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Pétra pour capitale; maîtres, dès le iv* siècle avant notre ère, des routes commerciales entre TÉgypte, la Syrie, TÂrabie el la Basse-Mésopotamie, les Arabes Nabatéens pénètrent peu à peu en TransJordanie*. Vers 85 avant notre ère/ le roi nabatéen Arétas III occupe Damas, alors capitale du royaume séleucide, avec le consentement des habitants et prend., pour complaire à ses nouveaux sujets, le litre de Philhellène.
Pour une haute époque, l'introduction des Israélites en Palestine est l'exemple le plus célèbre d'une inlSltration d^éléments nomades en pays sédentaire. A en juger par les analogies, il est assez vraisemblable que les Israélites ne parlaient pas l'hébreu, dialecte cananéen, avant leur séjour dans la TransJordanie.
Les diverses traditions des Israélites conservent le souvenir de l'ancien état nomade. En particulier, il est intéressant de comparer l'onomastique de la famille abrahamique avec les anciens noms propres arabes dont le safaïlique nous conserve une liste abondante.
Ainsi pour Ismaël, le safaïtique SVDD> est plus voisin de l'hébreu bt<27DlC^> que l'arabe classique. Le nom du père d'Abraham Térah a été rapproché par M. Charles Daveluy du safaïtique Tarait. Cette observation nous parait en tout point justifiée.
Les Massorètes ont vocalisé Térah ; mais les Septante ont transcrit @àpa ; quelques manuscrits donnent 6àppa par suite de la tendance à redoubler la liquide. D'autre part^ comme il est aisé de le montrer, les explications présentées jusqu'ici pour expliquer le nom du père d'Abraham ne sont guère acceptables.
i, Glermont-Ganneau, Les Habaléens dans le pays de Moab dans Recueil d'arch. or,, II, p. 185-219.
16 LBS ARABES BN 8TRIB AVANT L^ISLAM
Térah, on le sait, était fils de Nabor (É?en., xi, 24). Il engendra Abram (Abraham), Nalior et Haran (ibid., 27) dans Ur, ville des Chaldéens (ibid., 28). Puis, il partit deUr pour venir en Canaan, 8*arr6ta en route à Harran, y demeura et y mourut (ibid. ,31-32).
Appliquant la théorie de M. Stucken', renouvelée de Dupuis, auteur de VOrigine de tous les cultes, M. Winckler explique l'histoire des patriarches comme une légende astronomique. Térah serait la déformation intentionnelle de Yérah = assyr. arl^u^ primitivement « le commencement d'une lune ». Ur-Kaçdim, d'où venait Térah, s'identifie à la ville de Ur, dans le sud de la Babylonie, siège d'un culte lunaire. Harran, où mourut Térah, était un autre grand centre de ce culte. Il n'est pas impossible que les légendes des héros aient été parfois contaminées par les mythes astraux ; mais l'erreur est de vouloir tout expliquer ainsi.
Dans le cas particulier qui nous occupe, les Astralmytheriy quelque ingéniosité qu'on y mette, ne donnent pas la clé attendue. Si Térah n'était que la projection du dieu lunaire babylonien, il en résulterait qu'Abraham, son fils, serait le dieu solaire et Sarah la déesse Vénus (Ichtar). Mais les auteurs de la théorie affirment qu'Abraham est également un dieu lunaire et Sarah une déesse lunaire*. Un autre défaut du système est de pouvoir s'étendre à Salil, à Jonathan, à
1. D'après M. Stucken et son école qui compte en Allemagne des savants émérites, les mythes anciens et les vieilles traditions historiques ne seraient que la projection sur terre du ciel astronomique. Les partisans de ce système sont à ce point hynoptisés par lui qu'ils n'hésitent pas à déformer les légendes pour les adapter au cadre de leur théorie. Dans sa pénétrante critique : Fanlaisies biblicO'mythologiques d'un chef d'école t dans Revue Biblique, 1905, p. 5-38, M. Emmanuel Gosquin, le savant folkloriste, a mis en évidence les procédés anti-scientiflques de M. Stucken et l'a convaincu de truquage,
2. Zimmern, dans Keilimschriften und das aile Testament*, p. 364.
David, à Salomon'. Cela rappelle trop la mésaventure de Max MûUer converti en héros solaire.
Uoberlson Smith faisait de Térab un totem, car ce nom aurait signifié « chèvre sauvage, chamois » par comparaison avec le syriaque torf^o. M. Noeldeke n'a pas admis le rapprochement*.
D'après M. Jenson, Taralli serait une divinité qu'il retrouve en composition dans certains noms hittites'.
Aucune de ces théories — nous en passons, — n'est satisfaisante. Il y a donc place pour le rapprochement proposé par M. Daveluy : Térab serait simplement un nom propre d'homme, nom d'origine arabe ou tout au moins employé dans le désert de Syrie.
Qu'il s'agisse des Israélites, des Nabatéens ou des musulmans du y\V siècle de notre ère, la même tentation de la Terre promise les agite et les mêmes difficultés se dressent devant eux. Après un premier effort, qui échoue, contre le sud de la Palestine fortement organisé et hérissé de places fortes, les hordes nomades reprennent leur élan vers la TransJordanie qu'elles enveloppent facilement. Il leur faut s'emparer de toute la contrée à l'est de la mer Morte et du Jourdain avant de pouvoir pénétrer dans le cœur du pays.
A cette pénétration pacifique ou violente mais continue, à cette immigration des nomades en Syrie, correspond une émigration non moins continue des populations du Liban vers la mer.
La montagne, comme la steppe désertique, atteint rapide-