‹ Les arbres gutta-perchaChapitre 16 sur 37 · PRODUCTION ET COMMERCE DES GUTTAS A · texte numérisé non relu

PRODUCTION ET COMMERCE DES GUTTAS A

tandis que les autres plantations étaient surtout constituées par des arbres appartenant au genre F ici/ s.

La plantation de Sir José d'Ahneida, établie à Sérangong, comptait plus de 4,ooo arbres. En 1888, il n'en subsistait plus que quelques-uns; encore se trouvaient-ils en tiès mauvais état et le latex de <'eux qui suljsistent actuellement dans le nord de 1 lie n'est guère employé que pour falsifier ropium Straits Tinifs, ]^u'\\\ 1892;.

Au Jardin botanique de Buitenzorg, dont les Hollandais ont fait depuis quekjues dizaines d'années lin établissement scientifique de premier ordre, unique dans les régions trcjpicales, on recevait, dès 18^7, de Singapour, un certain nombre déjeunes plants d arbres à gutta ; mais, soit que le terrain ait été mal chosi, soit que les soins de cullure n'aient pas été sulfisants, il restait à peine au l)out de 2 ans la moitié des Palaquiuin mis en terre. Un certain nombre de ces arbres ont résisté aux diverses causes de destruction et, en 1880, deux d'entre eux produisaient des fruits et desgraines en abondance. Au mois de février de Tannée suivante i5o jeunes plants, provenant de ces graines, transplantés dans le Kultur Tuim de Tjikeumeuh S'Lands Platentuin te Buitenzorg, Batavia 1892 p.p. 44-^ à ^^^^.

En i856 le Jardin botanique de Buitenzorg recevait aussi 2,000 jeunes plants de Niato balam temboja provenant de la côte ouest de Bornéo et le directeur

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du Jardin, J.-E. Teysmann, les faisait placer en 3 stations différentes de l'île de Java. Deux de ces plantations disparurent ; celle de Puwokarta fut aussi détruite en partie ; mais 80 arbres environ purent résister, atteignirent leur taille adulte et les arbres vigoureux qu'ils sont devenus pioduisent régulièrement des graines depuis i883. Ces graines sont soigneusement recueillies (S'Lands Plantentuin te Buitenzorg, Batavia, 1898, p. 36, 106, 170 et 180).

En 1884 l'établissement de Buitenzorg recevait un certain nombre de plants bien authentiques de Palaquiimi et de Payena en bon état qui furent utilisés pour l'organisation d'une plantation à Tjikeumeuh. Les principales espèces étaient :

Palaquiuin oblongifolium (rapporté de Padang par le D"^ Burck) ;

Pal. Giitta;

Pal. Treubii;

Pal. Bornernse ;

Paijena Leeri.

Le gouvernement hollandais est allé plus loin. I']ii i885 il a fait établir an jardin d'expérience spécialement réservé aux arljres à gulla, à Tjipeter, dans la ])rovince de Preanger. On y a piaulé les mêmes arbres qu'à Tjikeumeuli et la plantation parait avoir donné d excellents résultats car, cin([ ans plus tard, le I)"^ Eug.-F.-A. Obach a pu en prendre des photographies. Les j(Mines Pai/rna Lceri sont abrités par des Albizzia moluccaiia plantés en même temps.

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De renseignements fournis au 1)'' Eug. Obach par le directeur du Musée colonial de Haarlem, il résulte que,' dès i885, ces arbres ont produit une récolte abondante de graines qui ont été utilisées pour des semis et ont ainsi permis d'étendre les cultures. On a même pu saigner les arbres et Obach a reçu des échantillons de la gutta oljtenue.

A titre de renseignement, on peut encore citer, pour les colonies anglaises, quelques plants d'arbres à gnlta phicés dans les jardins botaniques de Peradeiiiya et de Henaratgoda à Ceylan. Ces plants provenaient de graines rapportées de Perack par Sir llug]i Lowen en 1882 et représentaient Taibre productem* duGetah taban pufeJi (probablement Dichopsis poltjan- //^/Bentli) et (piekpies arl)res producteurs de Gctah sundek \Paf/ena LpeniBvwiik).

^I. Seligmann-Lui (i), envoyé par le gouvcu-ncment à Sumatra [)our y trouver des arbres à gutta et pour en tenter l'importation en Indo-Chine, recommandai! de faire une tentative dans notre colonie, tout en indiquant qu'elle pourrait très bien ne pas donner de bons résultats, en raison de la natiii'c même du climat.

M. Seligmann-Lui indique comme pouvant être choisies pour Tétalilissement de ces cultures les montagnes de Kamchay et leur prolongement vers

(i) Séligman.n-Lui. Rapport à M. le Ministre des postes et télégraplies sur les origines de la gutta-pcrcha. Paris, i883.

