A. Gubernatis. Mythologie zoologique, t. II, chap. v
pas àla mythologie philosophique : ce qui est très-différeut. Un mythe zoologique est une conception particulière ayant pour objet un animal qui symbolise une force ou une idée particulière, La mythologie philosophique, au contraire, est la conception générale du monde sous forme mystique. Or, c'est à la mythologie philosophique que se rattache le Satan du Catholicisme (Principe du mal en lutte avec le Principe du bien ; conception dualiste de l'Univers). Une telle philosophie était absolument étrangère aux premiers Hébreux, monothéistes purs, qui n'admettaient qu'tm principe : Jéhovah , également dispensateur des biens et des maux : ce qui exclut radicalement l'idée d'un second principe, antagoniste de Jéhovah.
II Cette erreur dénoncée et mise à l'écart, entrons au cœur même de la question. Tout d'abord Satan n'est pas un nom propre , c'est un substantif commun qui signifie accusateur; on doit donc dire, et l'on a dit primitivement: « le satan », c'est-à-dire l'accusateur. Ce simple retour à l'étymologie, accompagné de la traduction française , fait [sur-le-champ pressentir quelles étaient les fonctions de l'ange satan ou ange accusateur auprès de l'Éternel.
Dans l'ancienne théologie, l'Éternel est conçu comme un monarque absolu : les anges sont ses Missi dommici, c'est-à-dire ses inspecteurs généraux. La fonction de l'un de ces inspecteurs généraux est de rechercher les fautes ou les faiblesses des homme»; puis, de faire à Jéhovah sur ces faiblesses un rapport, ou réquisitoire , ou acte d'accusation. Cet inspecteur a reçu, de sa fonction, le nom d'inspecteur accusateur, ou, en langage biblique, Ange