ACTE PREMIER -û
JAGQUELIN.
L'avenir! Maurice aiine aussi Germaine, inconsciemment encore, mais je ne lui donne pas trois semaines pour qu'il soit également épris.
MADAMIS JAGQUELIN.
Nous n'allons pas marier notre lille à ce Parisien, à ce garçon qui a des idées de l'autre monde I
JAGQUKLIN.
Ah ! ses idées!... Tu verras si l'amour ne les changera pas^ ses idées I Et tu conviens toi-même qu'il est aimable, bon, intelligent.
MADAME JAGQUELIN.
Trop intelligent pour nous, pour notre milieu rustique.
JAGQUELIN.
Quelle plaisanterie! La routine n'est plus de mode pour les choses de la campagne ! Il faut maintenant dans la culture des gens de progrès... Maurice possède encore quelques bribes de fortune... Puis ce qui prime tout, ce qui coupe court à tout, Germaine l'aime...
MADAME JAGQUELIN.
Ah! mon Dieu!... Mais alors, s'il en est ainsi, pourvu que Maurice s'attache à Germaine! Pourvu qu'il ne s'en retourne pas à Paris!
JAGQUELIN.
Aussi ferons-nous en sorte de le garder prés de nous, d'épargner à Germaine une douleur peut-être au-dessus de ses forces... Ah ! tu crois aux appeleurs, moo garçon ? Eh bien, on va t'appeler et tu viendras I... La nature l'enchante déjà, un rien dans la campagne l'intéresse... puis notre intérieur, notre
bonheur sont là qui, positivement, le fascinent... Tout ira bien, crois-moi... Lisons la lettre de Pierre.
MADAME JACQUELIN
C'est ra, nous recauserons après. (Lisant.) « Mes » chéris, je continue à me porter admirablement et » à vivre assez heureux pour que je me le reproche, » trouvant que je ne devrais ])as l'être une minute, » du moment que je suis séparé de vous. »
JACQUELIN
Par exemple !
MADAME JACQUELIN
Cher petit! (Lisant.) « Mes cliefs sont toujours par- » laits pour moi. (Tournant la page.) Je dois maintenant » vous dire, ne voulant pas que vous l'appreniez par » les journaux et que vous en conceviez quelque in- » quiétude, ijue mon bataillon est expédié demain à » l'intérieur, en vue de mettre à la raison quelques » pirates... » Ah! Seigneur! 11 va se battre! il va être en danger!
JACQUELIN
Continue...
Madame Jaequelin au comble de l'émotion, essaie en vain de lire, puis passe la lettre à Jaequelin.
Non, je ne peux pas... lis, toi...
JACQUELIN, lisant.
« Mais ce sera l'affaire de quelques jours, une sim- » pie promenade militaire, et je i)Ourrai, malgré la » distance, continuer à vous envoyer tous les huit » jours, de mes nouvelles. » Je l'espère bien! (Lisant.) « Les fleurs que je m'amuse à cultiver sont super- » bes, mes bambous aussi... »
MADAME JACQUELIN
Ah ! voilà qui m'est égal ! Dire qu'en ce moment