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L'IMAGE

Un soir, à la pâleur d'un méchant luminaire, Remué davantage encor qu'à l'ordinaire, J'examinais le mort, fantôme en cet instant,

Soudain, son œil brilla de la plus tendre flamme, Et je crus voir... je vis celui que j'aimais tant Se décroiser les bras pour embrasser mon âme î

LA BOJVTE

Si rare, c'est la souveraine, La délectable qualité.

Elle-même la Pureté S'incline devant cette reine.

Toute bonté dont la présence Ne subjugue pas les esprits N'est qu'une forme du mépris, N'est qu'un goût de la bienfaisance.

Elle déroute le moqueur, Prend le fou hon moins que le sage :

C'est la violette du cœur Embaumant tout sur son passage.

Rien ne l'aigrit et rien ne l'use, Elle vit sa sére'nité Les yeux sur la fatalité Qu'elle bénit ou qu'elle excuse.

Ce qu'on lui dit, elle le croit, A tout venant elle se donne.

Et, sans réserve, elle pardonne Au crime dont elle a l'effroi.

Ses regards joyeux ou moroses Devant les bonheurs ou les maux Se font doux pour les animaux Et respectueux pour les choses.

La Bonté ? C'est pour notre monde Plein de révolte et de douleur, Ce qu'est l'averse pour la fleur, Ce qu'est le frais zéphyr pour l'onde.

Sa vue à notre esprit sournois Inspire tant de confiance Qu'elle nous soulage du poids Opprimant de la conscience.

Moins mauvais à sa seule approche, Toujours meilleur en la suivant, Certe î à la fre'quenter souvent.

On aurait l'âme sans reproche.

Car, elle devient la compagne Si chère à notre sentiment Que, par degrés d'enchantement.

Elle nous pénètre et nous gagne.

En morale, plus d'un austère Est moins diamant que charbon On peut avoir, sans être bon, Toutes les vertus de la terre.

Au contraire, cette âme sœur Réunissant tous les mérites Offre, comme les marguerites.

Simplicité blanche et douceur.

Elle a dans nos deuils et nos brumes Des baumes toujours épanchés Sur nos cœurs brûlés de péchés, Recroquevillés d'amertumes.

Elle rassure les alarmes, Redonne la compassion, Et la pleureuse émotion Aux déshabitués des larmes.

Le vrai bon change l'atmosphère Autour de tous : au fond de soi L'apaismnent qu'on en reçoit Fait qu'aussitôt on le révère.

Quand il part, il laisse après lui Comme un sillage de tendresse, De placide et claire allégresse Qui rayonne sur votre ennui.

Toujours ses tranquilles paupières Se relèvent sur des yeux francs, Et, quand sa voix plaint des souffrants.

Elle ferait pleurer les pierres.

Il a, semble-t-il, dans son geste Et dans sa parole d'enfant Je ne sais quoi qui vous défend Contre l'Impur et le Funeste.

Ses mouvements comme ses pauses Vous calment, son aspect sourit...

II met du repos dans l'esprit Et de la gaieté sur les choses !

Venant de vous rendre service, Il veut encor vous obliger, Et s'offre, sans peur du danger, Et sans regret du sacrifice.

On dirait, telle est sa constance Dans rindifférence pour lui Qu'il trouve à satisfaire autrui.

Le motif de son existence.

De corps, il peut être tortu, D'une laideur abjecte, énorme, Il est relevé dans sa forme Parla beauté de sa vertu.

Heureux Tenfant, Thomme ou la femme

Qui la possède, la Bonté !

11 régale Thumanité

Avec le meilleur de son âme.

Le penseur et le solitaire Admirent ce trésor du cœur.

Si riche avec tant de longueur, Si simple avec tant de mystère.

D'allure nullement mystique Elle est humaine de tout point, Mais elle ne s'explique point Cette vertu plutôt rustique.

Elle figure à la raison L'apitoiement de la nature Sur la vie et sur sa torture, Suf la mort et sur son poison.

L'inconnu qui nous la dispense* A prévu son heureux effet Et tout le mal qu'il nous a fait Un peu par elle il le compense.

Sans le vouloir est-elle égale?...

Qu'importe ! Honorons son' instinct Qui lui donne chaque matin Cette franche humeur de cigale.

Et même, comme tel méchant Le déclare d'un ton tranchant, Si honte veut dire sottise :

La plus grande gloire ici-has, C'est de garder, jusqu'au trépas, La sainteté de la bêtise...

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