LE LIMES SYRIEN ET L*ART ARABE ANTÊISLAHIQUB
vées par eux comme trophées Ml est plus probable qu'ils les eussent détruites sur place.
D'ailleurs, le paganisme des constructeurs a pris soin dé s'affirmer sur la façade elle-même. M. Glermont-Ganneau a reconnu dans le décor « une sorte de texte en images » qu'il faut lire de droite à gauche, à la mode orientale : « La vigne est d'abord représentée en fleurs, puis se développant graduellement, k divers états de maturité, jusqu'au moment où elle est envahie par toutes les bêtes de la création qui se régalent de ses grappes. Au sommet du dernier (et non du premier) panneau triangulaire et dominant ainsi tout l'ensemble, émerge des pampres une figure humaine, coiffée d'une sorte de bonnet phrygien et ayant un caractère dionysiaque M>. La tête, probablement celle du dieu, qui apparaît ainsi au sommet de la vigne, est posée immédiatement au-dessus d'un animal qui parait être une panthère. Les traits humains sont à peine indiqués par une main malhabile. La coiffure, assez étrange, semble dériver de la cape perse.
Ce n'est probablement pas par simple effet décoratif que la vigne se dresse, dans plusieurs panneaux (fig. 12), entre deux animaux affrontés. On peut y voir l'intention de la caractériser comme l'arbre de vie d'autant mieux que ce thème était commun aux Sémites et aux Persans. Le pied plonge dans un vase, parfois une vasque, où les animaux se désaltèrent. Or, on sait que là source de vie coule au pied de l'arbre de vie.
En résumé, le style et la technique du palais attestent qu'il est antérieur au vr siècle. La décoration prouvé que les
1. BrUnnow, i. c, p. 310-311, contre Strzygowskî, t. c, p. 2?! et 270.