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LE PANTHÉON SAFAÏTIQUB 141

est remarquable que le Coran ne contienne aucune allusion à HobaL

Toutefois, ce raisonnement suppose qu'AlIâh devait être figuré sous les traits d'une idole, ce qui n'est nullement obligé. Il y a, au contraire, tout lieu de penser que si Hobal trouvait une faveur nouvelle sous l'aspect d'une idole, on conservait pour Allah la forme primitive de représentation, celle du bétyle. Mohammed adopta AUdh comme Dieu unique lorsqu'il devint maître de la Mecque et nous avons vu qu^il se contenta d'accommoder le vieux culte de la kabah à sa doctrine monothéiste. Si la pierre noire était le bétyle d'AUâh, on comprendrait pourquoi le Prophète l'a conservée.

Il est assez caractéristique que Mohammed ait répugné, au début de son apostolat, à employer le nom d'Allah. D'après la classification chronologique établie pour les diverses sourates du Coran, il apparaît que le Prophète a d'abord désigné Dieu par l'épilhète ar-Rahmân « le miséricordieux, le clément ». On a même pensé que c'était là le nom d'un dieu du paganisme que le Prophète aurait d'abord préféré à AUâh; mais il n'est pas établi que ce vocable ait dépassé le stade d'un simple appellatif. D'autres savants (Noeldeke, Sprenger, Grtinbaum) l'ont expliqué comme un emprunt au judaïsme. On oublie que la langue religieuse dépassait les bornes étroites des confessions et que l'épithète araméenne rahmanâ est fréquente en Nabatène et à Palmyre ; on la relève également en himyarite*.

Il est donc particulièrement intéressant de rencontrer le dieu AUâh dans un groupe arabe, cinq ou six siècles avant rislâm. Mais, chose étrange; bien que les textes safaltiques nous fournissent à cinq reprises le nom du dieu, nous ignorons comment les Safaïles l'écrivaient. En effet, le nom

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