accepter les ingénieuses définitions que veut bien en donner l'Église, Mais, à l'instant où le mot grec est traduit en français, l'idée jaillit avec une lumière si intense que la vérité parvient à se faire jour à travers les ténèbres des
cerveaux les plus ignorants, à travers la torpeur des esprits les plus paresseux à s*émouvoir. Le moyen , en effet, de faire croire au fidèle môme le plus crédule que si les Apôtres voyageaient chacun avec une Petite Chérie, c'est que la Petite Chérie était une cuisinière!... L'histoire de l'Église et de ses dogmes fourmille de traits de cette nature ; en voici un qui peut servir de type : il est emprunté à un extraordinaire monument de la folie humaine, au symbole d'Athanase. Il s'agit d'expliquer comment « Jésus, le fils de Dieu, est Dieu et Homme; Dieu de la substance du Père, engendré avant les siècles; et Homme de la substance de sa mère, né dans le temps; Dieu parfait et Homme parfait; en possession d'une âme raisonnable et d'une chair humaine; égal au Père quant à sa divinité, et inférieur au Père quant à son humanité » ; il s'agit, dis-je, d'expliquer comment étant à la fois deux personnes. Dieu et Homme, Jésus cependant estwn. Voici la solution : « Jésus, bien que Dieu et Homme, n'est pas deux; mais m seul Christ, »
Dire qu'un dieu et un homme font un dieu; ou bien qu'un dieu et un homme font un homme, c'était s'exposer aux questions indiscrètes ou aux jugements hérétiques. Les uns auraient pu dire : « Gomment peut-on additionner deux êtres aussi dissemblables qu'un dieu immatériel et un homme matériel? Plus aisément additionnerait-on une lentille et un rhinocéros, car le rhinocéros et la lentille ont, au moins, six éléments communs : carbone, oxygène , hydrogène, azote, phosphore et chaux. Mais entre un être immatériel et un être matériel il n'y a rien de commun, absolument rien. Non, la divinité est irréduc-
tible ; rhumanité est irréductible : il y a deux natures dissemblables et irréductibles ; il n'y a plus à.'unité. Alors, adieu la théorie du Fils égal au Père !
Les autres, selon qu'ils eussent penché pour Jésus- Homme ou pour Jésus-Dieu, eussent rejeté Tune des deux natures. Alors adieu le type de Jésus-Dieu, ou le type de Jésus-Homme! La théologie catholique acquérait une certaine sève logique, ce qui eût été le commencement de la gangrène.
La difficulté semblait insurmontable ; elle a été surmontée grâce à ce mot magique de Christ qxxQ pas un fidèle ne comprend, et qui, par cela même, résout toutes les difficultés ; étant mystérieux, il prend aux yeux du troupeau un caractère grandiose. Eh bien, rendons aux fidèles le service de traduire en français le mot grec Chîist, lequel est lui-môme la traduction exacte du mot hébreu Messie, qui signifie oint, frotté d'huile. On sait que la consécration des rois était faite, au nom.de Jéhovah, par le grand-prêtre, lequel versait sur le front du monarque une fiole d'huile, symbole de l'investiture divine. Remplaçons main- 'tenant dans la phrase théologique le terme grec christ, qui est incompris , par la traduction française très claire de frotté d'huile ; nous aurons la phrase suivante : « Jésus , bien que Dieu et Homme , n'est pas deux^ mais un seul frotté d'huile/ » Un seul frotté d'huile ? Cela fait rêver
Le concabinat & Rome.
Extrait du Dictionnaire de Larousse. — Rome avait deux concubinats :
1* L^union concubinaire mais licite d'un Romain avec une femme d'origine romaine, libre et non parente ; c'est là ce qu'on appelait injustœ nuptiœ et légitimas;
2** L'union concubinaire et illicite d'un Romain avec une étrangère, une esclave ou une parente : nuptiœ injustœ et illicitœ,
La première forme était au moins extérieurement semblable au mariage en ce sens qu'il n'y avait point pour ce dernier de forme légale essentiellement prescrite , et qu'on ne demandait que le consentement des parties contractantes : consensus matrimonialis.
Mais, quant à l'effet légal , la différence entre le mariage et le concubinage était essentielle. Pour l'un comme pour l'autre, il est vrai, la parenté ou l'affinité qui en résultait était reconnue par la loi ; mais la concubine n'obtenait jamais, comme la femme légitime uxo?*, le rang du mari, dignitas vin; ses enfants étaient quasi sans père : libe^n quasi sine pâtre nati ou naturales; ils n'étaient pas sous la puissance de celui qui leur avait donné le jour, comme Tétaient les enfants légitimes : liberi qui patrem habent. On les distinguait cependant des spurii ou
vulgô concepti; leur naissance n'avait rien de déshonorant.
Voir aussi Ortolan. Explications, t. P^ p. 209.
Pour tout ce qui concerne le mariage romain, consulter le livre de M. Fustel de Goulange, la Cité antique, chef-d'œuvre de sagacité et d'exposition claire.
Souplesse politique de l'Église au IV° siècle.
A côté des interdictions sévères du concile d'Elvire en 309, il est bon de citer les canons d'autres conciles qui, par leur indulgence relative au sujet des mariages mixtes, montrent la souplesse politique de l'Église dans ses rapports avec le monde ancien. Impitoyable là où elle est maîtresse souveraine, elle s'adoucit et se fond en mansuétude là où, faible, elle est contrainte d'user de prudents compromis afin de conserver la liberté de propager ses doctrines et son influence. C'est toujours le même esprit qui l'anime ; c'est le même but qu'elle poursuit, ici parla sévérité, là par l'indulgence ; elle adapte habilement ses procédés à la nature des obstacles et à l'état de ses propres forces.
