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FRERE I

les oscillations du pendule dé tee. Ce DOTE peut, comme on l’a vu plus haut, être confondu avec une des stations S, et S,. Actuellement, ce point n’est autre que la station militaire de la Tour Eiffel.

À chaque battement elle émet une étincelle qui est écoutée à distance.

On peut, par exemple, convenir que chaque soir, entre le 1 avril et le 15 juin, à des époques de l’année où les parasites ne sont pas encore gênants, le programme suivant sera exécuté à la Tour Eiffel.

Exemple de programme.

21h15. — Envoi d’une série d'appels (+=memme=) pendant une minute pour le réglage des récepteurs.

21h 16 à 21h 17. — Silence.

21h17 à 21h19. — Envoi d’une série de battements pour le réglage de l'émission.

21h19 à 21h 20. — Silence.

21h 20 à 21h26. — Envoi de la première série de battements.

21h 26 à 21h27. — Silence.

21h27 à 21h33. — Envoi de la deuxième série de battements. .,

21h 33 à 21h34. — Silence:

210 34 à 21h 40. — Envoi de la troisième série de battements.

21h 4o. — Fin de transmission.

Réception. — En chacune des stations S, S;, on installe une antenne et un récepteur de télégraphie sans fil avec téléphone. En dérivation, sur les bornes de celui-ci, se trouve le secondaire d’une petite bobine d’induction dont la résistance est convenablement choisie. Le primaire de cette bobine est fermé sur une pile, un microphone et un rhéostat. Le microphone est posé sur le chronomètre qui servira aux lectures et dont la marche et l’état sur l'heure du lieu ont été déterminés avec la plus grande exactitude possible par les observations astronomiques. L'observateur entend les tics-tacs de son chronomètre. Quand il entendra les battements d'émission, il cherchera l'instant des coïncidences,

Émission. — Voici maintenant comment M. le commandant Ferrié décrit l'installation du pendule au poste d'émission (15).

Le groupement des appareils d'émission et des relais est semblable à celui de la fiqure 47 (signaux horaires), mais il n’y a pas lieu de considérer les lignes souterraines puisque l'horloge de l’'Observatoire est, ici, remplacée par un dispositif établi par

M. A. Claude lui-même à la Tour Eiffel (fig. 47). - « Un pendule L’, à période réglable aux environs d'une seconde au moyen d’un poids mobile n', est suspendu en c', il est muni des organes nécessaires pour son entretien électrique d’après les principes donnés et appliqués par MM. G. Lippmann et A Guillet (35). ;

« A cet effet, le pendule porte deux aimants A' qui, pendant les mouvements du pendule, passent de part et d'autre d’une bobine carrée B’. La tige du pendule porte, de plus, deux pièces métalliques f, et £:, cette dernière étant isolée de la tige, tandis que la première lui est reliée électriquement. De part et d'autre sont disposés quatre cercles en fils d'argent, a’, b”, c', d', formant ressort doux, ‘qu’on peut rapprocher ou écarter au moyen dé vis micrométriques fixées sur le support de l’ensemble par des tiges, 1, 2, 3, 4.

‘ « À chaque oscillation complète du pendule, la tige {, vient rencontrer le cercle flexible c’, — le cercle d'a été placé symétriquement pour conserver l’isochronisme des oscillations, — et fermer un circuit électrique comprenant une pile g’, une résistance de réglage R' et les primaires de deux petits transformateurs J’ et [’. Le secondaire de [” est fermé sur la bobine B', celui de J' est fermé sur Les bobines Z' d'un relais. Le contact de celui-ci peut fermer un circuit contenant une pile get un compteur électrique H’. Quand la tige /, du pendule vient fermer le circuit, l’extra-courant de fermeture induit dans les secondaires de L’ et J' des courants. Celui de [” par-

courant B’ agit sur les aimants A et leur donne une impulsion. Celui de J', parcourant les bobines du relais, produit un contact en S’, et le compteur de temps avance d’une division. Quand le pendule revient en arrière, au moment où é, quitte le contact de c’, il se produit un extra-courant de rupture qui induit encore dans les secondaires de I” et J', des courants, mais de sens contraire de ceux qui avaient été produits au moment de la fermeture du circuit. L'action de la bobine B° sur les aimants A’ sera donc de sens contraire de l’action produite au passage précédent, et une nouvelle impulsion sera donnée au pendule, puisqu'il se déplace en sens contraire (°). Le compteur, d’autre part, avance encore d’une division.