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les montagnes de Cardamome. D'après des indications qu'il a recueillies, on pourrait aussi établir des plantations d'arbres à gutta dans « le pays qui s'étend depuis Baria et Bien-Hoa, vers les sources du Donnai au nord, et à l'est vers les montagnes du Binh-Thuan et du Tsiampa ». Malheureusement la température y est assez fraîche pendant la nuit et la matinée ; c'est peut-être là le danger le plus grand à redouter. Les pluies y sont abondantes; la végétation se rapproche de celle de Sumatra. M. Seligmann conseillait d'y introduire le Mayang-Derian, le Batou et leSundek, dont on peut se procurer des plants à Sumatra.

(( Quels que soient les soins apportés à la recherche des meilleurs terrains de culture, toute entreprise d'acclimatation en Cochinchine renferme en elle-même un élément aléatoire, et l'on ne saurait répondre de la réussite. Au contraire, le hasard serait supprimé, le succès deviendrait certain, si on pouvait créer un établissement dans un pays de production actuelle, où la présence spontanée des arbres à gutta est la plus sure preuve qu'ils y peuvent [)rospérer (i). »

En raison des diflicultés ([ue présenterait la création d'un étal)lisseinent dans les possessions néerlandaises ^1. Seligmann préconisait la cote orientale de la prescju'ile de Malacca et en particulier l'Etat de Pahang qui lournit déjà « ce qu'il y a de meilleur et de plus recherché dans le commerce ».

(i) Séligman.n-Lui, lor. cit.

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^lallieureusement les indications fournies par !M. Seligmann-Lui ne furent point utilisées et la question resta au point où elle se trouvait auparavant.

D'un autre côté, M. Crozat de Fleury avait été frappé de certaines analogies entre le Cambodge et les îles de la ^lalaisie oîi se trouvent les arbres à gutta ; il recommandait d'afiPecter à ces cultures la région du Cambodge (pii s'étend entre le canal de Ilatien jusqu'à la province de Rattambang et oii on rencontre à peu près la même végétation qu'à Java.

En 1886 une nouvelle mission fut confiée à ^I. Serullas qui fut arrêté par la maladie dans son premier voyage ; mais Tannée suivante (1887) il réussissait à pénétrer dans les forêts de l'Etat de Perak et il ramemenait à Singapoui- une certaine quantité de jeunes arbres trouvés dans la forêt. Il rencontra même, pendant son séjour à Singapour, dans la région autrefois explorée par Lobb et Oxley, le Pal, Gutta qui avait été signalé par ces deux voyageurs.

Des plants d'arbres à gutta, rapportés par M. Serullas, furent, il y a quelques années, distribués à quelques-unes de nos colonies. J'ai vu pour ma part, au jardin de Saint-Pierre (Martinique), un plant qu'on m'a signalé comme étant de cette provenance ; on lavait laissé en pot et il était resté maigre et chétif. Cet essai ne parait avoir donné aucun résultat car on n'a pas cherché à placer les plants dans les conditions qui sont les plus favorables à leur végétation.

Enfin, en 18S9, M. Humblot, résident honoraire de la Grande-Gomore, emportait dans cette colonie quatre pieds de Palaquiiim, dont trois purent arriver en assez bon état pour être mis en terre. « Ils avaient perdu toutes leurs feuilles et ne mesuraient que o",t 5 de haut. » M. Humblot plaça un de ses plants près du littoral, un autre à 25o mètres d'altitude et le troisième à 5oo mètres. Pendant deux ans ces plantes restèrent à peu près stationnaires ; mais au bout de ce temps celle qui était à 25o mètres prit un développement rapide et devint l^icntot un bel arbre de 5 à 6 mètres de haut. Le plant (pii se trouvait à 5oo mètres se décida aussi à s'accroître mais il ne prit pas le développement du j)récédent. Quant à celui qu'on avait laissé sur le littoral il resta petit et chétif

Il paraît donc^ démontré par cette expérience que les arbres à gu tta peuvent se développer à une latitude différente de celle des régions où on les rencontre habituellenu'jit ; mais il fuit pour cuda leur l'ournir l'humidité et la clialeur dont ils ont besoin. Encore n'est-il pas prouvé (jue les résultats seront en tous points satisfaisants c^ar M. Humblot déclare lui-même qu'avant incisé l'écorce de son plus bel arbre il n'a j)U en extraire de latex tandis que les pousses et les l'euilles en contenaient une assez forte l^i'oportion.

Des feuilles de cet arbre à gulta ont été soumises par M. Milne-Edwards. directeur du Muséum, à

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^I. le l^"" Guignarcl, meiu])r(' de Tlnstitiit,- qui a reconnu un vrai Palaquium producteur de gulta.

Enfin, le dernier et le plus important essai d'acclimatation des plantes à gutta l'ut confié par le ^linistre des Colonies aux soins du regretté Raoul, pharmacien en chef des Colonies, qui contracta malheureusement, dans les forets de Sumatra, la maladie qui devait fenlever. Ce sont les ])laîites rapportées par ce savant dévoué que le Ministre des Colonies a J^ien voulu me charger de transporter aux Antilles et à la Guyane pour tenter leur acclimatation; pendant ce tem])s un autre lot de ces plantes à gutta était dirigé sur le (]ongo; d autres doivent être fournies à diverses colonies de la zone tropicale.

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