LA GROTTE
La profondeur des coins tout grouillants d'ombre froide Y laissait supposer du reptile à foison ; Sous mes pas maint bourbier, comme un lac de poison, Tendait le guet-à-pens de son eau blême et roide.
L'étrangeté des bruits formait à voix couvertes Comme un parler confus, appelant et rôdeur; Des respirations vagues traînaient Todeur Qui monte des caveaux et des fosses ouvertes.
Tel murmure partait de tel objet muet ;
Et l'Animé stagnait, l'Inerte remuait,
Avec ce geste errant qui cherche et qui vous frôle.
C'était l'horreur magique, à craindre qu'une main, ^ <]lelle de la Mort même, en grand squelette humain, Ne s'abattît soudain, lourde, sur mon épaule.
Aussi, lorsque sorti de ce terrible abime Où j'avais pu compter les toc-toc de mou cœur, Je repris mon chemin, — j'en usai la longueur A me redire, avec quelle stupeur intime !
« Nos savants cauchemars, cette vaine pâture Que notre esprit invente à ses besoins d'effroi. Qu'est-ce donc à cùlé du fantastique froid, Du simple monstrueux créé par la Nature ! >