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près exclusivement employé pour la fabrication des boîtes et il est très-convenable pour les tables d'harmonie et les tuyaux d'orgue. Les gros troncs qui vont en samincissant d'une manière à peu près insensible vers la cime fournissent d'excellents mâts,des bois de support et des arbres de moulin. Mais ce bois ne possède pas autant de force de portée que celui moins élastique du Pin et de l'Epicea ; lorsqu'on
Fig. 131. Coupe longitudinale du bois de Sapin, parallèle à un rayon médullaire : a. la limite d’un anneau annuel ; à droite de cette limite le bois d'automne, à gauche du bois de printemps(k ); e. les cellules du rayon médullaire (gros. 200 fois).
Fig. 152. Coupe longitudinale dans du bois de Pin, pratiquée parallèlement à un rayon médullaire : k. fibres ponctuées du bois printannier ; y. cellules de Ja partie moyenne du rayon médullaire, munies de vastes pores simulant des perforations ; +. cellules extérieures du rayon médullaire avec de petites ponctuations et des épaississements à contours déliés.
emploie le Sapin dansles cintrages on a soin, pour empêcher la flexion des poutres, de les faire joindre par leurs extrémités taillées en dents de scie. D'après Bechstein (1), le bois de Sapin surpasserait en durée tous les autres bois de construction (?) et il seraitencore aussi dur que le tissu osseux, après trois ou cinq siècles d'usage. Comme bois à brüler, le Sapin vient après l'Epicea.
Le bois d'Epicea (Picea vulgaris Lix) présente des zones annuelles distinctes; 1l n’est pas aussi blanc que le Sapin, qu'il égale en dureté et en compacité et 1l répand une odeur résineuse. Les rayons médullaires sont composés d'un plan de cellules; ils sont assez longs et, comme chez le Sapin, constitués uniformément; leurs cellules ne sont pas ponctuées. Les cellules ligneuses ou fibres de la racine sont beaucoup plus larges que celles du tronc et elles sont, en conséquence, généralement pourvues de deux rangées de ponctuations. Les cellules du bois d'automne présentent des stries spiraloïdes très-nettes que l'on ne trouve pas chez le Sapin. Ces stries ainsi que les conduits résinifères les uns verticaux, les autres horizontaux, qui manquent totalement chez le Sapin, fournissent deux excellents caractères distinctifs pour le bois d'Epicea. Grâce à sa constitution résineuse, cette essence offre beaucoup d'avantages pour la construction et le chauffage, mais 1l est moins flexible que le bois de Sapin. Ne devenant pas aussi gros que ce dernier, il ne fournit pas à la marine des mâts aussi forts ; par contre il est, par la résine qu'il renferme, beaucoup mieux approprié aux constructions hydrauliques. Il est susceptible d’une très-longue . durée, comme me l'ont témoigné les vestiges de charpentes conservés dans les murs de l’une des plus anciennes ruines de la Thuringe, le château d'Ehrenstein, près de Remda : ce bois était parfaitement intact et il avait seulement bruni. La résine d'Epicea s’extrait de ce bois (voir infra).
Le Pin (Pinus sylvestres) fournit un bois blanchâtre, d’une odeur résineuse et dont la dureté surpasse quelquefois celle des deux essences précitées. Les rayons médullaires sont à une rangée de cellules, mais beaucoup plus courts que chez le Sapin et l'Epicea ; 1ls ont environ 8 cellules de long. Les rangées supérieures el inférieures de ces rayons montrent, lorsqu'on fait une coupe longitudinale qui leur est parallèle, des formes élégantes d’épaississement parsemées de petites ponctuations, tandis que les rangées intermédiaires possèdent de
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(1) Bechstein, Forst-und Jagdwissenschaft. Bd. I. p. 765.
erands pores que l’on pourrait facilement prendre pour des trous (Fig. 132). Le bois du Pin possède, comme celui de l'Epicea, des conduits à résine les uns verticaux, les autres horizontaux, mais la constitution toute particulière de ses rayons médullaires suffit amplement pour le faire reconnaître. Le Pin des Alpes (Pinus pumiho) qui porte, comme le Pin commun une double aiguille mvaginée à la base, produit un bois dont l’anatomie est analogue à celle-ci; le Pin de Lord Weymouth (Pinus strobus), dont chaque gaïîne produit cinq aiguilles, se distingue en ce que les pores des cellules médianes de ses rayons médullaires ne sont pas tout-à-fait aussi vastes ; en outre chacune de ces cellules porte de un à quatre pores, tandis que celles du Pin commun n'en contiennent qu'un ou deux au plus. Le bois du Pin des Canaries (Pinus Canariensis), dont les cercles annuels sont aussi fortement marqués que ceux de nos Conifères, présente des conduits résinifères d’une largeur extraordinaire (90/400 de millimètre de diamètre) et d'autres plus petits et horizontaux dans les rayons médullaires. Les fibres ligneuses du vieux bois sont entièrement remplies de résine solide; les rayons médullaires sont constitués par une rangée de cellules et atteignent une longueur moyenne; dans les rangées du milieu on rencontre des pores assez grands, mais dans les séries extérieures on ne retrouve pas l'épaississement dentelé qui distingue notre Pin et qui n'existe d’ailleurs pas non plus dans le Pin Weymouth. Les fibres sont beaucoup plus larges et beaucoup plus fortement incrustées que chez toutes les autres espèces de Pin que je connais. Il paraîtrait donc que tous les Pinus proprement dits posséderaient deux espèces