Lidzbarski, /. c, p
3. Cf. Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris^ 1906, p. 115.
pour prendre celle de samek et où le san était passé du son primitif de sadé à celui de sin\ Donc, certainement, à une époque postérieure à l'emprunt présumé de l'alphabet par les Grecs*. Puisque l'emprunt du nom des lettres n'a pas été concomitant de l'emprunt de l'alphabet, on ne peut prétendre que le premier impose le second.
Les preuves données en faveur d'un alphabet-type phénicien que nous venons de discuter, étaient suffisantes tant qu'on croyait que les Grecs du second millénaire avant notre ère avaient ignoré l'écriture. Depuis qu'a été démontré le grand usage qu'ils en faisaient, toute l'argumentation est devenue boiteuse.
L'étude de l'alphabet, et en premier lieu celle des alphabets grecs, est à reprendre sur des bases nouvelles. Pour commencer, il faudra renoncer à l'axiome posé par les maîtres de l'épigraphie grecque, à savoir qu'aucune inscription grecque ne peut être antérieure au vu® siècle avant notre ère. M. Froehner en s'appuyant uniquement sur des considérations archéologiques^, s'est déjà élevé contre cette règle arbitraire.
En somme, la question d'origine de l'alphabet reste indécise. L'origine égyptienne, le plus en faveur jusqu'ici, n'est nullement établie. Devant le résullat négatif auquel ont abouti les recherches sur ce sujets il y a lieu de prendre en grande considération l'origine égéenne. Dans celte
1. La correspondance entre ces lettres a été établie définitivement par Tabécédaire de Formelle découvert en 1882 ; cf. Journal asiatique, 1905, I, p. 357, note 2.