‹ Les Arabes en Syrie avant l'Islam. Avec 32 figuresChapitre 41 sur 87 · Cf. BU. 318 et · texte numérisé non relu

Cf. BU. 318 et

M, J. Halévy ajustement reconnu le lamed auctoris. Il fau^^t comprendre que l'inscription a été gravée « par un tel, fil — ïs d'un tel, etc.. » Certains textes corroborent cette explica— tion ; on y trouve la formule complète : « Par un tel a éi^ é gravée cette inscription. »

Les textes safaïtiques fournissent un lot remarquable d noms propres arabes antéislamiques dont l'étude est intéres santé non seulement pour la connaissance de la langue, mai aussi par les aperçus qu'on en peut tirer sur certaines con ceptions religieuses.

Une qualité, un défaut , une coïncidence, un rapproche ment comme en surprennent des cerveaux éveillés, mais peu-^cn développés, souvent une invocation à la divinité fixent Tatten tion des parents au moment de la naissance de l'enfant et déterminent le nom qu'il portera. Dans la suite, un surnom, un sobriquet pourra remplacer le nom. Puis le nom ou surnom pourra se transmettre soit au fils soit au petit-fils.

On divise les noms propres en deux grandes classes :

r Les noms simples, c'est-à-dire les noms formés d'un seul mot, substantif, adjectif ou verbe;

T Les noms composés, c'est-à-dire formés de deax ou trois éléments et constituant une phrase. Les noms compo* ses se divisent eux-mêmes en noms théophores et noms non théophores.

Noms simples. — La distinction entre noms simples et noms composés est parfois moins réelle qu'il ne semble. Ainsi Di< « présent » n'est que l'abréviation de Si^Di^ « présent de dieu ». Mais le plus souvent, le nom est vraiment simple.

Ainsi, pour la classe intéressante des noms propres arabes

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formés de noms d'aaimaux, de plantes ou de minéraux. Fait curieux et difficilement explicable, un homme peut porter un nom d'animal au pluriel. Par exemple, à côté du nom propre ^aM, « chien », on conn^il Kilâb, <( chiens », au pluriel. S'appuyant sur ce que les tribus arabes conservent des coutumes très primitives^ Robertson Smith a expliqué ces faits comme des survivances totémiques.

Le totémisme est un état primitif de civilisation dans lequel un clan se considère comme lié à telle espèce animale ou végétale. L'espèce entière, animale ou végétale, constitue le totem du clan. Parmi les règles qui régissent la vie du clan, on signale la défense de tuer et de manger l'animal ou la plante totémique, puis Texogamie ou prohibition du mariage entre individus porteurs d'un même totem^ La religion totémique comprend des manifestations complexes, chants, danses, prières, repas communiels, etc.. qui rayonnent autour de l'idée d'après laquelle l'existence et la prospérité du clan sont liés à ^existence et à laprospérité du totem.

Si l'on admet que les Sémites ont passé par l'état totémique, il n'y a pas de difficulté à tenir les noms propres comme Kalb^ et surtout comme le pluriel Kilâb^ pour des survivances de l'ancien totem.

Il faut cependant reconnaître qu'il n'y a pas de preuve décisive du totémisme primitif chez les Sémites, ce qui ne peut, d'ailleurs, surprendre, car, si haut que remontent nos documents, ils se rapportent à une époque déjà très éloignée du totémisme primitif.

Sans pouvoir démontrer qu'aucune de ces appellations n'est une survivance totémique, M. Noeldeke ne croit pas trouver dans ces noms propres une preuve en faveur du totémisme primitif des Sémites. Ce serait, la plupart du

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