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CHAPITRE IV

LE DIALECTE SAFAITIQUE

Particularités grammaticales du safaïtique. — Noms propres. — Formules usuelles des inscriptions. — L'évolution linguistique des Safaïtes est fonction de leur évolution sociale. — Renseignements divers fournis parles textes safaïtiques et les dessins gravés sur roc.

La langue safaïlique est un dialecte arabe voisin de Tarabe ju Coran, ou arabe littéral dont le témoignage le plus an- :îien est fourni au début du iv® siècle de notre ère par l'inscription d'en-Nemâra dont nous avons donné le texte plus laut.

Nous devons insister sur les particularités propres au safaïique pour permettre la lecture des textes. Nous verrons en nême temps, que ces particularités sont le fait d'une évoluioD normale et la connaissance exacte des conditions d'exisence des Safaïtes nous permettra de définir les causes qui >nt déterminé cette évolution.

L'écriture safaïtique ne marque ni les voyelles longues ni es diphtongues. En d'autres termes, les Safaïtes écrivent ou jours defective.

Ainsi, pour les voyelles longues, le mot j'-^ « campement » ^'écrira "11.

Pour les diphtongues la constance de l'écriture defective montre que ce n'est pas là un caprice; elle indique un état avancé de l'évolution phonétique. En effet, dans la plupart des

langues sémitiques, on remarque une forte tendance à contracter les diphtongues : ai en ê ou î, et au en ô. Le fait se constate en phénicien et en hébreu. En arabe classique, les diphtongues sont parfaitement conservées; mais en safaïtique la contraction est complète. Les transcriptions grecques des noms propres safaïtiques Tattestent. Mais, avant d'en tenter une explication, il nous faut l'établir.

aiw — Ex. : en arabe classique fj^. entre ^ parmi; dans l'inscription d'en-Nemâra : "(O.

En hébreu, la contraction est faite dans la vocalisation des Massorètes; mais le j/od ancien est conservé dans l'écriture :

En safaïtique, la contraction est achevée: on écrit : p. Le fait est d'autant plus curieux qu'en arabe moderne la diphtongue est encore sensible : beïn.

De même, le nom propre p-j* Taim^ s'écrit en safaltique

Dm et se prononçait Têm comme le montre la transcription grecque &é[Koç\

au. — Le nom propre (^^', don, offrande^ s'écrira en safaïtique : DK. Si nous trouvons D1^, il faudra lire le dimi-

nutif : ^,/^j' et, en effet, ce nom se retrouve dans les inscriptions sinaïtiques sous la forme I^^IN.

Lettres faibles. — Les anomalies que présentent les lettres faibles en safaïtique ne sont qu'apparentes. Le flottement dont celles-ci font preuve sous l'influence des voyelles, s'est également produit dans l'écriture arabe à une époque ancienne. Ce fait a conduit les grammairiens arabes h adopter le signe conventionnel du hamza. La fixité de ce dernier comme support intermédiaire entre la consonne variable et

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