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BRANCHES FERTILES

Les branches stériles sont le gourmand et le rameau à bois.

Le gourmand (fig. 108) est une pousse vigoureuse, un rameau puissant, portant d'autres rameaux développés par anticipation, et des yeux.

Les rameaux développés par anticipation, et qu'on appelle pour cela rameaux anticipés, sont

rarement fertiles, mais enfin ils peuvent l'être ;

dans ce dernier cas, on les assimile soit au rameau

mixte, soit à la chiffonne, décrits un peu plus loin.

La longueur du gourmand varie de 40 à

Fi;/. 108. Fiff. 109.

Gourmand. Rameau à bois.

80 centimètres et au delà; il n'est utile que sur les arbres âgés, dont il facilite la restauration quand on le substitue aux parties décrépites ou mortes.

Le rameau à bois est une sorte de gourmand de

moindre importance que le précédent. D'ailleurs, il ne porte que des yeux (fig. 109).

Le gourmand peut toujours être évité par les opérations de la taille estivale. Quant au rameau

Fig. 110.

Hameau mixte.

Fig. 111. Fig. 112.

Bouquet de mai. Rameau chiffon.

à bois proprement dit, il ne dépend pas du jardinier de l'empêcher d'être, mais il peut, par un traitement particulier, lui faire produire, l'année suivante, une branche fertile.

Il y a trois branches fertiles; ce sont : le

rameau mixte, le bouquet de mai et le rameau chiffon.

Le rameau mixte est le rameau fertile par excellence ; il mesure 30 à 35 centimètres de long et porte des boutons à fleur ronds et des yeux à bois pointus. Les yeux à la base de la branche sont toujours solitaires ; plus haut, ils se trouvent généralement accouplés avec un ou deux boutons (fig. 110).

Le bouquet de mai présente, en effet, l'aspect d'un bouquet de boutons tloraux groupés autour d'un œil terminal, le tout porté par un rameau court. Quelquefois, à la base de ce rameau, on distingue encore un ou deux yeux à bois

(fig. 111).

Le rameau chiffon plus connu sous le nom de chiffonne naît surtout dans les parties mal éclairées de l'arbre; il est long, grêle et garni de boutons floraux depuis la base jusqu'au sommet (fig. 112). 11 est assez rare de rencontrer un rameau chiffon muni d'un œil à sa base. Dans le cas où cet œil existe, il augmente la valeur de la chiffonne.

En somme, c'est surtout le rameau mixte qui esi la branche normale, la branche fruitière la

plus commune sur le pêcher. Voyons comment nous allons traiter cette branche. Et d'abord, rappelons ce fait constant, on pourrait dire cette loi : Les fleurs et, par conséquent, les fruits, n'apparaissent que sur le bois de ï année précédente. Si l'on considère, en outre, que la branche fruitière a une longueur limitée, 20 à 25 centimètres environ, on est amené de suite à conclure que le pêcher ne peut demeurer fertile et régulier qu'autant que ses branches fruitières sont renouvelées chaque année après leur fructification. En effet : ces branches ne peuvent pas fructifier une seconde fois, puisqu'elles n'ont plus l'âge requis; on ne peut pas non plus leur permettre de s'allonger d'une pousse nouvelle et jeune, parce qu'elles dépasseraient bientôt les limites qui leur sont assignées et empiéteraient sur l'espace réservé aux branches voisines.

La branche fruitière doit être remplacée, ceci ne fait aucun doute, et le jardinier prépare ainsi ce remplacement :

Soit le rameau mixte ou branche fruitière nouvelle (fig. 113); lors de la taille hivernale, le jardinier raccourcit ce rameau par une section

en T de manière qu'il conserve encore 20 à 22 centimètres et porte 5 à 6 boutons ; puis il palisse dans la position indiquée(fig. 114).

Fig. 113. pig. m, — La pré- Fig- Ho. — Branche fruitière

Branche fruitière cédente branche après la ayant déjà fructifié. — R, rameau

nouvelle. ï, ligne de taille et le palissage. remplaçant, TT, lignes de taille, taille.

Pendant la végétation de cette branche ainsi taillée et des autres semblables, deux objets doivent attirer l'attention; 1° le fruit que nous

sommes obligés de protéger pour assurer sa venue ; 2° les yeux de l'extrême base dont un au moins doit être transformé en rameau pour procurer ce que l'on appelle la branche remplaçante, la branche de la fructification prochaine.

Comment ces fruits sont-ils protégés en même temps que le remplacement de la branche actuelle est assuré ? C'est par la mise en œuvre des opérations de la taille d'été que nous étudions plus loin . .

Aussi, en hiver, une branche fruitière de pêcher qui a déjà fructifié doit-elle présenter un aspect tout à fait particulier (fig. 115); elle est formée de sa portion âgée couronnée par un rameau court, aux formes tourmentées par les pincements qu'il a reçus. A la base de cette portion âgée, on voit un autre rameau jeune, long de Om. 25 cent, environ, celui-là, portant des yeux et des boutons! Sur une branche semblable, la taille hivernale est simple ; elle consiste à supprimer la partie âgée au-dessus du rameau de base. Et ensuite ? Ensuite on tombe dans le cas des branches fruitières nouvelles : le rameau de base, ou rameau remplaçant, est réduit à une longueur de 22 à 25 centimètres,

puis palissé. Si l'on y veille, il produira lui aussi des fruits et un autre remplaçant qui prendra sa place dans un an, et ainsi de suite.