de rayons médullares ; les rangées extérieures de ces rayons sont ponctuées et, comme les fibres ponctuées, ils perdent leur sève de bonne heure et en même temps le diaphragme de leurs ponctuations; les ransées du milieu, au contraire, possèdent de larges pores, et, d’après la saison, conduisent soit de l’amidon, soit d'autres matières granuleuses mélangées à des gouttelettes de résine: elles se trouvent en liaison avec les conduits à résine verticaux et entretiennent au moyen de ceux-ci un courant de sève à travers le vieux bois. Ces séries cellulaires moyennes des rayons médullaires de Pin se comportent donc comme la généralité des cellules qui constituent les rayons médullaires de l'Epicea et du Sapin. Les conduits résinifères verticaux du Pin des Canaries sont entourés d’un parenchyme ligneux dont les parois transversales sont réticulées. Quant à la racine de notre Pin commun,
elle se compose de larges fibres, souvent pourvues de deux rangées
de ponctuations. Le Pin fournit à la marine ses meilleurs mâts, bien qu'ils n'égalent pas en hauteur ni en force ceux du Sapin; grâce à la résine dont il est comme injecté, il constitue un excellent bois de construction, bien convenable surtout pour les travaux hydrauliques ; commecombustible, ilest à peu près sur la même ligne que l'Epicea. On sait que le goudron du commerce sextrait du bois de Pin. Sa racine surtout est riche en résine, elle fournit des fallots pour l'éclairage et elle est spécialement propre à la distillation du goudron. Le vieux bois du Pin desCanaries est presque impérissable, tant il est imprégné de résine. Les charpentes des vieilles maisons construites à Téneriffe, à l’époque de la Conquête (1402), et les colonnes du Patio aux Grandes Canaries sont encore aussi bien conservées que si le bois venait d’être abattu ; la résine en suinte même encore en été
Le jeune bois de Mélèze (Larix europæa) est blanchâtre ; le bon bois, au contraire, est coloré en jaune rougeâtre surtout dans la racine, et il est alors beaucoup plus dur que dans l'état de jeunesse. Les rayons médullaires sont assez longs (presque 12 cellules) et ont l'épaisseur d'une rangée de cellules qui ont, comme chez le Sapin, une structure uniforme ; on rencontre aussi des conduits à résine verticaux et d’autres horizontaux. Les anneaux annuels sont, en général, plus longs que ceux des Conifères que nous avons cités précédemment ; d'ailleurs le tronc du Mélèze sépaissit plus vite, parce que les nombreuses feuilles aciculaires dont il est revêtu, lui permettent d'élaborer plus de bois que les autres Conifères. Les cellules du bois d'automne sont, comme chez l’Epicea, pourvues d’une bande roulée en spirale serrée. Le bois de la racine est léger et coloré en Jaune ; il est, pour la plus grande partie, composé de cellules de printemps fort larges et qui possèdent souvent trois rangées de ponctuations ; 1l n'est pas rare que ces cellules surpassent trois fois le diamètre des cellules correspondantes du tronc ; aussi le bois de la racine du Mélèze est-il d’une grande légèreté. D'après Bechstein, le Mélèze acquerrait sous l'eau une dureté supérieure à celle du Chêne et de l’Aune et il serait aussi propre que ces essences aux constructions navales.
Le Sapin du Brésil (Araucaria brasihensis), et probablement tous les autres Araucaria, est le seul Conifère que je sache n'avoir pas de cercles annuels et il se distingue par là de toutes les autres espèces encore vivantes. Le bois du tronc présente des fibres très-étroites avec une seule rangée de ponctuations, tandis que le bois de la racine dont les cellules sont 4 à 5 fois aussi larges, montre de 2-4
rangées de ponctuations dont l’auréole est beaucoup plus grande que celle des ponctuations du bois du tronc (Fig. 76). Les rayons médullaires n'ont qu'une rangée de cellules ; ils sont courts et très-faiblement épaissis. Le bois d’Araucaria est particulièrement caractérisé par cette structure des rayons médullaires, l'absence de cercles annuels et de conduits à résine ; quant aux fibres larges à plusieurs rangées de ponctuations, c'est un caractère commun à un grand nombre de racines de Conifères, notamment du Méleèze. Le bois du tronc est très-compact et pesant ; celui de la souche est proportionnellement beaucoup plus léger. La disposition des ponctuations qui, d’après Goëppert, est très-serrée, pourrait à peine être invoquée comme un caractère.
L'arbre géant de la Californie, le Wallingtoma gigantea, a un bois blanc et très-léger, constitué de zones annuelles étroites, mais bien marquées et dans lesquelles le bois d'automne forme une bande d’une faible épaisseur. Les rayons médullaires sont à une rangée de cellules, d’une longueur très-variable (de 1 à 20 cellules) et faiblement épaissis; les ponctuations sont grandes et allongées, les cellules à résine peu nombreuses et les conduits résinifères manquent complétement.
L'If (Taxus baccata) fournit un bois très-compact, pesant et presquimpérissable ; 1l croît très-lentement et forme des cercles annuels très-minces; au lieu de lacunes résinifères, 1} possède des cellules à résine isolées qui correspondent au parenchyme ligneux ; les fibres présentent toutes une bande spirale à enroulement très-large; les rayons médullaires sont longs et à une rangée de cellules. Ce bois est fort recherché des tanneurs: il reçoit un beau poli et, coloré en noir, il est connu sous le nom d'Ebène allemand.
