‹ Les appeleurs; piece en trois actesChapitre 22 sur 68 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

JAGQUELIN, GERMAINE, puis MADAME JACQUELIN.

Jacquelin suit Maurice du regard, puis se tourne vers Germaine qui, confuse, cherche à se dérober. Mais Jacquelin l'arrête et la tenant par les deux mains, l'interroge du regard.

JACQUELIN. après une pause, doucement.

Alors, c'est pour lui, Germaine, que tu pries soir

et matin, si longuement? (Germaine au comble de l'émotion, se cache en sanglotant la figure contre Jacquelin. Celui-ci très ému aussi, embrasse Germaine. — Après une

nouvelle pause.) Bien, bien, il suffit... Je vois ta mère qui vient... Laisse-moi seul avec elle.

Il conduit Germaine jusqu à la porte à gauche. Germaine sort. Entre par le fond madame Jacquelin tenant à la main des journaux et une lettre ouverte.

MADAME JACOUELIX.

Voici le courrier! Quel maudit facteur! Arriver tellement en retard!.. Enfin, il apporte une lettre de Pierre I

JACQUELIN

Ahl

MADAME JAGQUELIN.

Qui va bien, parfuilement bien... J'ai lu les premières lignes.

JAGQUELIN.

Tout est là, le reste importe peu... Le reste, c'est delà description, du pittoresque...

MADAME JAGQUELIN.

Je viens de voir à travers le viti'age passer Germaine... Elle revient de chez ses pauvres?

JAGQUELIN.

Oui.

MADAME JAGQUELIN.

Kih bien, rappelle-hi, que nous lisions tous ensemble...

JAGQUELIN.

Non, laissons-la se remettre de son émotion.

MADAME JAGQUELIN, vivement.

De son émotion ?

JAGQUELIN.

Je te conterai tout ça en détail... Elle a eu avec Maurice une entrevue, là, devant moi... Enfin, elle me l'a avoué en sanglotant, elle aime d'un amour profond !

MADAME JAGQUELIN.

Ail! Je le pressentais! Ah! Quelle fatalité!

JAGQUELIN.

Ne t'affole pas !... Comme dans les contes de fées, ils seront très heureux ensemble et ils auront beaucoup d'enfants... des petits enfants pour toi. Annette!

Que me dis-tu là ?

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