‹ Les Arabes en Syrie avant l'IslamChapitre 8 sur 88 · Édition Lagarde, p. 268 et · texte numérisé non relu

Édition Lagarde, p. 268 et

2. Clermont-Ganneau, hecueU d'archéologie orientale, IV, p. 118-119.

Taulre^ Uaoudos. Ce dernier doit cacher une erreur decopie^ c'est sans doute Rabbanès qu'il faut lire, nom dont Maximos serait un équivalent assez exacte

Ainsi donc, le texte grec de 'AtU ne peut être opposé aux arguments que M. Emil Schtlrer a fait valoir pour distinguer avec Strabon la Trachonitide de l'Iturée et placer cette dernière, à l'époque romaine, dans TAnliliban.

Antérieurement à notre ère, les Ituréens sont en possession dans TAntiliban d'un royaume dont Ghalcis ('Andjar), dans la Béqa', était la capitale. De là, ils avaient poussé à travers le Liban jusqu'à la côte phénicienne oh ils occupaient le fameux passage du Théouprosopon et même le port de Botrys. Ils inquiétaient Byblos et Béryte lorsque Pompée intervint pour mettre un terme à leurs exactions.

Il est curieux que, de nos jours, les grandes familles du Liban revendiquent une origine arabe. Le fait est à considérer que, dans de nombreux villages, on rencontre la division en Yéméni et en Qaisi — ces deux anciens partis rivaux chez les Arabes. Déjà, quand Alexandre descend en Syrie, on signale que les Arabes occupent le Liban'.

Nous avons vu le parti qu'on peut tirer de l'onomastique révélée par les inscriptions. Ernest Renan fut le premier à appeler l'attention sur ce point. En 1855 paraissaient à New-York dans le Journal de la Société orientale américaine^ douze textes grecs copiés par Porter dans le Haurân. Quel-

1. La copie Brunnôw, MilU und Nachr, d. deutschen Palaestina-Vereins, 1899, p. 84 porte : PAOYA*.' Le nom propre Rabbanès est connu en nabaléen (Rabbàna) et en safaïtique (Rabbân).

2. Ce ne sont pas encore des Ituréens; cf. Schûrer, l. c, I, p. 708, n. 2 contre Wcllhausen.

14 LKS ARABBS EN STRIB AYANT L^LAM

ques mois après, en 1856, Renan publiait un mémoire intitulé : Sur quelques noms arabes qui figurent dans des inscriptions grecques de fAuranitidc. Cette courte notice, presque introuvable, a été réimprimée dans le Journal Asiatique de iSSi.

Les noms propres arabes que fournissaient les textes découverts dans le Çaurân, Renan les retrouvait à Damas, à Émèse, à Palmyre. « Cet envahissement de la Syrie par la langue arabe, expliquait Tillustre savant, correspond à un grand fait historique, je veux dire à l'avènement simultané d'un grand nombre d'émirs arabes dans les villes de Syrie vers l'époque où la puissance romaine commença à s'y établir\ » En réalité, le mouvement remonte plus haut. Renan ajoutait cette remarque dont nous aurons à nous souvenir : « La parfaite correction avec laquelle les noms arabes sont rendus dans nos inscriptions est aussi un fait qui ne doit pas échapper au philologue. Les particularités les plus délicates de la langue arabe y sont observées, et la conformité que ces particularités établissent entre la langue arabe antéislamique et celle qui se parle de nos jours serait faite pour surprendre, si nous ne connaissions d'ailleurs la persistante fixité des idiomes sémitiques*. »

Les milliers de textes qui, depuis, sont venus au jour dans l'Est de la Syrie, tant grecs que nabatéens ou safaïtiques et jusqu'à trois textes arabes antéislamiques, ont brillamment confirmé ces vues inspirées à Renan par douze textes grecs mal copiés et assez inexactement publiés.

La survivance des noms propres arabes chez les Nabatéens parlant l'araméen a permis de liquider la discussion sur l'origine de ce peuple. Fixés dans le sud de la Palestine avec

i. Renan, Joum. asiat., 1882, I, p. 19.

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