‹ Les applications sociales de la solidarité, leçons professées à L'École des hautes études sociales;Chapitre 3 sur 72 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

M. Alfred Groiset, sous le titre d' « Essai d'une philosophie de la solidarité ^ » .

C'est hien en effet la portée doctrinale de l'idée de solidarité qui fut surtout examinée et mise en lumière dans cette première année d'enquête : on s'efforça de déterminer le sens précis de cette notion nouvelle ou renouvelée, ce qui la distingue des notions voisines de charité et de fraternité, ses rapports avec la morale et avec le droit, son influence sur les idées de justice et d'égalité, sur celle de propriété, la place de la (( solidarité sociale » entre les théories opposées du laissez-faire économique et des systèmes collectivistes, et le rôle, dans l'évolution générale de la pensée morale et politique, de cette conception synthétique d'une «juste solidarité », qui, (( loin de supprimer la liberté, la suppose et la développe dans ce qu'elle a véritablement de respectable et d'efRcace^ ».

En 1902- 1903, l'enquête a été continuée. Elle a porté cette fois sur les (( applications de la solidarité » .

Il a semblé que les discussions de la première année d'études avaient suffisamment élucidé les principes de la matière, et montré comment la solidarité défait qui unit — bon gré mal gré — les hommes Advant en société faisait naître entre eux des obligations réciproques plus étendues, plus complexes que celles où prétendrait se limiter un être indépendant, isolé, ne

î. I vol. in-80, Félix Alcan, 1902.

3. Boutroux, Rôle de l'idée de la solidarité, même volume, p, 285.

PREFACE Vlï

devant qu'à lui-même le développement de ses forces physiques , intellectuelles , de sa puissance sur les choses ; qu'il y avait en somme un échange incessant de services volontaires et involontaires dont le règlement équitable était nécessaire à la paix de la société, des devoirs sociaux — une dette sociale de chacun envers tous — qu'il était indispensable de définir et d'acquitter si l'on voulait assurer à l'ordre social, sa seule base inébranlable — la justice.

Et sans s'attarder plus longtemps aux controverses d'école — quelque intéressantes qu'elles puissent être et quelque nécessaires qu'elles doivent être encore pendant bien longtemps sur un sujet qui touche aussi profondément aux lois générales de la morale et de la politique, il a paru bon de rechercher dès maintenant les conséquences pratiques des principes ainsi définis, de rechercher quelles en seraient dans les diverses parties de la législation ou de l'organisation sociale la portée et les applications, et de vérifier indirectement la justesse de l'idée en en calculant les effets dans les problèmes courants de la vie réelle.

La première, la plus pressante des obligations sociales qui naissent du fait de la solidarité, est l'obligation de protéger la vie humaine contre les risques dus aux causes d'insalubrité que multiplient autour de nous l'ignorance, la négligence, l'imprudence de nos

Applic. de la solidarité. ^ b.

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