Le parenchyme ligneux résinifère semble être propre aux Conifères qui ne possèdent pas de conduits à résine, par exemple aux Taxinées, aux Cupressinées et aux Cèdres ; il est peu développé chez le Sapin. Les véritables vaisseaux, que l’on ne rencontre pas chez les Conifères proprement dits, commencent à se montrer chez l’'Ephedra. Les perforations rondes, percées dans la paroi transversale oblique des vaisseaux, sont caractéristiques pour ces plantes. — Les vaisseaux cles Ephedra représentent une transition remarquable entre les fibres et les vaisseaux; ils sont pourvus de deux rangées de ponctuations, tandis que les fibres, qui n’ont que la moitié de leur longueur, possèdent une seule série de ces ponctuations. L'Ephedra orme habituellement un simple arbuste, de sorte que son bois est
sans valeur. Le bois de Guetum est encore à peu près inconnu, d'ailleurs comme l'organisation du reste de la plante. Les ponctuations des fibres qui, chez les Conifères, forment le bois de printemps, ne se montrent, en général, que sur la paroi située dans la direction du rayon, tandis que dans le bois d'automne, au contraire, elles se présentent aussi, quoique plus rarement, dans la direction de la tangente (Fig. 75). Chez l'Ephedra, elles se trouvent dans les deux directions. |
Le bois de Chêne (Quercus pedunculata et sessihflora) possède des rayons médullaires de deux espèces, les uns plus larges, les autres plus étroits; les premiers sont déjà visibles à l'œil nu soit sur une coupe transversale soit sur une coupe longitudinale qui leur est perpendiculaire ; 1ls apparaissent, dans ce dernier cas, sous la forme de petites raies minces, verticales, situées l’une à côté de l’autre à des distances déterminées ; le menuisier leur donne le nom de fibres miroitantes (Sptegelfasern). Le bois frais, d'une coloration jaunâtre, se fonce très-rapidement à l'air ; 1l est compact, assez pesant et, vu à la loupe, semble très-poreux à cause de ses larges vaisseaux (15-50/400 mill.) Il se compose de fibres fortement épaissies et de vaisseaux ponctués plus ou moins larges entre lesquels le parenchyme ligneux se présente en bandes et en groupes irréguliers (1). Les rayons médullaires minces sont à une rangée de cellules, ils ont jusque 16 cellules de longueur ; les rayons larges ne sont pas en aussi grand nombre que chez le Hêtre, mais ils sont beaucoup plus longs; placés l'un au-dessus de l’autre, ils forment des rangées verticales ; le cours des fibres ne serpente donc pas chez le Chêne au même point que chez le Hêtre. La moëlle est pentagonale dans la tige et dans les branches (Fig. 61); dans la racine elle est circulaire et à peine distincte (Fig.162). Le bois de la racine est plus léger que celui du tronc ; toutes les espèces de cellules, et particulièrement les vaisseaux, y sont plus larges (presque 90/400 de mill.); les fibres, au lieu d'une seule rangée de ponctuations, en possèdent deux. Les cellules de la moëlle qui, arrivées à un certain âge, se lignifient, lorsqu'elles sont encore fraîches, conduisent de l’'amidon comme le font les cellules des rayons médullaires et du parenchyme ligneux. Les cercles annuels sont distincts, mais, en général, ils ne sont, dans la racine, reconnais-"
(1) Les vaisseaux les plus larges se présentent dans le bois de printemps immédiatement à la limite du bois d’automne, caractère particulier pour le Chène et pour le Châtaignier.
sables qu'au microscope etéquelquefois n'existent pas du tout (dans un morceau de racine de 4 1/2 pouce de grosseur provenant du jardin zoologique de Berlin). Souvent employé comme bois de construction et d'usage, spécialement pour les constructions navales et pour les billes de chemin de fer, le bois de Chêne ne pourrait être remplacé par aucun autre pour certains usages. La grande proportion de tannin qu'il renferme, suffisante, quand 1l est frais, pour noircir la lame d'un couteau, contribue sans doute en partie à lui assurer sa longue durée. Les tonneaux à vins sont presque toujours fabriqués en bois de Chêne (à Madère et aux Canaries on se sert de bois de Chêne d'Amérique) ; à cet effet le bois est fendu en douves suivant la direction du rayon, parce que, sil était divisé dans l’autre sens, le vin suinterait à travers les larges rayons médullaires. On l’emploie pour édifier des charpentes à l'abri de l'humidité; il est de vieux bâtiments où on le retrouve encore intact après plusieurs siècles ; il se conserve d'ailleurs aussi parfaitement sous l'eau; ainsi, le bois d’un navire coulé à fond depuis plusieurs siècles n'était pas corrompu, bien qu'il fut devenu dur comme de la pierre. D'un autre côté le cœur du Chêne se décompose facilement autour de la moëlle, lorsque le tronc ou les branches ont éprouvé de profondes lésions ; c'est dans ce cas l’action combinée de l'humidité et des influences atmosphériques qui amène cette décomposition favorisée par la présence de matières amylacées dans la moëlle, dans le parenchyme ligneux et dans les rayons médullaires.
Depuis quelques années, on imprègne les billes de chemin de fer, pour empêcher leur décomposition, de différents sels métalliques, par exemple de sulfate ferreux (vitriol de fer ou vitriol vert), de sulfate cuivrique (vitriol de cuivre ou vitriol bleu) ou de chlorure zincique. Des essais chimiques auxquels je me suis livré sur des bois de Chêne et de Pin injectés et sous le microscope m'ont convaincu que la solution métallique s'était introduite dans la surface et dans l’aubier du bois, mais qu'elle n'avait pas pénétré plus profondément : je ne suis pas parvenu, à une certaine profondeur, à obtenir les réactions caractéristiques du cuivre, ni par le cyanure ferrico-potassique (ferrocyanate de potasse rouge), ni par le cyanure ferroso-potassique (ferro-cyanate de potasse jaune). Le bois de chêne imprégné de vitriol de fer n'était noirei qu'à l'extérieur et avait conservé à l'intérieur sa coloration habituelle. Les parties intérieures de ce bois, carbonisées et réduites en cendres, ne donnèrent pas non plus de traces sensibles de sels métalliques. Les solutions métalliques ne s'étaient donc
introduites que dans la superficie du boi$et n'avaient nullement imprégné les billes dans toute leur épaisseur. L'imprégnation de la surface peut d'ailleurs complétement suffire et mettre l’intérieur du bois à l'abri de l’action de l'air atmosphérique ; seulement, en pareil cas, la bille mJectée ne peut plus être hâchée ou raccourcie. Dans l'injection des bois par les solutions métalliques, il importe que le bois soit encore frais et contienne de la sève, parce qu'il n’y a que les parties succulentes qui absorbent la solution ; un procédé particulier d’imprégnation, qui consiste à abattre les arbres à la hâche près de leur base et d’entourer la base du tronc avec une solution saline, est fondée sur cette observation (1).L'endosmose qui est ici en jeu, agit avec plus de force dans le bois vivant que la pompe pneumatique sur le bois sec.
Le boisde Chêne-liége (Quercus suber), que j'ai étudié sur un morceau d'un gros tronc provenant des environs de Séville et d’après un arbre qui avait crü à Madère, a la même structure que celui de notre Chêne, seulement les cercles annuels sont moins marqués bien qu'ils soient indiqués par plusieurs rangées de fibres lamelliformeset aplaties dans le sens de la tangente. Les vaisseaux sont larges de 15-40/400 mill. de diamètre. On trouve de gros cristaux dans le parenchyme ligneux. L'écorce de son côté se distingue essentiellement de celle de nos Chênes, par sa formation de liége.
