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COMBAT DE BŒUFS

Le crapaud s'est caché, quand, près du marécage Les taurins, aux senteurs d'une vache ou d'un loup Se sont mis pêle-mêle à courir tout à coup, Faisant clapoter l'onde et gronder le pacage.

Or, tandis qu'affolé, tout le troupeau beuglant, Ecrasant les ajoncs, la ronce et l'herbe drue, Croule par les bas-fonds, se précipite et rue, Le grand bœuf noir se bat avec le grand bœuf blanc,

•Cette fois, c'est à mort! Les saules et les viornes Avivent leur fureur qu'ils gênent de leurs troncs ; Le choc sourd des poitrails, des côtes et des fronts Se mêle aux ckquetis multipliés des cornes.

Toujours va bondissant Tépouvantable tourbe... Eux s'achèvent, rampants, sans pieds comme des blocs On dirait dans la nuit le combat de deux rocs Au milieu d'un cloaque où leur poids les embourbe.

Mais, avec la clarté magique de lar'lune Revient le plein silence. — Ici, là, le troupeau Eparpille à brouter sa masse lente et brune.

Et déjà ressorti, rassuré, le crapaud

Par saccades Autant, considère en extase

Les deux bœufs massacrés qui saignent sur la vase.

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