‹ Les Arabes en Syrie avant l'IslamChapitre 40 sur 88 · Durkheim, Année socto/ogfi^iK;, t V, p · texte numérisé non relu

Durkheim, Année socto/ogfi^iK;, t V, p

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temps, un simple signe de bonum augurium^ ce que les Arabes désignent sous le nom de iafâ'oul « augures^ bons présages' ».

M. Noeldeke signale, à ce propos, diaprés une observation de Doughty, que dans tous les pays arabes — aussi bien chez les Chrétiens que chez les Musulmans, — si un enfant tombe malade ou infirme, ou si un de ses frères est mort depuis peu, on donne à cet enfant qui vient de naître un nom d'animal, particulièrement le nom du loup, du léopard, etc. On espère ainsi faire passer dans l'enfant quelque chose de l'endurance ou de la force de l'animal.

L'explication de ce fait par le bonum augurium est insuffisante. Il faut se souvenir que, encore de nos jours en Orient, l'indigène est persuadé que l'âme d'un de ses ancêtres peut revivre dans tel ou tel animal. Comme la métempsychose, la pratique signalée par Doughty est une survivance de la croyance primitive à la communauté de nature entre gens et animaux dont le totémisme est une des formes, à la réincarnation de l'âme sous des enveloppes diverses. La parenté avec les animaux n'est pas limitée aux hommes; dès le début, elle s'est étendue aux dieux qui ont été matérialisés sous une forme animale^ végétale ou même sous la forme d'une pierre. En somme, la pratique signalée repose sur les croyances animisles encore si vivaces chez les Arabes.

Noms composés. — D'abord les noms Ihéophores.

En safaïtique, la plupart des noms propres théophores sont composés avec Sk « dieu ». Les noms ainsi formés sont du type courant : a dieu a donné », « dieu a récompensé », « dieu est grand », etc.

1. Noeldeke, Einige Gruppen semitischer Personenname dans ses Beitràge iur semit. Sprachwissenschaft, p. 74 et s.

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En dehors de Sk, le nom divin Âllâh entre dans des complexes semblables sous la forme apocopée nS. Les autres noms divins qu'on a cru relever en composition dans des noms propres safaïtiques restent douteux.

Les noms propres théophores sont souvent abrégés, sur^ tout par la déformation que subissent les noms familiers ou hypocoris tiques. Ainsi 7t^~Dt< « don de dieu » est abrégé en Dtt « don ». Mais, souvent, l'élément divin est remplacé par une terminaison* : S", H", 1" ou >"•

On a de la sorte «laj ou m^V ou naj pour S«13J « serviteur, adorateur de dieu ». La tendance à la trilittéralité entraîne m6me la disparition d'une des radicales de l'élément non-divin, particulièrement de la troisième radicale. Ainsi 0*t dont on a la transcription Za6aroç serait l'abréviation de n3T déjà abrégé de SkIST « dieu a donné ».

Une autre terminaison très commune *|~ sert à constituer des sortes de diminutifs.

Les noms propres non théophores sont les plus difficiles à expliquer surtout parce que le même nom ne se rencontrant qu'une seule fois, il subsiste des doutes sur la lecture V

11 faut mentionner spécialement les noms propres composés avec un terme de parenté. Ils commencent par 3 ou D et se terminent par le suffixe n de la troisième personne singulier.

La signification d'un nom comme HD^fD « comme son aïeul » n'est pas douteuse. Elle se rattache, tout comme le transfert du nom — notamment du grand-père au petit-fils, — à la croyance primitive d'après laquelle l'âme des ancêtres se réincarnait dans leurs descendants.

Dans les noms propres commençant par 3 l'explication

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