Le bois très-dur du Hêtre (Fagus sylvatica) est coloré en jaune ; on voit, sur une coupe transversale, quil est traversé de larges rayons médullaires qui, sur une coupe longitudinale, se présentent sous la forme de taches courtes, brunes, allongées, verticales et qui distinguent suffisamment cette espèce de bois. Les rayons médullaires larges, beaucoup plus nombreux et en outre plus courts que dans le Chêne, déterminent chezles fibres un cours beaucoup plus contourné. Les rayons médullaires minces se composent d'une ou deux rangées de cellules et ont rarement plus de 12 cellules de longueur. Les fibres sont étroites, épaissies si fortement que la cavité intérieure est souvent bien près de disparaître ; entre-elles on trouve des vaisseaux ponctués assez étroits (12-24/400 de mill.)dont la paroi transversale est rarement scalariforme, souvent perforée d'un trou rond; une certaine quantité de parenchyme ligneux est,en outre, répartie entre les fibres ligneuses Les fibres étroites et fortement incrustées prédominent dans le bois de Hêtre; de là sa grande dureté et son violent pouvoir
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(1) Voyez le Journal polytechnique de Dingler. 1859. y pouy q 5
calorifique. Le parenchymé ligneux, les rayons médullaires et la moëlle renferment de lamidon quand ils sont frais. Le bois de la racine est plus léger, ses cellules sont plus larges et moins épaissies. Le Hêtre ne produit, comme tous les arbres à bois très-compact, que des cercles annuels minces. Sa texture cassante, qui résulte probablement d'un état particulier de son xylogène (matière incrustante), est, en général, un obstacle à son emploi pour les bâtisses : il est, au contraire, fort usité pour les constructions navales, pour les moulins et le charronnage, ainsi que pour certaines applications spéciales, telles que les essieux de roue de voiture ou de moulin : comme combustible, 1l est au premier rang de toutes nos essences. Il se conserve sous l’eau aussi bien que le bois de chêne.
Le Châtaignier (Castanea vesca), très-voisin du Hêtre, fournit également un bois compact et durable qui, par sa structure, se rapproche fort de celui du Chêne. Comme celui-ci, il possède à la limite du bois de printemps, de très-vastes vaisseaux, mais on n'y rencontre pas les larges rayons médullaires. La paroi transversale des vaisseaux ponctués est, comme chez le Hêtre, en général, pourvue d'une perforation arrondie et il est également rare de rencontrer ici des parois transversales laciniées d'une manière scalariforme. Le parenchyme ligneux existe en petite quantité.
Le Charme (Carpinus betulus) possède un bois dont la dureté approche de celle du Hêtre: il n’a pas de rayons médullaires larges, le parenchyme ligneux y forme des rangées simples, et les fibres, trèsétroites, sont, comme chez le Hêtre, fortement épaissies. Les vaisseaux assez larges (15-20/4090 millim.) présentent, sur des coupes longitudinales très-délicates de ce bois, une bande spirale assez plane. Les vaisseaux présentent de grandes ponctuations situées tout près l’une de l’autre et leurs parois transversales sont traversées par un trou rond ; les rayons médullaires, assez longs, sont larges d’une ou deux rangées de cellules dont les parois sont fortement épaissies. Comme chez la plupart des bois très-compacts, la limite des cercles annuels examinée au microscope paraît faiblement marquée. Le bois de Charme est employé, à cause de sa dureté, pour faire des roues dentées, des vis et d'autres objets semblables ; c'est aussi de ce bois que sont faits les coins que les bûcherons emploient pour abattre Les arbres. Comme pouvoir calorifique, il est un peu inférieur au Hêtre. Il n'est guère employé comme bois de construction et 1l prend un beau poli.
Le bois moins compact du Coudrier (Corylus avellana), qui appar-
tient à la même famille, a une structure analogue, maisses vaisseaux, sont dépourvus de bande spirale et ils ont les parois transversales scalariformes.
L'Orme (Ulmus campestris) possède un aubier blanc et un bois brun qui se distingue par la présence de deux espèces de vaisseaux; les uns, larges de 50-60/400 millim., sont nombreux, disséminés et présentent une paroi transversale, traversée d’un foramen rond; les autres n'ont pas plus de 5-15/400 millim. de diamètre, sont ponctués, pourvus d’une bande spirale et se présentent plusieurs ensemble sous la forme de groupes ou de bandes irrégulières. Le parenchyme ligneux n'existe qu'en petite quantité et il est rempli d'’amidon. Les cercles annuels tendent à se confondre par suite de l’'arrangement en forme de bandes des vaisseaux étroits, mais leur existence est néanmoins manifeste (comme chez le Chêne-liége). Les fibres sont très- fortement épaissies ; les rayons médullaires sont à une ou deux rangées de cellules et de longueur fort irrégulière. Le bon bois, qui est très-compact, est souvent employé par les charrons et les menuisiers ; il est aussi convenable que le Chêne pour les travaux hydrauliques ; à l'inverse du Hêtre, qui est très-exposé à souffrir de la piqûre des vers, le bois d'Orme n’est pas endommagé par eux. Venise repose sur un pilotage de troncs d'Ormes et d’Aunes.Comme bois de chauffage, l'Orme est inférieur au Hêtre.
L'Erable (Acer campestre) et le Frêne (Fraæxinus excelsior) donnent un bois compact, durable, traversé de rayons médullaires minces, ayant de 1-3 rangées cellulaires d'épaisseur. Les vaisseaux de l'Erable sont ponctuéset, comme chez le Charme, rayés en spirale; chez le Frêne, ces raies sont moins distinctes et ilne paraît pas exister de parenchyme, au moins ne peut-on pas le reconnaître avec certitude au moyen de coupes longitudinales et transversales. Le bois de Frêne est employé à quantité d'ouvrages de menuiserie, il est également travaillé par les charrons et par les fabricants d'avirons ; il approche du Hêtre comme combustible. Le bois des Erables a reçu les mêmes applications. |
Le Buis (Buxus sempervirens) possède peut-être le plus compact de tous les hois. La limite des couches annuelles, assez visible sous la loupe, sous la forme d’une bande de couleur plus foncée, est moins distincte sous le microscope, parce que le bois de printemps est lui-même fortement épaissi. Les rayons médullaires sont courts, au centre ils possèdent ordinairement deux ou trois rangées de cellules et se ter
minent par une cellule allongée; les vaisseaux sont étroits et rares (15/400 muillim.), avec de très-petites ponctuations et un diaphragme scalariforme ; les fibres sont assez larges et très-fortement incrustées. Le bois de Buis a une grande importance pour la gravure sur bois; il est presque exclusivement employé pour les xyloglyphies ; le meilleur vient du midi de la France etil est probablement originaire d'AIgérie.
