APPENDICITE A OXYURES INCLUS DANS LA PAROI
M. X.., âgé de 49 ans, est habituellement bien portant, mais sujet à la constipation. Il a eu des oxyures dans son enfance et depuis, jusqu'à ces derniers temps, il en à à plusieurs reprises constaté la présence dans ses matières.
(1) Société médicale des Hôpitaux de Paris, 1909, 12 février.
re
Il présentait depuis plusieurs mois des troubles digestifs vagues et une certaine altération de sa santé, quand, le 29 novembre 1904, il fut pris subitement de douleurs abdominales, avec sensibilité particulièrement vive au point de Mac Burney. Un examen pratiqué à ce moment permettait, en effet, de sentir une induration profonde au côté droit du ventre, dans la région de l’appendice. Sous l'influence du repos, de la diète, des applications locales de glace, ces phénomènes s’atténuent puis disparaissent en une quinzaine de jours. :
Mais une deuxième crise se manifeste le 15 mars 1905, marquée par des nausées, des douleurs dans la région de l’appendice, une température de 58°2.
Le malade est de nouveau soumis au repos absolu, et opéré quinze jours plus tard. À
Les suites de l'opération furent normales. -
A la suite de l'opération, et pendant trois ans environ, on ne ‘trouve plus d'oxyures dans les selles: mais ils ont reparu depuis et n’ont pu être chassés par l’ingestion, plusieurs fois répétée, de thymol.
L'appendice enlevé est entouré de graisse en grande abondance. De longueur moyenne, il se termine par une extrémité amincie, semblable à un cordon fibreux et, à ce niveau, en coupe, la cavité paraît complètement effacée. Les portions moyenne et supérieure, un peu plus grosses et qui conservent leur cavité sur toute leur longueur, présentent une abondante vaseularisation de leur surface péritonéale.
Ce premier examen à l'œil nu nous montre donc à la fois des lésions anciennes, plus anciennes même probablement que ne l’indiquait l’histoire clinique, et marquées par la transformation fibreuse avec oblitération complète de la cavité au niveau de l’extrémité terminale de l’appendice, et des lésions récentes. en rapport avec les derniers accidents d’appendicite aiguë. dont la vascularisation anormale de la surface péritonéale était le témoignage.
L'examen histologique des diverses portions de cet appendice confirme et précise ces données; mais, en outre. il nous
RSR NET
Le 00 permet de retrouver la eause pathogène encore présente, par la constataiton sur les coupes pratiquées au niveau de la portion moyenne encore perméable de l’appendice, d'oxyures, les uns libres dans la cavité, un autre situé dans la paroi même, au centre d'un follicule lymphatique.
C'est une coupe portant à ce niveau que nous prendrons comme exemple dans notre description. \
On y trouve à la fois des lésions anciennes et récentes. La muqueuse, assez bien conservée est cependant, par places, interrompue par des zones de tissu fibreux où les glandes ont disparu. La sous-muqueuse est généralement seléreuse et, à sa partie profonde, elle présente des îlots de tissu graisseux qui la séparent presque sur tout son pourtour des couches musculaires. Ce sont des lésions habituelles des inflammations chroniques de l’appendice. En outre, les follicules Iymphatiques hyperplasiés sont très irrégulièrement conformés ; enserrés, par places, par Je tissu fibreux, ils sont comprimés et étranglés, réduits* à une mince bande de tissu lymphoiïde; en d’autres points, exagérément développés, ils bombent vers la surface en refoulant les glandes. Les couches musculaires sont peu modifiées. La couche péritonéale présente des capillaires dilatés et de petites traînées de lymphangite. Des Ilymphatiques gorgés de leucocytes se rencontrent aussi, mais assez rares dans le tissu de la sous-muqueuse. Nous trouvons, en somme, sur ces coupes, un mélange de lésions anciennes, de sclérose muqueuse et sous-muqueuse, et des lésions récentes hyperplasiées, folliculaires et lymphangites interstitielles et sous-péritonéales.
Au centre de la coupe (fig. 3), dans la cavité de l’appendice, un oxyure obliquement coupé, sans organes génitaux apparents est au milieu de détritus muqueux.
Un autre oxyure coupé en travers (fig. 3 et 4) et dans la paroi même de l'appendice situé au milieu d’une follieule Iymphatique. C’est un follicule tuméfié et saillant très près de la surface de la muqueuse. L'oxyure est en plein tissu, entouré de Ivmphocytes en couche dense tout autour de lui.
Res