LE SERPENT
Tordu sous les pieds joints de la madone fière Qui Técrase d'un air vainqueur, Le serpent s'anime, et, moqueur,
Siffle et darde ces mots à la fille en prière :
« — Créé pour le poison, malgi'é moi j'en suis l'hôte
Et l'insinuateur fatal. Tandis que l'homme libre est conscient du mal
Qu'il pense et commet par sa faute.
Prends la Nature pour Église Et son murmure pour sermon, Tu sauras si le vrai démon C'est bien moi qui le symbolise
Clémente aux animaux, quand tu les connaîtras, Tu verras que sur terre, en fait de scélérats, Tes pareils sont les plus à craindre :
Et, moi que tu maudis. .. qui sait? peut-être un jour Excusant mon venin par celui de l'Amour, Ton cœur iBnira par^me plaindre. »