CHAPITRE VI
On donne le nom de détecteurs aux appareils qui, comme le tube primitif de Branly, permettent de déceler les ondes électriques. La façon dont on mettra ces détecteurs en relation avec l'antenne réceptrice dépendra de la nature même du détecteur.
D'une façon générale, on peut employer pour la réception les mêmes montages que pour l'émission, de manière à obtenir la résonance pour la longueur d'onde considérée : montage direct, où le détecteur est intercalé dans le circuit de l'antenne ; montage en dérivation, où l’on prend sur le secondaire luimême les quelques spires nécessaires au primaire de l’antenne; montage en induction, où le secondaire est complètement séparé du primaire.
19 MonrTAGE DIRECT. — Dans le montage direct il n’y a qu’un seul circuit d’oscillations. Le détecteur est intercalé entre la self de réglage et le sol (fig. 23). Au besoin on emploie aussi dans le cireuit de l’antenne un condensateur de réglage (Voir
20 MonrAGE p'iNpucrion. — Un poste d'induction complet comprend dans le primaire une sell d’antenne réglage G placée en série avec l'antenne, un condensateur de réglage, le primaire P d’un transformateur réglable et une capacité réglable C. Dans
le secondaire I, le détecteur D et un condensateur réglable C (fig. 24). (Sous la lettre D on comprend
Antenne
P 01: he
Fig. 23- Fig. 24.
le détecteur proprement dit et les accessoires qui permettent de rendre les ondes sensibles à nos sens.)
3° MONTAGE EN DÉRIVATION. — Le montage en:
dérivation ne diffère du précédent qu'en ce que.
+ one À sé
pan
l'antenne est en dérivation sur le circuit du détec-
teur D comme la figure l'indique (fig. 25). Le primaire P est alors compris entre le point d'attache de l’antenne et le sol. Le secondaire I est constitué par la bobine entière dont P est une fraction.
Fig. 25.
Détecteurs.
Nous ne nous occuperons ici que de trois genres -de détecteurs : 1° les détecteurs thermiques ; 2° les détecteurs électrolytiques ; 3° les détecteurs à contacts solides et à cristaux.
1° Détecteurs thermiques. — Thermogalvanomètre.
Les détecteurs thermiques sont les plus simples en principe, Ils consistent, dans Jeur partie essen-
tielle, en un fil métallique fin, du platine en général, qui s’échauffe sous l’action des oscillations reçues dans l'antenne. L'’échauffement dépend du carré de l'intensité du courant circulant dans le fil et non du courant seulement. On peut donc mesurer par léchauffement du fil toute l'énergie mise en jeu dans l'antenne qui, elle aussi, dépend du carré de l’intensité. Il ne serait pas possible de se servir d’un galvanomètre ordinaire, même si sa sensibilité était suffisante, puisque dans les oscillations électriques le sens du courant change constamment.
Le montage adopté est le plus simple, c'est le montage direct. Le fil à échauffer est mis en série avec l'antenne et la self de résonance. On fait varier celle-ci jusqu'à ce que l’on ait obtenu le maximum d’échauffement.
Comment mesurer cet échauffement ?
On peut mesurer la variation de résistance du fil : c'est la méthode bolométrique que je ne décrirai pas, en raison des difficultés que présente son montage. Elle ne peut être abordée que dans un laboratoire bien installé.
Mais il existe un appareil simple, le thermogalvanomètre, qui peut être mis entre toutes les mains. Son seul inconvénient est son prix élevé.
Thermogalvanomêtre. — M. Duddel place au-dessus du fil fin un couple thermo-électrique Bi petit cadre de galvanomètre très allongé. Ge cadre, suspendu par un fil de quartz, est mobile dans le champ d’un aimant permanent puissant. L’échauftement du fil fait varier la température de la soudure thermo-électrique placée en regard, la boucle est traversée par un courant d'autant plus intense que la variation de température est plus grande (fig. 26). Eile tourne sous l’action du champ magnétique et la rotation est mesurée par la méthode ordinaire. Un
La
Sb fermé par une boucle de platine formant un
petit miroir concave est fixé au cadre et forme sur une règle graduée l’image d’une lampe électrique à filament rectiligne.
La sensibilité du thermogalvanomètre peut être modifiée de deux manières :
1° Le fil à échauffer est amovible. On peut substituer successivement des fils de diverses résistances.
L'appareil dont nous disposons à Nancy est muni de quatre résistances différentes.
C'est celle de 96° qui convient pour les mesures relatives aux signaux FL ;
2° Le fil est placé dans une mon-
ture mobile qui peut être soulevée A plus ou moins à l’aide d'une vis micrométrique.
L'appareil est complété par une monture permettant le réglage du cadre autour de l'axe vertical.
Une pince fixant le cadre permet de transporter aisément l'instrument qui est ainsi d’un usage commode. Afin que la température soit bien uniforme à l’intérieur de l'appareil, l’ensemble du galvanomètre est contenu dans une cage métallique à parois épaisses. La verticalité du tout est assurée par un niveau d’eau.
La seule précaution à prendre est d'éviter les variations de température dues à des courants d'air, rayonnements, etc. À cet effet, il est bon de placer l'instrument à l'intérieur d’une caisse à doubles parois dont l'intervalle est rempli de coton.
Le thermogalvanomètre ne donne de bonnes indications que si les signaux émis sont suffisamment prolongés pour qu'un équilibre thermique puisse s'établir et que le cadre puisse prendre une position fixe. Des émissions de ro secondes du poste de la
Bt||Sb
Fig. 26.
Go LES APPLICATIONS DE LA TÉLÉGRAPHIE SANS FIL
Tour Eiffel à étincelles rares sont parfaitement suffisantes.
Pour une énergie mise en jeu de-4o kilowatts on obtient à 300 kilomètres, pour l'antenne de la Faculté des sciences de Nancy précédemment décrite, envi-