‹ Les arbitres, ou, Les querelles de villageChapitre 15 sur 18 · UN NOTAIRE · texte numérisé non relu

UN NOTAIRE

Me supprimer, parbleu renouvelons la guerre!

TOUS

Oui, plus d'arrangemens!

JACQUOT

Ecoutez-moi c'pendant !....;

CLAIRVAL

Vous le voyez , Merseuil , c'est du petit au grand.

JACQUOT

Ils avont vos pouvoirs ; la chos'n'est pas finie. J'avons, nous, comra'on dit, la force d'ineptie... El j'n'exéculerons rien de leurs décisions.

MERSEUIL.

Jacquot raisonne bien. Dans vos divisions,

Pour en finir, Messieurs, je crois qu'à plus d'un titre

Jacquot mériterait d'èlre ici votre arbitre.

BERTRAND

C'est vrai ! Jacquot est bête , au dire de vous tous , Et moi je dis qu'il a bien plus d'esprit que nous ; Car il a du bon sens!

ROBERT

Il n'a point de niaîtresse...

N'aime pas trop le vin, méprise la paresse...

CLAIRVAL

Ma foi , rien ne saurait influencer Jacquot ;

Pour arbitre, vraiment, c'est l'homme qu'il vous faut.

JACQUOT

Jarni, mon beau monsieur, p' l'être croyez-vous rire; Mais si l'on s'en voulait rapporter à mon dire , Je gage, en un clin-d'œil , arranger tout cela.

BERTRAND

J'y consens ! . '

ROBERT

Je le veux.

JACQUOT

Et vous terlous?

TOUS

Oui dà!

JACQUOT

Eh ben ! que l'on me donne un fauteuil , c'est l'usage ; Et puis , un homme assis devienl , dit-on , plus sage. Parlons d'abord du pont ; il est fait , c'est fort bien. On n'a que trop détruit, ne détruisons plus rien. Vous plaidez d'pis vingt ans, pour six arpens de terre j On n'ies cultive pas; vendez-les à l'enchère , V

Et qu'ben également on en partage Tprix Entre les pauvres gens qui s'trouvont dans l'pays. C'n'estpastout,j'ons r'marquéqu'souvent chaque puissance Signait avec la paix, un traité d'alliance; Un mariage, enfin : n'pourrions-nous pas aussi , Par le même moyen , sceller la paix ici?

BOBERT

KOEERT.

Ah! si Bertrand voulail!...

LU CETTE

Si vons vouliez, mon père?...

BERTRAND , hésitant.

Mon projet!...

JACQUOT

Si par vous la paix pouvait se faire , Quel honneur !...

LUCETTE

Du pays vous seriez le sauveur.

MERSEUIL.

Ils s'aiment; pouvez-vous refuser leur bonheur?

JACQUOT

Le jeune et rich' Robert est l'pn'mier d'son village^ Bertrand est de c'tici le plus gros personnage : L'un meunier , l'aut' vign'ron ! et le pîMn et le vin Sont la base de tout, eiiserab' faut qu'ça soit ben !

BERTRAND

Amis, faisons la paix, el bientôt puisse-t-elle Au monde présager la paix universelle.

RUBERT.

Comme on va vous chérir !

(// embrasse Lucette),

JACQUOT

Voyez-les s'embrasser !

Ca ne vaul-il pas mieux , morgue , que d'se rosser ?

MERSEUIL.

J'ai perdu la gageure! à payer je m'engage.

CLAIRVAL

Et moi , de votre argent je feiaibon usage.

34 LESAllBITRES,

{Aux paysans.) Au prix que vous voudrez j'achète votre champ , Et c'est au bon Jacquot que j'en ferai présent. Il mérite en honneur d'être propriétaire.

JACQUOT , honteux.

Quoi, Monsieur, parce que je n'aimons pas la guerre?

CLAIRVAL

Ne me refuse pas!

JACQUOT

J'r.cceptons, jarniguoi.

J'iravaillais pour autrui, j'travaillerai potir moi. Mais l's autres vont r'venir, avec leur arbitrage!..

BERTRAND

Nous les recevrons bien.

JACQUOT

J'ies entendons, je gage.

Oui les v'ia! de tout ça n'ieux disons rien d'abord.

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