Concile d'Arles en 314. — Canon, ll^ Ordonne qu'on sépare, pow quelque temps, de la communion les filles chrétiennes qui épousent des Gentils.
Texte officiel de certains canons importants.
1. Concile de Laodicée en 364. — Canon il*. Non oportere eas quae dicuntur presbyterse et prsesidentes in ecclesiis constitui.
Texte grec : Ilepl toO ^r\ 8etv Tàç ^eyopiévaç irpedêOTi- 8aç T?iToi icpoxaOYj^évai;, èv èxx^iQaCa xa6C(jTa<JÔat.
Canon 44*. Quod non oportet mulierem ad altare ingredi.
Texte grec : Oti oô Set yuvatxaç èv Tw 9u<yia(jTr|p£ci) el<iépj^e<i0ai,
2. Concile de Tolède en 400. — Canon 17®. Si quis habens uxorem fidelem, si concubinam habeat, non communicet. Caeterum qui non habet uxorem et pro uxore concubinam habet, a communione non repellatur; tantum ut unius mulieris, aut uxoris, aut concubinae (ut ei placuerit) sit conjunctione contentus; aliàs vero vivens, abjiciatur, donec desinat, et per pœnitentiam revertatur.
3. Concile de Tours en 567. — Canon 13®. Episcopura episcopam non habentem nulla sequatur turba mulierum, licet salvetur vir per mulierem fidelem, sicut et muiier per virum fidelem, ut ait Apostolus...
4. Concile de Maçon en 585. — Canon 18®. Ecclesia gravioribus pœnis eos affîcere promittit qui nativitatis SU8B gradus libidinoso ardore contemnentes, in merda, quod nefas est, sua, ut sues teterrimi, convolvuntur. (Il s'agit des alliances incestueuses.)
5. Concile de Tolède en 589. — Canon 5®. Qui vero semper sub canone ecclesiastico jacuerunt, si contra veterum imperata in suis cellulis mulierum, quae înfamem suspicionem possunt generare, consortium habuerint, illi canonice quidem distringantur ; mulieres vero ips8B ab episcopis venumdatse ; pretium ipsum pauperibus erogetur.
Canon 17®. Quibus si tsedium est filios numerosos agere, prius seipsos debent castigare a fornicatione ; nam dum causa propagandse prolis sortiuntur conjugia, hi et parricidio et fornicationi tenentur obnoxii, qui fétus necando proprios, docent se non pro filiis sed pro libidine sociari.
6. Concile de Tolède en 633. — Canon 19®. Perniciosa consuetudo nequaquam est reticenda, quae majorum statuta praeteriens omnem Ecclesiae ordinem perturbavit; dum alii per ambitum sacerdotium appetunt, alii oblatis muneribus pontiûcatum assumunt; nonnulli etiam sceleribus implicati, velsaeculari militiae dediti, indigni ad honorem summum ac sacri Ordinis pervenerunt. De quorum scilicet casu atque remotione oportuerat quidem statuendum ; sed ne perturbatio quam plurima Ecclesiae oriretur, praeteritis omissis, deinceps qui non promoveantur ad sacerdotium ex regulis canonum necessario credimus inserendum, id est : qui in aliquo crimine detecti sunt ; qui scelera aliqua per publicam pœnitentiam admisisse confessi sunt; qui in haeresim lapsi sunt; qui in haeresi baptizati aut rebaptizati esse noscuntur ; qui semetipsos absciderunt aut naturali defectu membrorum aut decisione aliquid minus habere noscuntur, qui secundae uxoris conjunctionem sortiti sunt aut numerosa conjugia fre-
436 LliS APÔTRES.
quentaverunt ; qui viduam vel marito relictam duxerunt ; qui concubinas ad fornicationes habuerunt, etc., etc.
Canon 43. — Quidam clerici legitimum non habénies conjugium, extranearum mulierum vel ancillarum suarum interdicta sibi consortia appetunt; ideoque qusecumque clericis taliter adjunctœ sunt, ab episcopo auferantur et venumdentur, illis pro tempore religatis ad pœnitentiam quos sua libidine infecerunt.
7. Concile de Tolède en 655. — Canon 10*. Cum multa; super incontinentiam ordinis clericorum wsque hactenus emanaverint sententiae patrum, et
.nullatenus ipsorum formari quiverit correctio morum, usque adeo sententiam judicantium protraxere commissa culparum ut non tantum ferretur ultio in auctoribus scelerum, verum et in progenie damnatorum. Ideoque quilibet ab episcopo usque ad subdiaconum deinceps, vel ex ancillsB vel ex ingenuse detestando connubio, in honore constituti filios procreaverint; illi quidem, ex quibus geniti probabuntur, canonica censura damnentur; proies autem, tali nata pollutione, non solum parenlum haereditatem nusquam accipiat, sed etiam in servitutem ejus ecclesiae de cujus sacerdotis vel ministri ignominia nati sunt, jure perenni manebunt.
8. Concile de Nantes en 658. — Canon 3*. Prohibendum et omnibus modis interminandum est ut nullus sacerdos-eas personas feminarum, sicut et in canone insertum continetur, de quibus suspicio esse potest, in domo sua habeat. Sed neque illas quas canones concedunt (quia, instigante diabolo, etiam in illis fréquenter perpetratum reperitur, aut etiam
in pedissequis illarum) scilicet matrem, sororem, amitam...