‹ Les applications de l'anthropologie criminelleChapitre 17 sur 66 · TRAVAIL DANS LES PRISONS · texte numérisé non relu

TRAVAIL DANS LES PRISONS

1. Le travail, un travail utile et autant que possible productif, étant nécessaire pour les détenus à quelque régime pénitentiaire qu’ils soient soumis, c’est en chaque pays qu’il convient d’examiner, suivant sa situation, comment le travail peut être pratiquement fourni et dirigé pour répondre aux règles et nécessités diverses de l’œuvre pénitentiaire, soit par le système de la régie, soit par le système de l’entreprise.

2. Le travail étant la partie principale de la vie pénitentiaire, doit rester soumis dans son organisation et dans son fonctionnement à l’autorité publique, qui seule a qualité pour suivre l’exécution des lois pénales. 11 ne saurait donc comporter l’abandon des détenus à l’exploitation d’intérets particuliers.

3. D’une manière générale, mais sans qu’il convienne d’imposer des règles absolues, le système de la régie semble faciliter le mieux la subordination du travail, comme de toute autre partie du régime pénitentiaire, à l’œuvre qu’il s’agit d’accomplir. Mais à raison des difficultés que l’organisation des travaux d’intérêt public peut présenter, on peut concevoir que des administrations recourent à des entreprises ou industries privées, pourvu que l’utilisation de la main-d’œuvre ne constitue pas la domination d’un entrepreneur sur la personne et sur la vie d’un détenu.

4. Dans l’organisation des travaux pénitentiaires et particulièrement dans le système en régie, il est désirable que les avantages de la main-d’œuvre pénitentiaire soient réservés à l’Etat, et 1 on peut éniettrc le vœu que l’Etat soit en consé-

LES CONGRES

quence, dans la mesure du possible, à la fois producteur et consommateur des objets confectionnes par la main-d’œuvre pénale. , , . .

Étant donnée Tobligalion stricte de faire travailler les détenus, il est inévitable et nécessaire que leur main-d’œuvre donne des produits utiles comme elle devrait d’ailleurs les donner dans la vie libre. Néanmoins le travail des détenus, s’il est organisé avec discernement, sous Faction d’une administration toujours maîtresse d’en régler les conditions, semble ne pouvoir constituer à l’égard du travail libre qu’une concurrence de faible importance.

Cette concurrence semble surtout ne pouvoir faire équitablement Fobjet de plaintes, lorsqu’il s’agit, soit de travaux agricoles offrant un intérêt public et ayant l’avantage d’éviter le déclassement des ouvriers ruraux, soit de travaux industriels fonctionnant pour l’usage même des prisons ou pour d’autres services publics au compte de l’État.

D’une manière plus spéciale et sans prétendre fixer des règles absolues, on croit devoir recommander :

1 ° Que la main-d’œuvre soit utilisée dans la mesure du possible et sans faire tort aux nécessités de 1 œuvre pénitentiaire, aux besoins mêmes de la vie des détenus et du fonctionnement des prisons ;

2“ Que les avantages pouvant résulter de cette main-d’œuvre soient réservés le plus possible au service de l’État, et ne bénéficient pas à des exploitations ou entreprises privées 5 , 3“ Que la fixation des effectifs’ de chaque industrie dans un lieu déterminé, le choix, la variété et le remplacement de ces indiislrios la détermination des salaires et tarifs du travail,

LOMBROSO. — Appl. de Vanthr,

14(3 Li:s Ar'PLiCATio.N's DE l’anthropologie criminelle

soiV’nL combinés de manière à ne laisser constituer ni protection, ni privilège, ni forces abu- ^ 3 ives capables de déprimer les industries libres correspondantes ;

V One l’auloriLé publique conserve toujours, eu quelque mode d’organisation que ce soit, le mo\ en de parer à toute concurrence abusive qui se produirait, sans réduire les détenus au chôuuige et sans les abandonner à rexploitation ou au pouvoir d’entrepreneurs et industriels quelcoiKpies.

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