‹ Les Arabes en Syrie avant l'IslamChapitre 7 sur 88 · Cf. ciraprès p. 34 et suiv · texte numérisé non relu

Cf. ciraprès p. 34 et suiv

2. Waddington, /. c, n« 2396 (cf. no 2393) et notre Mission, p. 252, n» 32.

dans leur mouvement de pénétration. L'Ancien Testament^ range Yetoûr parmi les fils d'Ismaël^ c'est-à-dire parmi les tribus de race arabe. Toutefois, si la Genèse ISxe rhabitat de Yetour dans le désert de Syrie et en Arabie, le livre des Chroniques, de rédaction plus récente^ le place dans la TransJordanie. A Tépoque romaine, nous trouvons les Iluréens installés dans TAnliliban. On les désigne alors tantôt comme des Arabes, tantôt comme des Syriens. Et, en effet, les quelques noms de soldats ituréens que les inscriptions latines conservent, sont en partie des noms araméens, en partie des noms arabes. Parmi ces derniers, il nous suffira de citer HANEL; on le retrouve seulement dans le Ilaurân soit sous la transcription grecque ANHAOC ou mieux ANNHAOC, soit dans un texte nabatéen^ mais surtout en safaïtique Hann 'el.

Les affinités de race entre les Arabes Ituréens et les Arabes de la Trachonitide (Arabes du Çafâ et du Ledjâ) valurent à Zénodore, chef des Ituréens, de voir son autorité étendue par Tempereur Auguste sur la Trachonitide. Il n'est pas surprenant, dans ces conditions, qu'Eusèbe ait confondu Tlturée et la Trachonitide ; mais on a eu tort de vouloir perpétuer cette erreur.

Au cours de la discussion instituée sur le point de savoir quels étaient les correspondants de saint Paul dans son Epilre aux GalateSj à quelles Églises elle fut adressée, M. Ramsay, le savant explorateur de l'Asie Mineure, a prétendu que dans les Actes des Apôtres, xvi, 6, l'expression rîjv ^poy^av xal TaXa- TwtYjv x<«>P«^ ne devait pas s'entendre de deux contrées, la Phrygie et laGalatie, mais d'une région, la Phrygie-Galalie.

1. Genèse^ xxv, 15 et I Chroniques i, 31 ; v, 19. Voir Emil Schûrer, Geschichte von Chalets, llurda und Abilene dans sa Geschichte des jûdischen Volhes im Zeitalter Jesu Christi*, I, p. 707-725.

12 LKS ARABKS KN 8TR1B AYANT L*I8LAH

Gomme une expression semblable se trouve dans l'Évangile selon saint Luc, m, 1 : xsjç 'Iiouporfaç xol TpaxwvCtiîoç x^paç, il fallait de toute nécessité montrer que Tliurée était identique à laTrachonitide. M. Ramsay invoquait VOnomasticon d'Ëusèbe qui, à deux reprises', identifie les deux contrées : 'iToupoCa ii

Depuis l'époque où M. Ramsay soutenait son hypothèse contre M. Emil SchOrer et M. Adam Smith, une inscription grecque a encore contribué à obscurcir la question. Ce texte a été relevé, en double expédition, par M. Rrî'innow h 'Attl près de Kanatha, dans le Ilaurân. Un personnage, ayant le titre de bouleutès^ c'est-à-dire de conseiller municipal, Alexandre fils de Maxime, est qualifié d'ituréen et aussi, comme Ta montré M. Glermont-Ganneau, d'Adraénien\ Doiton en conclure qu'Adraa, une des villes les plus importantes de l'Auranilide, était située en Iturée? Autrement dit, l'Iturée se confondait-elle avec l'Auranitide? Gomment concilier cette conclusion avec le renseignement d'Ëusèbe puisqu'Adraa n'a jamais fait partie de la Trachonitide?

L'explication doit être cherchée dans l'usage, courant chez les Arabes, de porter deux ethniques, l'un visant la ville qu'ils habitent, l'autre rappelant leur lieu de naissance. Précisément, le fait qu'un personnage porte deux ethniques prouve que ces deux ethniques sont essentiellement différents. Notre Alexandre fils de Maxime était de race ituréenne, probablement né en Iturée, mais il demeurait h Adraa.

L'aspect occidental des noms propres Alexandre et Maxime ne doit pas faire illusion. Nous avons dit que le texte était gravé en deux exemplaires. Ils sont identiques à ce détail près que, dans l'un, le patronymique est Maximes et, dans

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