Nos arbres fruitiers appartenant aux genres Pyrus et Prunus donnent un bon bois d'usage spécialement employé pour les ouvages de menuiserie et pour la fabrication des mobiliers ; ce bois prend un beau poli et chez le Pommier, le Poirier, le Cerisier et le Prunier, il montre des flammes semblables à celles de l’Acajou. I se distingue, au microscope, par ses vaisseaux beaucoup plus étroits (pas plus de 15/400 de millim. de large) et par ses rayons médullaires plus longs et plus minces, et par conséquent moins renflés au milieu. Le parenchyme ligneux est réparti entre les fibres et paraît être plus abondant chez le Pommier et le Poirier que chez le Cerisier et le Prunier, où il n'existe qu'en faible quantité. Chez le Prunus lusitanica, une couche en forme de bande de ce parenchyme constitue la limite des cercles annuels. Les vaisseaux sont ponctués et1ls sont garnis d’une élégante bande en spirale chez tous les Prunus (Cerisiers, Pruniers, etc.)
Le bois de Noyer présente sur la coupe transversale une disposition rubanée qui est déterminée moins par les cercles annuels qui ne sont séparés que par environ trois rangées de fibres lamellaires, que par le parenchyme ligneux disposé en forme de ruban entre les fibres plus étroites et plus solidement incrustées. Les rayons médullaires possèdent de 4-5 rangs de cellules; les plus étroits sont courts et moins nombreux que les plus larges, qui sont de 2-4 fois aussi longs que larges et par conséquent ventrus. Les vaisseaux larges (75/400 millim.)dontles paroislatéralessont couvertes de grandes ponctuations, sont, en outre, traversés par un trou circulaire. Le vieux bois d'un aspect gris-brun est souvent employé pour les objets mobiliers et vient en grande partie d'Espagne. On peut à peine le distinguer anatomiquement du bois de Noyer d'Amérique (prétenduement du Bertolletia excelsa), qui vient dans le commerce en blocs énormes et qui lui ressemble très-fort par la couleur et. l'aspect extérieur, mais qui est plus compact et plus pesant; en outre ses vaisseaux sont plus étroits et ses rayons médullaires plus courts. Les deux bois sont employés aux mêmes usages.
Le Bouleau (Betula alba) donne un bois mou mais tenace : ses vaisseaux, assez larges, sont formés de cellules courtes, et sont couverts de ponctuations très-petites et très-serrées; leurs diaphragmes sont découpés d'une manière scalariforme; les rayons médullaires sont courts et larges de 1 à 4 rangées de cellules. Les couches annuelles sont nettement marquées. Ce bois est particulièrement en usage chez les sculpteurs et les tourneurs.
Le bois des Légumineuses arborescentes paraît être souvent caractérisé, comme celui de l’Orme, par l'existence de deux espèces de vaisseaux ; ici aussi les plus étroitsse présentent plusieurs ensemble et sont disposés en forme de bandes ; ils sont de plus ponctués et pourvus d'un cordon spiral, comme par exemple chez l'Ulex, le Spartium et le Genista. Ge bois est, en outre, caractérisé par des rayons médullaires relativement larges, ainsi que par d'amples vaisseaux. Chez les Robrma, (rledischa, Haematoæylon Campechianum (bois de Campèche), Caesalpima echinata (bois de Fernambouc), le parenchyme ligneux produit dans le bois une apparence rubanée qui est plus apparente encore chez l'Erythrina. Les fibres des bois que nous venons de nommer sont, en général, fortement épaissies et, comme à l'ordinaire, le parenchyme ligneux ne possède ici que des parois beaucoup plus minces. La plus grande quantité de matière colorante des bois de teinture se trouve amassée dans les rayons médullaires et dans le parenchyme ligneux. |
Le bois d’Acajou (de Saint-Domingue), produit par le Swreteria Muhagon et renommé à cause de sa belle couleur brune, présente sur une coupe transversale denombreuseslignes concentriques plus claires qui résultent d’une disposition rubaniforme du parenchyme ligneux : ces stries sont tantôt plus nombreuses, tantôt plusrares, ce qui fait varier la valeur du bois. Les vaisseaux, qui sont assez larges (40-60/400 millim.) sont isolés ou accouplés, rarement disposés par rangées de trois à côté l’un de l’autre sur un même rayon; leur paroi latérale est fortement incrustée et couverte d’une ponctuation très-fine et trèsserrée. Les rayons médullaires, de 3 à 5 cellules, sont larges et courts par conséquent renflés au milieu. Une résine brune suinte dans les vaisseaux et se montre aussi Ça et là dans les rayons médullaires. Ge bois est pesant ; il se distingue de l’Acajou du Honduras qui doit appartenir à un autre arbre et quiest plusléger, par des bandes beaucoup plus minces et plus nombreuses de parenchyme ligneux et par des vaisseaux notablement plus étroits. Dans l’Acajou du Honduras, ces
LE BOIS ET L'ÉCORCE DES ARBRES. c
vaisseaux ont une largeur qui va jusqu à 130/400 mill. et leurs ponctuations sont beaucoup plus étendues. Ces bois se distinguent encore par desrayons médullaires qui, chez le dernier, sont beaucoup plus longs et moins renflés : les vaisseaux et les fibres sont ici remplis d'une résine brune.