Si, au lieu d'un seul, la branche porte à sa base deux rameaux remplaçants, l'un d'eux est taillé court, au-dessus de deux yeux destinés à la production d'autres rameaux; l'autre, le plus éloigné, est taillé long, dans le but de la fructification. C'est la taille au crochet.

Ainsi, les deux objets qui doivent sans cesse préoccuper le cultivateur de pécher en espalier sont donc d'abord la fructification immédiate de la branche el, ensuite, son renouvellement pour les fructifications futures.

Le rameau à bois proprement dit et le rameau anticipé, lorsqu'ils occupent la place de branches fruitières, sont traités de la même manière que celles-ci ; on peut cependant les tailler plus court, puisqu'ils ne portent point de boutons floraux. L'important est de faire naître à leur base un ou deux rameaux qui assureront 'leur renouvellement. Il y a bien des chances pour que ces rameaux soient fertiles, surtout si on en a modéré le développement,

On ne taille pas le bouquet de mai (fig. 111), qui produit les pêches les plus belles, mais, quand il occupe la place d'une branche fruitière normale, il est nécessaire de lui faire produire aussi un rameau remplaçant. En pinçant le rameau issu de l'œil terminal et en réglant la production à un seul fruit, on arrive généralement à faire développer ce remplaçant que procure l'un des yeux de base.

La chiffonne (fig. 112) n'est pas un rameau fruitier bien brillant, on la conserve à défaut de mieux, après l'avoir raccourcie de quelques centimètres. Quand elle porte un œil à sa base et qu'elle occupe la place d'une branche fruitière normale, il faut tailler très court pour que cet œil puisse se développer en rameau remplaçant.

La taille hivernale telle qu'elle vient d'être décrite nous a laissé entrevoir le but, c'est-à-dire le fruit et le renouvellement de la branche fruitière; la description des opérations de la taille d'été va nous montrer comment on atteint ce but.

Taille estivale appliquée au pêcher. — Entaille. — L'entaille la plus généralement adoptée dans la culture du pêcher est l'entaille simple transversale, faite soit au-dessus des yeux et des branches pour en hâter la végétation, soit audessous pour en modérer la pousse.

Ces temps derniers, M. Chevallier, arboriculteur à Montreuil, recommanda beaucoup l'entaille à talon (fig. 116) appliquée à la base de la branche fruitière pour favoriser le développement de son rameau remplaçant.

On maintient cette entaille ouverte à l'aide d'un corps étranger placé dans la plaie. Tous les arboriculteurs ne partagent pas l'optimisme de M. Chevallier sur les mérites de l'entaille à talon.

É bourgeonnement. — L'ébourgeonnement a une très grande importance, il porte sur les branches fruitières proprement dites et sur les prolongements des branches charpentières.

Sur les branches fruitières il consiste à supprimer tout ou partie des jeunes pousses comprises entre celle qui termine la brandie et

Wêt

les deux yeux de sa base. Généralement, à la suite de cette opération, ces yeux se développent aussi; c'est d'ailleurs le résultat que l'on désirait produire. Chaque fois qu'une pousse accompagne un fruit, elle est réservée (fig. 118).

Fig. 116. Fig. 117. — Ebour- Fig. US. — Pincement d'une

Entaille à lalon geonnement d*u:ie bran- branche fruitière ébourgeonnée.

■ clie fruitière. Les bour- Les bourgeons supérieurs sont

geons MSB sonl enlevés. P incés °n P. Si les bourgeons

de base se développent encore

trop lentement, on taille en vert

au point T.

Sur les prolongements des charpentières, l'on fait d'abord un choix de pousses qui devront donner des branches fruitières nouvelles. Ces pousses disposées bilatéralement sont espacées, du même côté, à 15 ou 18 centimètres les unes des autres. Entre elles, les autres productions sont enlevées, ébourgeonnées.

Pincement. — Après l'ébourgeonnernent, il reste sur chaque branche fruitière une pousse terminale, une ou deux pousses basifurges qui s'allongent lentement et environ 1 ou 2 pousses intermédiaires qui accompagnent chacune un fruit (fig. 118).

Si on laissait ces pousses -intermédiaires et la pousse terminale croître librement, le sommet végétatif de la branche à fruit finirait bientôt par s'éloigner tellement de la base que les rameaux remplaçants, qui naissent à peine, ne pourraient point achever leur développement. Le pincement a pour but d'empêcher cet écarlement trop considérable du sommet végétatif. On pincera les pousses terminales et intermédiaires de chaque branche fruitière à 2, 3, 4 ou 5 feuilles selon que les jeunes pousses de la base auront un développement faible, moyen ou fort. (PP tig. 118).

Quant aux jeunes pousses (bourgeons des jardiniers) réservés sur les prolongements des charpentières, pousses destinées à procurer des branches fruitières nouvelles, elles sont pincées uniformément à 30 ou 35 centimètres de long et si ces yeux de pincement se développent en

prompts aussi à

> bourgeons, on les pince une ou deux feuilles.

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