« La tige é, ferme, à chaque demi-oscillation, le circuit du relais R, et tous les organes de transmission fonctionnent comme dans le cas des signaux horaires. La durée de fermeture du circuit par & étant convenablement réduite à l’aide des vis micrométriques de 1 et 2, et tous les organes bien réglés, on obtient facilement qu'il ne se produise qu’une étincelle à chaque passage du pendule par la verticale ; on peut faciliter l'obtention d’une seule étincelle en réglant les organes du circuit d'alimentation, et en particulier la self G, de manière à raréfier autant que possible les étincelles. Il est nécessaire de faire ce réglage avec soin pour faciliter l'observation des coïncidences à la réception. Cette observation serait, en effet, moins facile et surtout moins précise, si les signaux comportaient plus d’une étincelle. On pouvait craindre que, le courant employé pour l’alimentation des appareils d'émission étant à quarantedeux périodes, il n’y ait entre les intervalles des étincelles une différence variable pouvant atteindre 1/84° de seconde (une demi-période), l’étincelle ne jallissant qu'après plusieurs périodes du courant, puisque les appareils utilisent les phénomènes de

résonance. L'expérience a montré qu'il n’en était “rien et que les étincelles uniques qui forment chacun des signaux étaient séparées par des intervalles de temps exactement égaux.

« Il importe aussi de régler avec beaucoup de soin la position des deux cercles a’ et b", de manière que les intervalles de temps qui séparent les deux étincelles consécutives correspondant à l’aller et au retour du pendule soient bien égaux, sans quoi il . résulterait des erreurs dans l'observation des coïncidences.

« Pour éviter d’avoir à faire ce réglage assez délicat, M. À. Claude a établi un nouveau modèle de pendule battant la demi-seconde, mais n’agissant sur les divers organes qu'à chaque oscillation complète ; il est ainsi beaucoup plus facile d'obtenir de bons réglages. | = « Pour faciliter le numérotage des points hertziens ainsi transmis, on peut employer plusieurs méthodes ; la plus simple consiste à supprimer une émission sur soixante, c’est-à-dire à couper un des circuits, de manière à éviter le jaillissement des étincelles à 6o, 120, etc.

« Les observateurs retrouveront aisément le numéro correspondant à une coïncidence, car ils. ne peuvent pas faire une erreur de 6o.

« Pour la réception de ces signaux hertziens, on emploiera, comme pour les signaux horaires, un type quelconque de récepteur simplifié, suivant que la distance à laquelle devront être faites les observations sera moins ou plus considérable et que lon aura à se protéger ou non contre les troubles émis par des émissions étrangères. |

« Les premiers essais de la méthode furent faits tout d’abord en 1909, entre la Tour Eiffel et l’observatoire de Montsouris, puis entre ce dernier et l’observatoire de Paris.

« Enfin, en juillet dernier, une série spéciale d’ex-

périences fut entreprise entre Montsouris et Brest pour comparer les résultats obtenus en faisant usage de la télégraphie sans fil d’une part, et d’une ligne téléphonique directe d'autre part, suivant le procédé employé par MM. A. Claude et Driencourt en 1906. Les observateurs à Paris (Montsouris) étaient MM. A. Claude ct Driencourt, à Brest, MM. les lieutenants de vaisseau Tissot et Perret.

« Ces expériences permirent de constater que la précision obtenue était sensiblement la même dans les deux cas, et de l’ordre de 1/100° de seconde de temps, ce qui est largement suffisant. Ces résultats montrent que les erreurs auxquelles on doit s’attendre et qui sont dues à la propagation et aux inerties mécaniques et électriques des divers appareils sont pratiquement négligeables.

« De nouvelles expériences ont été entreprises par le bureau des longitudes entre Paris et Bizerte. Elles ont été d'autant plus concluantes, que la détermination des différences de longitude a été faite par deux séries distinctes d'opérations dans lesquelles les observations astronomiques ont été effectuées au moyen dastrolabes à prismes portatifs ou au moyen de lunettes méridiennes de précision.

« On projette surtout d’appliquér cette méthode, qui permet d'opérer simultanément dans un nombre quelconque de points, pour effectuer des opérations géodésiques à l’intérieur de l'Afrique, au moyen des stations fixes de la côte d'Algérie, de Tombouctou, Dakar, etc., et de postes portatifs emportés par les explorateurs.

« Peut-être sera-t-il possible plus tard non seulement d'effectuer les opérations géodésiques de lancien continent, mais de les relier, à travers l’Atlantique, à celles du nouveau continent (1). »

(1) Journal de Physique, loc. cit.

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