Le bois de Palissandre laisse voir sur la coupe transversale une suite de rayures concentriques serrées l’une contre l’autre et semblables à celles de l'Acajou; ces rayures sont produites par des bandes de parenchyme ligneux interposées entre des fibres fortement épaissies.Ce bois présente ,en outre ,des dessins irréguliers d’une couleur foncée ,qui proviennent d’un surcroît de coloration dans les fibres. Les vaisseaux sont isolés et larges (100/400 millim.); leur paroi latérale est couverte d’une puissante ponctuation ; les rayons médullaires épais de 2-3 cellules sont courts et environ deux ou trois fois aussi longs que larges. Le bois de palissandre est-très compact et pesant; sa valeur augmente avec le foncé de la couleur et la beauté des dessins. Dans le bois bien foncé, probablement le plus vieux, 1l existe des groupes de cellules qui sont remplies d'une substance résineuse d'un brun foncé et représentée, dans les vaisseaux, sous différentes couleurs, depuis le jaune le plus clair jusqu'au plus brun, au bleu et au vert; cette substance est, en général, à peu près incolore au centre du vaisseau et très- foncée dans le voisinage des parois. Les groupes des cellules qui pro- duisent les dessins foncés sont uniformément colorés en brun.
Quelques Lauriers de Madère, par exemple le Til (Oreodaphne fœtens) et le Vinhatico (Persea indica), dont le bois a la plus grande ressemblance extérieure et anatomique avec l’Acajou de Saint-Domingue et celui du Honduras, fournissent également d'excellents produits manufacturés. Le bon bois noir du Til est encore plus foncé que celui de Palissandre. Les flammes qui embellissent ces différents bois proviennent des bandes de parenchymeligneux ; celles du Cerisier ,du Pommier et du Noyer résidentégalement dansles cercles annuels. Quant à la pyramide de flammes quiest d’une si grande importance dans le placage de ces bois et qui détermine la valeur vénale des blocs d'Acajou, elle provient d’une division du tronc en forme de fourche ; elle tire son origine de l'axe de la fourchette et s'étend en largeur et en hauteur proportionnellement à l'angle de la bifurcation ; le cours du bois est Le plus irrégulier à l'endroit où les deux branches se réunissent sur une coupe tangentielle, suivant laquelle on obtient les plaques; le bois de bout (bois coupé transversalement) se trouve donc tout près du bois de long (bois
coupé longitudinalement) : ce qui donne lieu aux flammes estimées en ébénisterie. Les points et lesstries foncées qui relèvent ces bois quand ils sont polis représentent des vaisseaux coupés transversalement.
Le bois d'Ebène (Diospyros ebenum), de même que le bois des queues de billard qui appartient probablement à une espèce d’Acajou et le bois de Grenadille(Punica granatum), dont on fait en Espagne les meilleures castagnettes, ont, à l’état d'aubier ou de bois jeune, une couleur blanchâtre ou claire; il n'y a que le bois qui revête une coloration foncée, et que le viel ébène qui soit complétement noir. Si lon examine ces bois à l'endroit où l'aubier passe à l'état de bon bois, on reconnaît que l'ensemble des cellules qui le composent sont enduites à l'intérieur d’une masse noire et charbonneuse qui pénètre partout dans les canaux poreux comme dans l'espace vide des ponctuations vasculaires, de sorte que tous ces tissus semblent imprégnés d'une matière colorante noire. Cette carbonisation du contenu cellulaire et de la couche intérieure d'épaississement qui n'est pas encore lignifiée, part du centre et s'étend ensuite vers la périphérie jusqu'à ce que finalement les cellules paraissent entièrement teintes en noir dans toute l'épaisseur de leur paroi. La carbonisation semble partir du parenchyme ligneux et se propager de lui vers les fibres et vers les vaisseaux. Ce parenchyme ligneux contient, comme nous savons, une grande quantité d'hydrates de carbone dont la composition chimique se transforme facilement et l’on rencontre dans les vaisseaux du bon bois des masses noires excrétées. Si l'on fait bouillir des copaux d'ébène avec une lessive alcaline, celle-ci se colore bien en brun, mais même après une ébulition prolongée avec une seconde lessive alcaline, la coloration noire du bois ne disparaît pas complétement. D'après Mulder, le bon bois contient de l'acide ulmique ; les observations faites sur le bois d'ébène, et que nous venons de rapporter, semblent confirmer cette opinion ou du moins démontrer la transformation de la substance incrustante de certains bois en un charbon d'ulmine. La nigressence du bois d'ébénereposeuniquementsur cettetransformation; la coloration foncée du duramen d’autres essences, telles que le Chêne et le Mélèze, pourrait bien provenir d’une modification chimique analogue du xylogène. Le Til (Oreodaphne fœtens) confirme également cette opinion en ce que son aubier blanc et inodore se transforme insensiblement en un bon bois très-foncé et presque noir qui, dans un tronc fraîchement abattu, répand une odeur nauséabonde résultant indubitablement d'une modification chimique concommitante avec le
changement de couleur. Les rayons médullaires à une rangée de cellules du bois d'ébène sont remplis de grands cristaux.
Les Saules et les Peupliers fournissent des bois d'une moindre dureté. Les fibres de ces deux espèces (Sahix fragilis et Populus nigra) sont larges et faiblement épaissies; les vaisseaux ponctués sont traversés d’un trou rond (je crois avoir observé une fois chez une autre espèce de Saule des cloisons scalariformes que Hartig figure également) (1). Les rayons médullaires, composés d'un plan de cellules, sont plus courts chez le Saule que chez le Peuplier; malgré cela le bois de ces deux arbres est difficile à distinguer anatomiquement. Il est employé à la confection de quantité de meubles, mais peu en usage dans les constructions. Le charbon de Tremble (Populus tremula) sert à la préparation de la poudre commune, tandis que les menues branches du Padier (Prunus padus) et dela Bourdène(Rhamnus franqula) fournissent le charbon nécessaire pour la fabrication de la poudre fine. Les baguettes de l'Osier (Sahix viminalis) sont très-convenables pour faire des cerceaux et des objets de vannerie.
