‹ Les applications de l'anthropologie criminelleChapitre 4 sur 66 · PROBATION SYSTEM. — MAISONS DE RÉFORME · texte numérisé non relu

PROBATION SYSTEM. — MAISONS DE RÉFORME

Je me suis arrête^ plus peut-être qu’il ne le fallait, sur la déportation, pour montrer combien sont exagérés les adversaires de l’anthropologie criminelle , qui veulent attribuer aux milieux , et seulement aux milieux, l’origine de tous les crimes. Ici les milieux sont changés complètement, mais le crime persiste ; même il s’aggrave, et les remèdes sont pires que le mal.

Faut-il pour cela repousser toute thérapeutique du crime ? Bien au contraire. Pour les criminels-nés, il n’y a pas, vraiment, beaucoup de remèdes.

Il faut alors les séquestrer pour toujours dans les maisons des incorrigibles, ou les supprimer par la potence, lorsque leur incorrigibilité les rend trop dangereux et peut les entraîner à semer plusieurs fois la mort dans le champ des honnêtes gens .

Mais s’ils sont encore jeunes, môme s’ils sont criminels-nés, il y a bien encore des mesures à prendre. Il y a la canalisation de leurs penchants par quelque métier qui assouvisse leurs passions et leur donne un résultat moins dangereux. Par exemple, la boucherie pour les sanguinaires, l’état

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rnililairc qui est bien souvent une boucherie officielle, ou le cirque pour les athlétiques, la prostitution pour les femmes lascives : voilà le seul remède préventif.

Mais les remèdes préventifs, moins radicaux, foisonnent pour les criminels d’occasion, pour les criminaloïdes, surtout pour les femmes. Une excellente institution est pour ceux-ci le « jyrobation si/Htcrn » ou inise en état d'épreuve qui est en usage aux États-Unis, surtout pour les jeunes délinquants (1).

Un jeune criminel, non récidiviste, n’est pas mis en prison, mais reçoit du juge une sentence d’après laquelle, à la première récidive, il doit être envoyé dans une maison de correction et il est mis sous la surveillance d’un agent spécial.

« Une sentence de cette nature donne au « State agent » un droit de surveillance sur le jeune délinquant pendant le temps fixé. S’il trouve que celui-ci ne reçoit pas dans sa famille une éducation convenable et n’y est pas suffisamment surveillé, il poursuit son placement dans une maison d’éducation pour les enfants moralement abandonnés. S’il arrive que le jeune délinquant retombe dans le mal, le State agent le traduit de nouveau devant le tribunal, à l’effet d’obtenir une décision envoyant le sujet en question dans une maison de correction.

^ « Le système qui vient d’être décrit a produit d’excellents résultats : les jeunes délinquants ont presque entièrement disparu des prisons de l’État de Massachusetts et l’on a pu constater que, dans la plupart des cas, il suffit de placer le jeune

{\)A^chroilSamm[\xng gemein der Stadlicher Forfa^^, 1888 .

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