‹ Les appeleurs; piece en trois actesChapitre 34 sur 68 · ACTE DEUXIÈME o · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME o

l'abbé.

Bonjour, mademoiselle Victoire.

VICTOIRE

Voici, Mtidame, la napi^e et les affaires que vous m'avez dit de prendre.

Ah bien ! (a victoire, montrant les planches placées sur les barriques qui sont sous le hangai-.) NoUS allonS installer le buffet, là, sur ces planches, tu vois, pour la collation, pour la fête des vendangeurs.

VICTOIRE

Je vois, Madame.

l'abbé.

Ah! c'est la fête aujourd'hui?

MADAME JACQUELIN, regardant douloureusement l'abbé à la dérobée.

Oui; c'est la fêle!

VICTOIRE, s'occupant, aidée de madame Jacquelin, à mettre la nappe.

Elle va être tout à lait belle, en plein air, par ce beau temps... Et c'est le gars Loiseau qui doit bisquer d'être au lit, entouré de compresses, au lieu de boustifaillerici comme l'année dernière. Mais à cette époque-là, c'était un brave jeune homme: il n'insultait pas le bon Dieu!

JACQUELIN, très sèchement.

Victoire, une fois pour toutes, je ne veux pas que tu reviennes sans cesse sur cette déplorable affaire, et je te défends, tu m'entends, d'aller encore chez les voisins, chez les fermiers, te réjouir de la mésaventure de Loiseau... Do pareils propos sont odieux

dans la bouche, el tu as une façon contraiieà toute charité de comprendre les choses de hi religion!

VicrrOIRE, après une légère pause.

C'est bon... Je vois que monsieur le curé a encore causé sur moi.

l'abbé.

Gomment?

JAGQUELIN.

Lui? Aucunement! Je te l'affirmel

VICTOIRE

Je sais qu'il m'en veut, jjarce que j'ai pris un autre confesseur dans la paroisse voisine.

l'abbé.

Ah! ma pauvre fille...

VICTOIRE

C'était pourtant mon droit... Nous ne sommes pas, monsieur le curé et moi, du même avis en rien,

JAGQUELIN.

C'est heureux pour monsieur le curé!

VICTOIRE, résolument.

Et pour moi aussi... (\ l'abbé.) Quand je pense, que le dimanclie de l'Assomption, en pleine église, en chaire, vous avez dit aux gens que lu vie était bonne, qu'il dépendait d'eux, de leur conduite, d'être bénis, comme les patriarches de la Bible, dans leurs familles et dans leurs troupeaux!.. Bon sur l'Ancien Testament, ça; mais sur le Nouveau, il est écrit : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » Et que font ils alors, ceux qui vous écoutent? Ils se conduisent bien pour réussir dans leurs affaires, sans songer à leur salut!

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