Le bois d'Aune {Alnus glutina) et de Coudrier {[Corylus avellana) ont ensemble beaucoup d’analogies anatomiques. À l'œil nu on croit voir sur la coupe transversale, comme chez le Chêne et le Hêtre, de larges rayons médullaires, mais ils disparaissent sous un examen microscopique. Les raies claires qui s'étendent de la moëlle à l'écorce à travers le cylindre ligneux et qui simulent des rayons médullaires, sont produites par des parties ligneuses où les vaisseaux font totalement défaut. Les rayons médullaires proprement dits sont, chez l’Aune et chez le Coudrier, formés d'un ou de deux plans de cellules; les vaisseaux, nombreux dans certains endroits déterminés du bois, ont une ponctuation très-fine et fort serrée, et une cloison transversale oblique et scalariforme; le parenchyme ligneux est rare et ne se distingue que sur une coupe longitudinale radiaire. Le bois de Coudrier est plus compact que celui de l’Aune et les chevrons du diaphragme scalariforme de ses vaisseaux sont plus éloignés que chez ce dernier. Les rayons médullaires du bois d'Aune sont remplis d’une matière brun-rouge et son aubier blanc se colore rapidement de la même nuance à la surface, ce qui ne se manifeste pas chez le bois de Coudrier: il se conserve longtemps sous l’eau, ce qui le fait rechercher pour les constructions hydrauliques, mais il se décompose, au contraire, avec la
(1) T. Hartig, Naturgeschichte der forstlichen Culturgewächse.
plus grande facilité sous l'influence de l'atmosphère. Il est employé à divers ouvrages de tour, de menuiserie et de ciselure; comme combustible, il est loin d'avoir la valeur du Hêtre, mais il surpasse beaucoup le Saule et le Peuplier. Les baguettes de Coudrier sont employées aux ouvrages les plus fins de sparterie pour lesquels elles peuvent être néanmoins remplacées par plusieurs espèces de Genêt, entre autre par le Spartium Scoparium, qui, à Madère, constitue presque à lui seul d'épais tallis, dans la partie méridionale de l’île, à une altitude de 2-3000 pieds supramarine (Fig. 21.)
Le Tilleul (Tihia paruwfoha) et le Marronnier (Aesculus Hippocastanum) possèdent un bois blanc et léger. La cloison transversale de leurs vaisseaux ponctués est traversée d’un trou rond: chez le Marronnier, il existe des bandes spirales, fort délicates et correspondant à celles des Prunus; les vaisseaux ponctués du Tilleul sont, au contraire, pourvus d’une bande spiraloïde très-fortement développée et largement enroulée. Les fibres de ces deux bois sont larges et peu Incrustées. Le bois léger du Tilleul est souvent employé par les tourneurs, les menuisiers, les ciseleurs et les sculpteurs qui emploient, d'ailleurs, le Marronniersauvage aux mêmes usages; tous les deuxse décomposent rapidement dans l'eau.
La Vigne {Vitis winifera) possède un bois d'un caractère tout particulier. Des rayons médullaires très-longs et très-larges traversent le cylindre ligneux qui contient de longues fibres épaissies en forme de spirale et un parenchyme ligneux sans bande spiraloïde mais formé de courtes cellules, dont les cloisons transversales et horizontales sont extrêmement délicates et échappent facilement à l'analyse. Les larges vaisseaux de la vigne présentent toutes les formes intermédiaires entre la trachée et le vaisseau ponctué en passant par le vaisseau scalariforme. Les larges rayons médullaires, ainsi que létui de la moëlle et le parenchyme ligneux sont en hiver remplis d'une grande quantité d’amidon. Les pleurs abondants que la Vigne déverse au printemps proviennent de la grande quantité de matières nutritives amassées en automne qui, en se résolvant au printemps, amènent une puissante aspiration d'eau dans le sol.
Enfin le Platane {Platanus occidentalhs) possède un bois blanc, assez compact mais léger, ses rayons médullaires sont visibles à l'œil nu et formés de 4-5 plans de cellules; les plus jeunes n'en renferment qu'uneou deux rangées, mais ils s’élargissent dans les cerclesannuels postérieurs jusqu à devenir de larges rayons médullaires qui, comme
chez la Vigne, acquièrent une longueur considérable. Les faisceaux ligneux épais contiennent, à côté de fibres fortement incrustées, de nombreux vaisseaux ponctués dont la paroi transversale est scalariforme (15-24/400 mill. de large) et du parenchyme ligneux qui, sur une coupe longitudinale tangentielle, est distinctement visible. Les rayons médullaires de l’aubier contiennent beaucoup de matière amylacée; les couches annuelles sont fort tranchées bien que les ranagées de cellules d'automne soient peu nombreuses. Le bois de Platane est susceptible de prendre un beau poli.
Connaissant actuellement la structure intérieure et les emplois techniques de nos bois les plus importants, nous pouvons jeter un regard en arrière sur les rapports qui existent entre les caractères anatomiques et les propriétés particulières de ces arbres, ainsi que sur les affinités des familles auxquelles ils appartiennent.
On juge assez bien du degré de dureté d’un bois par la quantité de ses fibres et leur degré d'épaississement. Le bois d'If qui ne se compose que de fibres fortement incrustées, et le bois de Buis dont les fibres sont également toutes fort épaissies et qui ne contient pas de vaisseaux, sont au nombre des bois les plus durs. Le bois du Brosimum guanense, de la famille des Antocarpées, dont les vaisseaux peu nombreux sont à leur tour remplis de cellules, lesquelles sont, comme les fibres de cet arbre, incrustées et lignifiées presque jusqu’à disparition de leur cavité intérieure, constitue le bois le plus dur que je connaisse ; 1l s'enfonce sous l’eau et, brûlé, 1l laisse un squelette de carbonate calcique. Le bois de Teck (Tectona grands de la famille des Verbénacées) dont les Anglais bâtissent leurs vaisseaux depuis ces derniers temps, et à la culture duquel ils donnent de grands soins dans les Indes occidentales, doit aussi être rangé au nombre des bois les plus durs ; il abandonne une cendre très-riche en carbonate calcique ; en outre ses vaisseaux et son parenchyme ligneux sont cà et là imprégnés d'acide silicique qui persiste, après la combustion, sous la forme d'un squelette siliceux de cellules. Le bois le plus léger que je connaisse est fourni par la racine de l’Anona paludosa ; 11 peut rivaliser avec la moëlle de Sureau ; sauf quelques vaisseaux bien rares et quelques bandes minces de parenchyme ligneux, il se compose exclusivement de cellules larges et courtes, très-faiblement épaissies, qui tiennent la place des fibres. Le bois de tronc des Anona est aussi d'une extrême légèreté, cependant ses cellules sont plus étroites. L'Aeschnomene paludosa et le Carica Papaya possèdent également un bois très-
tendre dans lequel 1l n'y a que des vaisseaux lignifiés. D'un autre côté la constitution chimique de la matière incrustante des fibres ainsi que la présence de substances minérales ont de l'influence sur le degré de dureté des bois. Les bois de Hêtre et de Charme, par exemple, se débitent tout autrement que les troncs de Chêne, ils sont beaucoup plus secs et plus cassants ; la matière incrustante de leurs fibres paraît être très-h yaline surdes tranches suffisamment minces; leurs coupes transversales préparées pour le microscope s'enroulent sur elles-mêmes tandis que chez beaucoup d'autres bois elles se déploient dans l’eau.
