SCENE II
MERSEUIL, CLAIRVAL, GUILLOT soHant de chez
lui son sabre sous le bras.
GUILLOT, sans les voir.
Allons faire le tour de nos champs. Jarnigoi ! Je sens que j'élionsfail pour un plus bel emploi. Gaide champêtre, moi; Guillol. garde champêtre, Quand des eaux et forêts je pourrions être maître I
CLAIRVAL, à MerseuiL Et d'un , de mécontent de sa condition.
( A Guillot. ) lié! l'ami?
GUILLOT , se retournant.
Quoi ! Monsieur ?
CLAIRVAL
Sans indiscrétion...
GUILLOT , avec liunieur.
Eh bien !
CLAIRVAL
Peut-on ici rencontrer une auberge?
GUILLOT , otant son chapeau poliment.
Oui, messsieurs, j'ons cheux nous une chambre où j'héberge
Messieurs les voyageurs; et madame Guillot, C'est ma femii;e , u çoil son monde comme il faut. Mais poiuraii-on savoir, Messieurs, c'qui vous engage A vouloir séjourner dans not' pfelit village ?
CL, \ I R V A L , a vec intention.
C'est un très grand secret.
GUILLOT
Je n'sis pas curieux ; Pourtantj'voudrais savoir c'qui vous mène en ces lieux?
CLAIRYAL.
On le saura.
GUILLOT
Jarni , parions que j'devine.
Vous êlcs d'singénieurs ; ças'voil à voire mine; Et vous v'nez arbitrer ces sixarpens maudits Qui du villag' voisin , nous ont fait ennemis.
CLAIRVAL
Il se peut. (//iWer^^tt/7.) Ennemis.... l'en tendez- vous?
GUILLOT
Je pense Que vous nous d'vez, Messieurs, bailler la préférence. Yous s'rez logés cheux nous comme de vrais seigneurs; El puis, dans le village on n'ioge point ailleurs.
MERSEUIL.
Entrons chez lui.
GUILLOT
Messieurs , vous verrez sur la place ; On est toujours flatté d'savoir ce qui se passe. Quant à moi je m'en vais cheux Bertrand T vigneron, Le prév'nir (^ue sa (ille aime un jeune garçon De c'village ennemi du nôtre : et d'ià je juge Que j'aurons aujourd'hui , dans l'pays , du grabuge.
MLRSEUIL.
Va donc : mais ne dis point qui nous sommes.
GUILLOT
Iloiho!
Je devinons qu'ici vous êi's incognito
\'là nionsit ur Gailb'.rdin et Roocrt... Je vous quitte. Je cours cluux le pajj^, le prév'nii au plus vite. Y*là ma maison.
( // sort. )