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Fig. 2. — Safâ, parra et Djebel- Haurào.
un ouvrage célèbre, Wo lag das Paradiesl M. Friedrich Delitzsch ne concevait pas qu'un doute pût s'élever sur la mention du Tigre et de TEuphrate dans Genèse^ 11, 14. M. Hommel n'admet pas une solution aussi simple. Il sup-
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pose qae la tradition du jardin d*Éden remonte à des temps préhistoriques, à une époque où les wftdl du désert de Syrie, aojoord*hui desséchés, roulaient une eau abondante et favorisaient une végétation luxuriante. Ainsi le Hiddeqel^ ce nom de fleuve si parfaitement conservé depuis les textes assyriens (Diqlat, Idiqlat) jusqu'à Tarabe moderne (Didjlat) ne désignerait pas le Tigre, mais le Wâdt Râdjil, méchant cours d'eau qui sort du Djebel Haurftn (fig. 2) ou encore la dépression du Djôf dans le nord de 1* Arabie ^
Cette identification ne méconnaît pas seulement les données les mieux établies, elle ne tient aucun compte des conditions géographiques de la région. Nous verrons que le Wâdt Râdjil, à peine sorti du Djebel Haurân, entre dans une région couverte de lave et de blocs de basalte dont la désagrégation n'est pas encore assez avancée pour offrir des terrains de culture. Certes, les volcans de cette région sont d'époque relativement récente, mais bien antérieure à l'apparition présumée de l'homme. Quant au Djôf, toutes les eaux y sont saumâtres et les indigènes y exploitent des couches de sel gemme. Même en admettant un changement de climat, ces régions ne sauraient se prêter à une riche végétation.
Les impossibilités auxquelles aboutissent ces théories en signalent assez la faiblesse. D'ailleurs, les solutions pour la préhistoire ne sont pas du domaine de la philologie et nous n'avons à envisager ici que les faits historiques. En dehors des apports de populations venues du nord ou accidentellement de l'ouest comme les Philistins, nous avons constaté que la Syrie était soumise à une double fluctuation qu'on peut déflnir ainsi : d'un côté, émigration par mer des gens de la
1. Hommel, GrundrUs der Géographie und Geschichte des alten Orients, p. 272.
montagne et de la côte ; de Taulre, immigration des nomades de race arabe. C'est l'action de celte dernière que nous nous proposons de préciser par un exemple.
L'étude de la population safaïtique d'après ses inscriptions nous permettra de saisir sur le vif le mouvement de pénétration des tribus arabes. Normalement, le nomade qui s'installe en pays sédentaire perd sa langue et ses coutumes. A ce degré, nous apparaissent les Nabatéens et les Palmyréniens, en pleine possession des dialectes araméens. Chez les Safaïtes, l'évolution n'est que commencée au moment où ils gravent leurs textes sur les rochers du désert. Us possèdent encore leur langue. Déjà, cependant, ils adoptent des divinités de la région sédentaire, Be*el-Samin et Dusarès^ et, en déterminant grâce aux textes leur champ de pérégrination, nous verrons à la faible amplitude de leurs migrations qu'ils méritent le titre de semi-nomades. Us conservent leur langue, mais ils ne tarderont pas à l'abandonner et, à partir du IV* siècle de notre ère, nous pourrons suivre leur trace dans les noms propres fournis par les textes grecs du Djebel Çaurân.
En dehors de l'intérêt qu'une connaissance approfondie des conditions d'existence des Safaïtes et de leur évolution, présente pour la géographie humaine, en dehors des inférences qu'elle autorise et qui éclairent quelques points obscurs de l'histoire et de l'ethnographie syriennes, les textes safaïtiques révèlent une diffusion insoupçonnée des dialectes arabes antéislamiques qui permet de mieux comprendre la propagation rapide de l'enseignement religieux de Mohammed^ le prophète d'Âll&h.
Au point de vue des cultes arabes antéislamiques, si peu connus encore, mais si importants pour l'étude des représen-