Dans notre climat, la formation du bois est sous la dépendance des saisons et par conséquent sous l'influence indirecte de la périodicité du développement des Jeunes pousses. Tant que celles-ci croissent encore en longueur et que les feuilles ne sont pas entièrement étalées, l'arbre emploie à ces deux usages la plus grande partie de la matière nutritive dont il dispose. De à vient que le bois du printemps est toujours plus tendre que celui qui se dépose plus tard et dont les cellules sont fortement incrustées ; ce dernier constitue le bois d'automne. Un arbre dont les rameaux s'allongent pendant longtemps et dont les bourgeons terminaux se ferment tardivement, comme par exemple le Tilleul, l'Aune, le Bouleau, le Coudrier, etc., ne se met que tard à élaborer du bois d'automne ; au contraire, cette élaboration commence plus tôt chez ceux dont les bourgeons se ferment de bonne heure. Dans la racine dont l'allongement cesse beaucoup plus tard que celui du tronc, la formation du bois de printemps se prolonge davantage encore (chez le Chêne, le Hêtre, le Sapin, le Pin, etc.). Le bois printannier a des fibres larges faiblement épaissies, tandis que celles du bois automnal sont fortement incrustées (Fig. 75). Une conséquence naturelle de ce fait c'est que les bois légers, composés en majeure partie de bois de printemps, présentent des couches annuelles plus larges que celles des bois lourds chez lesquels le bois d'automne prédomine. Tous les arbres qui croissent rapidement en hauteur et en diamètre, ont un bois tendre, tandis que tous ceux qui croissent len— tement donnent un bois pesant. Tous les arbres tropicaux qui ferment leurs bourgeons fournissent un bois dans lequel on distingue des cercles annuels (Adansonia, Bombax), tandis que ceux qui croissent sans interruption ne montrent pas de cercles annuels. Dans tous les cas l'existence de ces zones annuelles ne peut être déterminée que par les couches alternatives de bois d'automne et de bois de printemps complètes et nettement limitées tout autour du tronc. On peut
rencontrer dans une même famille, par exemple chez les Laurinées de Madère qui sont toujours vertes, des espèces munies de cercles annuels (Laurus Canariensis), d'autres qui en sont dépourvues (Persea indica, Phœbe barbusana), et certaines où il n'en existe que des indices (Oreodaphne fœtens).
La station et la constitution du sol doivent également entrer en ligne de compte pour la valeur d'un bois. Ainsi le Pin par exemple, lorsqu'il croît isolé et à l'aise, produit plus de branches ques’il pousse dans un endroit sombre et renfermé : dans le premier cas les cercles annuels sont plus larges maisle bois est plus léger que dans le second où les cercles annuels sont plus étroits. Ce fait résulte de ce que dans les cercles annuels les plus larges le bois de printemps prédomine toujours notablement. La constitution du sol influe aussi sur les dépôts des matières minérales qui s'effectuent dans les tissus ligneux.
Les différences entre le bois de printemps et le bois d'automne sont surtout sensibles chez les Conifères dont les cercles annuels sont en conséquence fort distincts. Un tronçon de tige, épais de quelques pouces seulement, peut se cadraner non-seulement dans la direction des rayons médullaires, mais aussi à la limite des cercles annuels, parce que pendant la dessication, les cellules larges et peu épaissies du bois de printemps prennent un autre retrait queles cellulesétroiteset fortement épaissies du bois d'automne. Lorsque des troncsfraîchement abattus se desséchent trop rapidement, on voit souvent se manifester des déchirures analogues, d'où il résulte, par exemple, que le bon bois se sépare facilement de l'aubier. Chez le Chêne et le Châtaignier, la différence entre le bois formé au printemps et le bois formé en automne est beaucoup moindre, bien que le premier renferme de larges vaisseaux entourés de parenchyme ligneux. La racine de Chêne ne laisse quelques fois discerner, à l'œil nu, aucune trace de cercles annuels et c’est à peinesi l'on parvient à les distinguer au microscope. Les fibres de ces arbres ont d’ailleurs un cours plus tortueux ; le bois se déchire, par: exemple chez le Chêne, dans la direction des larges rayons médullaires, mais il ne se sépare pas dans la direction des cercles annuels.
La dureté d'un boiscorrespond, en général, à la quantité de matière combustible qu’il contient. Ainsi la racine de tous les arbres que nous avons examinésrenferme des cellules plus larges et par suite un bois plus léger que celui dutronc; or, les racines ou les souches possèdent également une proportion moindredematières combustibles. Leur bois est ordinairement très-noueux, parce qu'elles émettent, sur le même espace,
beaucoup plus de ramifications que le tronc (Fig. 133). Les bois de Hêtreet de Charme sont ceux qui contiennent le plus de matières combustibles ; ceux du Saule et du Peuplier, au contraire, en renferment le moins. L'époque à laquelle un arbre a été abattu n'est pas sans importance sous ce rapport. On abat le bois à brûler au commencement du printemps ou à la fin de l’automne, mais Jamais en été, dans le but de conserver les matières de réserve, amassées enautomne et qui, n'étant pas encore dissoutes, augmentent la valeur calorifique du bois d’une manière sensible. Ces matières manquent en été parce qu'elles sont alors employées au développement des rameaux, des feuilles et des fleurs. |
La résine que contiennent quelques Comifères contribue, en partie, à
Fig. 155.