‹ Les Arabes en Syrie avant l'IslamChapitre 6 sur 88 · MommseD, Histoire romaine^ trad. fr., t. XI, p · texte numérisé non relu

MommseD, Histoire romaine^ trad. fr., t. XI, p

Cette politique eut pour résultat de fixer en grand nombre les nomades qui fréquentaient la Syrie, mais il est juste de reconnaître que les Nabatéens avaient préparé la tâche aux Romains.

La pénétration des populations arabes en Syrie a laissé des traces, malheureusement fort confuses, chez les historiens arabes. En dehors des événements les plus voisins de THégire, les renseignements transmis par eux seraient inutilisables sans le secours de Tépigraphie. Nous verrons quel précieux complément celte dernière leur apporte. Gaussin de Perceval dans son Essai sur tllisloire des Arabes avant Vislamisme^ puis Wetzstein dans sonlieiseberichtuberHauran unddie Trachonen ont utilisé les traditions arabes. Plus récemment, M. Noeldeke par sa traduction de T^bari comme par sa monographie sur les princes Ghassanides', et M. Rolhstein dans son étude sur les Lakhmides de Hlra% ont tiré tout le parti possible des sources arabes.

Vers le commencement de notre ère serait apparue en Syrie la tribu des Tenoukhides provenant de l'Arabie méridionale. Les Salitiides les suivirent de près. Nous abordons un terrain historique plus solide avec les Djafnides, connus sous le nom de Ghassanides, également originaires de TArabie méridionale. Ils pénétrèrent dans le IjLaurân et Tautorité des chefs Ghassanides fut reconnue par les Romains, qui les opposèrent aux Lakhmides de IjLlra directement soumis aux Sassanides. De nombreuses constructions sur la lisière du désert ont été attribuées aux Ghassanides. Nous examinerons cette question dans le chapitre suivant.

1. Th. Nôldeke, Geschichte der Verser und Araber zur Zeit dér Sasaniden, Leyde, 1879; Die Ghassânischen Pûrsten aus dem Hause Gafnà's, extr. des Ahhandl. der h. pr. Akademie der Wissensch. zu Berlin, Berlin, 1887.

2. G. Rothstein, Die Dynastie der Lalmiden in al-ffira^ Berlin, 1899.

10 LES ARABES RN STRIB AVANT L'TSLAM

Ce sont certainement des populations venues de l'Arabie méridionale qui ont fondé dans le Ledjft le village de Nedjr&n dont le nom rappelle la ville bien connue d'Arabie \ Le village actuel de Bouraiké^ également dans le Ledjâ, portait à Tépoque romaine le nom de Bope^àO Saôarov, c'est-à-dire Botiraikah des Sabéens*. Toutefois, le fait même qu'on ait désigné un village comme peuplé de Sabéens, indique que la population de cette contrée n'était pas en majeure partie sabéenne. L'onomastique des inscriptions est, en effet, presque entièrement arabe, très rarement sabéenne. Il ne faut donc pas, comme on Ta fait encore récemment, qualifier de sabéennes les ruines du Djebel Haurftn.

L'immigration arabe en Syrie n'était pas, comme on pourrait le croire, uniquement imputable à l'organisation romaine. Les circonstances l'ont simplement favorisée à cette époque et lui ont assuré une allure pacifique. Dès avant l'arrivée de Pompée en Syrie, la ville d'Émèse est au pouvoir d'une dynastie arabe. Ces dynastes, Sampsigeramus, Jamblichus, Azizus, Soemus portent de purs noms arabes; nous les retrouverons dans les textes safaïtiques. A Édesse, régnent des dynastes aux mêmes noms arabes, ce qui explique l'introduction dans cette cité du culte d'Azizos-Phosphoros.

Mais l'exemple, peut-être le plus typique, d'une installation arabe en Syrie nous est fourni par les Ituréens parce que les documents historiques nous permettent de les suivre

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